IIIIIIIIIIIIIIII
Les États-Unis – Cuba : un pont tissé avec les arts
Par Carina Pino Santos Traduit par Alain de Cullant
L’exposition « Dalí : Mémoires du surréalisme » et l’exposition collective « L’abstraction et les artistes afro-américains » dans l’édifice d’Art Universel du Musée National des Beaux-arts.
Illustration par : Ángel Silvestre Díaz

Cet été 2014, le lien fructueux pour une véritable communication culturelle entre Cuba et les États-Unis a été précisément l'art qui nous est arrivé d’Amérique du Nord par deux voies. La première est due aux collectionneurs Carole et Alex Rosenberg, ils nous ont apporté une importante exposition de 95 estampes intitulée « Dalí : Mémoires du surréalisme ». La deuxième est la très récente exposition collective intitulée « L’abstraction et les artistes afro-américains », organisée par les artistes Nannette Carter, Melvin Edwards et Ben Jones. Les deux expositions sont proposées dans l’édifice d’Art Universel du Musée National des Beaux-arts.

Il y a même encore plus de nouvelles sur cette relation très désirée par l’intellectualité artistique étasunienne, puisqu’une exposition du Musée des Beaux-arts du Bronx sera organisée l'année prochaine et l’art des collections de notre musée sera présenté en 2016 dans cette importante institution nord-américaine, a déclaré la directrice du Musée des Beaux-arts de Cuba, Ana Cristina Perera.

Un nombreux public a assisté à l'ouverture des deux expositions dans l'édifice d’Art Universel malgré la température caniculaire de cet été. Le 24 juillet il a assisté à l'événement inaugural et il a apprécié la performance surréaliste de la compagnie  Retazos. Une semaine plus tard, le vendredi 1er août, les participants ont profité de l'exposition et, en plus, ils ont eu la possibilité de rencontrer des plasticiens et des jazzistes afro-américains qui ont offert un récital dans le patio du Musée.

La première exposition, « Dalí : Mémoires du surréalisme », nous a laissé l’appréciation de l'un des « ismes » les plus influents dans l'histoire de l'art universel grâce aux œuvres de cet artiste transcendantal pour sa contribution et pour l'impact de sa personnalité très particulière au XXe siècle.

Les 95 lithographies, appartenant à cinq séries imprimées entre 1930 et 1970 : « Dalí interprète Currier et Ives », « Mémoires du surréalisme », « La Divine Comédie », « Les Chants de Maldoror » et « Les Douze Tribus d'Israël ».

Alex Rosenberg, reconnu marchand, éditeur et collectionneur étasunien, qui est aussi, et non des moindres, un grand ami de l'île, de notre art et des Cubains, a apporté, accompagné de son épouse Carole, 95 gravures provenant des collections Joseph Nuzzolo, Carole et Alex Rosenberg, du Salvador Dalí Research Center, une institution dont il est le président ainsi que celle de Walter Maibaum et de Carol Conn.

L'art surréaliste se converti en poétique visuelle du subconscient, en univers inattendu des rêves - à une époque lors de laquelle ont été validées les découvertes de la psychanalyse de Freud -. Les artistes de ce mouvement se sont réunis autour d’André Breton et de sa doctrine « le pur automatisme psychique ».

« J'étais destiné à sauver la peinture du vide de l’art moderne »,a  affirmé un fois Salvador Dalí lui-même, qui a qualifié son imagination comme « le monde inattendu et hallucinant du surréalisme ».

Dans le catalogue de l'exposition personnelle de l’Espagnol, Alex Rosenberg écrit comment a commencé une amitié « intense et étrange » avec Dalí et son épouse Gala durant le processus de la première commande et de l'achat de la série de gravures « Mémoires du surréalisme » en 1967, qui a culminé avec une exposition pour que l'artiste créé douze panneaux, y compris des nus. Cependant, cette magnifique exposition lui a fait perdre certains amis car Dalí a inclus dans ses œuvres des représentations nues de personnes présentes à l'ouverture.

Au-delà des intéressantes anecdotes rapportées par Rosenberg dans son catalogue, « Dalí : Mémoires du surréalisme » est sans aucun doute une classe magistrale sur les techniques de la gravure et de l'imagination créatrice.

Le Musée d’Art Universel propose une autre exposition dans la Salle Transitoire du quatrième étage, qui est également un lien d'amitié avec Cuba, « L’abstraction et les artistes Afro-américains » proposant 38 œuvres de 9 artistes qui sentent leurs créations comme une partie authentique de la culture afro-américaine.

Ses organisateurs sont Nannette Carter, Melvin Edwards et Ben Jones. Ce dernier, ayant une longue amitié avec Cuba, est venu plusieurs fois dans l'île et il a été le principal promoteur de cet initiative, favorisée par la direction du Musée National des Beaux-arts de Cuba.

L'exposition est un hommage à la regrettée Jayne Cortez, une importante poétesse et activiste politique, dont l’œuvre visuelle est inspirée par le jazz et les racines socioculturelles africaines en Amérique du Nord. Elle était une admiratrice et amie de Cuba, où elle a séjournée fréquemment. Elle s’est également aventurée dans les arts visuels comme le prouvent les monotypes de la série « Drumhead », dont les fonds sont des partitions de jazz.

Les autres artistes participants à cette expo collective sont les Afro-américains Nanette Carter, Willie Cole, Victor Davson, Melvin Edwards, Bill Hutson, Ben Jones, Senga Nengudy et Howardena Pindell.

Parmi les quasi quatre dizaines d’œuvres nous soulignerons « Havana Series » (2011) de l’artiste Bill Hutson qui a expérimenté avec du café, du vernis mat et de la peinture acrylique sur papier fabriqué pour atteindre des textures intéressantes dans une peinture où dialoguent des formes géométriques avec des fonds abstraits et dans lesquelles son auteur emploie des matériaux comme le café cubain.

Le groupe d'artistes étasuniens était accompagné par des intellectuels, des musiciens et des artistes visuels, formant une délégation de 85 personnes qui ont assumé le défi qu’implique le voyage à Cuba afin de connaître et apprécier notre culture.

Le programme cubain pour tous a compris les dialogues avec des artistes, des cinéastes et des écrivains cubains, le concert de jazz dans l’édifice d’Art Cubain du Musée des Beaux-arts et un événement dans la Maison de l'Afrique, dans la zone historique de la ville.