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León Ferrari à La Havane
Par Eyder La O Toledano Traduit par Alain de Cullant
L’exposition « Múltiples Infinitos » de l’Argentin León Ferrari peut être appréciée au Centre d'Art Contemporain Wifredo Lam à La Havane.
Illustration par : Vicente Hernández

L’exposition « Múltiples Infinitos » (Multiples Infinis), de l’Argentin León Ferrari (1920-2013), a été ouverte au public le 11 juillet dans le Centre d'Art Contemporain Wifredo Lam.

Elle est composée de plus de 90 œuvres réalisées entre 1976 et 2002, réunissant des ouvrages de León Ferrari contenus dans le concept multiple infini, c'est-à-dire des œuvres conçues pour leur reproduction illimitée avec l'utilisation de techniques telles que la photocopie, les impressions offset ou les copies héliographiques.

L'artiste a expérimenté ces moyens à partir des années 1970 durant son exil au Brésil, où il s’est lié avec des créateurs brésiliens pour travailler les techniques de la photocopie, de la lithographie, de la microfiche, du vidéotex, le livre des artistes et l’art postal, intéressé par le potentiel de ces moyens permettant une plus grande circulation des œuvres d'art et, à la fois, la démocratisation de leurs accès.

Conçue par Andrés Duprat, directeur des Arts Visuels du Ministère de la Culture d’Argentine, l’exposition a été organisée avec les séries intitulées Heliografias (Héliographies) Nunca más (Plus jamais), Nosotros no sabíamos (Nous ne le savions pas), L'osservatore Romano (L’observateur Romain), Reelecturas de la Biblia (Relecture de la Bible), Electronicartes (Lettres électroniques) et Arte visual (Art Visuel). Elle révèle le León Ferrari hétérodoxe, le fort discours politique, sans dramatisme, provocateur, rebelle, humoristique, questionnant le sociale, frais et ironique.

En un tel sens, il a dit une fois : « J’ignore la valeur formelle de ces pièces. La seule chose que je demande à l’art et qu’il m’aide à dire ce que je pense avec la plus grande clarté possible, à inventer les signes plastiques et critiques qui me permettent de condamner efficacement la barbarie de l'Occident ; il est possible que quelqu'un me prouve que ce n'est pas de l’art, il n’aura aucun problème, je ne changerai pas de chemin, je me limiterai à changer le nom ; je supprimerai art et je l’appellerai politique, critique corrosive, quoi que ce soit ».

« Múltiples Infinitos » propose un voyage dans lequel émergent les principales obsessions de l'artiste comme la défense des droits de l'homme devant les différents modes d'autoritarisme, avec un regard ludique, original, incisif et irrévérencieux. Elle est composée d’œuvres données par l'auteur et sa fondation à diverses institutions cubaines et elle compte la présentation du documentaire Civilización (Civilisation) sur la vie et l’œuvre de León Ferrari, réalisé par Rubén Guzmán.

León Ferrari a reçu le prix ALBA en 2010 à La Havane et sa carrière a été reconnue avec d’importantes reconnaissances telles que le prix Konex de Brillante et celui de Platine, en 2012 ; le premier de l’artiste le plus méritant de la décennie en Argentine et le second le plus méritant dans la discipline d’Art Conceptuel, au cours de la période 2002-2006. En 2007 il a sa plus grande reconnaissance avec le Lion d’Or de la 52e Biennale de Venise pour sa série La Civilización Occidental y Cristiana (La Civilisation Occidentale et Chrétienne).

Considéré comme l'un des plus importantes et des plus provocateurs artistes de la plastique argentine des dernières années, la proposition de l'importante œuvre de León Ferrari se centre sur la religion, la guerre et l'intolérance. Elle est présente dans les plus importants musées du monde, tels que le MOMA de New York, le Reine Sofia de Madrid et dans la Pinacothèque de l'État brésilien de São Paulo.

L'exposition a le soutien et l'organisation de l’Ambassade d'Argentine à Cuba, du Centre d'Art Contemporain Wifredo Lam, de la Bibliothèque Nationale d’Argentine et de la Fondation Augusto et León Ferrari.