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Un multimédia pour Joel James Figarola
Par José Luis Prado Ramirez Traduit par Alain de Cullant
Au cours de la XXXIVe de la Fête du Feu, un hommage spécial sera rendu à Joel : la présentation du multimédia Joel James VIVE! la dernière réalisation d’Ediciones CUBARTE.

Je ne l'ai pas rencontré personnellement, mais ceux qui ont eu cette possibilité coïncident dans le fait qu’il était un homme exceptionnel, dédiant sa vie à redimensionner la culture populaire cubaine et contribuant avec toutes ses énergies à l’établissement d’une pensée caribéenne, autochtone, nôtre.

Joel James Figarola (La Havane, 1942 - Santiago de Cuba, 2006) fut le fondateur de la Maison des Caraïbes de Santiago de Cuba, de sa revue Del Caribe et du Festival de la Culture Caribéenne qui a lieu chaque année à Santiago de Cuba, la Ciudad Héroe (Ville Héros) dans un fructueux effort de dignifier et d’unir les peuples de la région.

Au cours de la XXXIVe de ce festival, connu comme la Fête du Feu, du 3 au 9 juillet 2014, un hommage spécial sera rendu à Joel : la présentation du multimédia Joel James VIVE!, la dernière réalisation d’Ediciones CUBARTE, dédié à la mémoire de cet homme géant converti en école humaine et dont les œuvres sont toujours parties de la simplicité, du commun, prenant toujours le spontanée et le populaire des expériences quotidiennes.

Maintenant, depuis un support numérique, il sera possible d'accéder à une ample et précieuse information documentaire sur la vaste œuvre écrite et socioculturelle de celui qui fut un essayiste, un romancier, un promoteur culturel et qui a obtenu les prix nationaux de Recherche Culturelle et de Culture Communautaire.

Dans Joel James VIVE!, sont rassemblés et ordonnés de nombreux matériels de sa grande production intellectuelle. Tous ses articles publiés dans la revue Del Caribe, une intense et organisée bibliographie par des auteurs se référant à son œuvre et à sa carrière, une relation de plusieurs collaborations de Joel James dans différentes publications et une liste des livres (couvertures, prologues et textes intégraux de certains) qu'il a écrit au cours de sa fructueuse carrière en faveur de la culture cubaine et caribéenne.

L’ouvrage contient aussi diverses galeries de photos avec des images inoubliables de sa vie quotidienne, de son milieu familial, de son infatigable travail dans les terres de Santiago où il a été accueilli comme un fils légitime et très aimé, et le dernier adieu de ce peuple qui le considère comme un « défenseur intransigeant de la culture populaire comme la sauvegarde de notre indépendance et notre souveraineté, il ne s’en est pas approché comme un chercheur de laboratoire curieux, mais il s’est lancé la tête en première dans ce volcan en activité pour s’intégrer comme un de plus, porteur également du feu fondateur de notre nationalité. « Un Prométhée créole ». 

Le multimédia propose aussi la dernière entrevue avec Joel James Figarola, réalisée en 2005 dans la Maison des Caraïbes de Santiago de Cuba, par un groupe d'étudiants nord-américains, laquelle est reproduite sans aucun type d’édition cosmétique et qui nous présent le Joel simple, énergique, passionné et cohérent dont tout le monde se souvient et qui manque à tous. L’accompagnement a utilisé deux thèmes du groupe choral Voces del Milagros, dont le savoir-faire quotidien et l’extraordinaire sensibilité s’imbriquent naturellement avec l'intention de se souvenir de cet homme simple et authentique.

Selon les dires des proches de Joel James, il commençait toujours à écrire ses travaux à la main sur des petites fiches de papier qui, ensuite, seraient méticuleusement réécrite grâce avec une machine à écrire traditionnelle. Il se sentait peut-être toujours plus à l'aise avec les moyens traditionnels de l'écriture et c’est pour cette raison qu’il ne s’est jamais laissé séduire par les avantages des moyens informatiques.

Lors de cette édition de la Fête du Feu, Joel recevra un nouvel et mérité hommage, cette fois du monde des médias numériques, la part de ceux qui sont presque déjà totalement dépendants des claviers et des écrans qui n’utilisent presque jamais le papier et l'encre, mais qui connaissent les extraordinaires potentiels de l'outil informatique qui contribuera à perpétuer l’œuvre d’hommes tant nécessaires et utiles tels que lui.