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Lettres de Cuba : Juin 2014
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Notre revue rend hommage au regretté musicien cubain Juan Formell.
Illustration par : Agustín Cárdenas

Le soir du 1er Mai, la dernière nouvelle de l’émission du Noticiero de la Television Cubana  fut la mort de  Juan Formell, le légendaire chef d’orchestre, bassiste, arrangeur, compositeur et chanteur de Los Van Van. Tout Cuba était en deuil. Deux concerts auront lieu en hommage à ce symbole de la culture cubaine ce mois-ci, un le 7 juin à Paris et l’autre lors du Festival International « Les Nuits d'Afrique » qui aura lieu dans la ville de Montréal, du 8 au 20 juillet. Notre revue dédie la section Arts à celui qui est considéré une véritable révolution dans la musique populaire cubaine.

Rencontres présente l’article Origines africaines de la culture haïtienne, de notre collaborateur Mr. Jean Maxius Bernard, Docteur en Anthropologie Sociale, et Conseiller culturel de l’Ambassade d’Haïti à Cuba.  Il souligne : « La transformation perpétuelle des éléments culturels est la base de la diversité qui caractérise et différencie les peuples ».  Il propose de mettre en exergue les origines africaines de quelques éléments de la culture haïtienne, entre autres le vodou et la langue créole dans la perspective que l’une des tâches des humanistes est de promouvoir des activités approfondissant la connaissance des gens sur les traits culturels caractérisant l´ethnicité des peuples.

La critique d’art Virginia Alberdi Benítez s’approche de l’œuvre d’Agustín Cárdenas à travers l’exposition intitulée « Las formas del silencio ». Cette exposition permet d’établir les valeurs visuelles qu’Agustín Cárdenas a accumulé et consolidé de 1957 jusqu'à 1989, les dates de réalisation des œuvres incluses dans l'exposition du Centre Wifredo Lam, sur la Plaza de la Catedral de la Vieille Havane. Agustín Cárdenas a partagé exceptionnellement le Prix National des Arts Plastiques avec Rita Longa en 1995.

Silvina Fabars, une reine éternelle du mouvement  de Martha Sanchez parcours la vie et l’œuvre de la première danseuse de l'Ensemble Folklorique National de Cuba, la maître et méthodologue de danse Silvina Fabars, lauréate du Prix National de Danse 2014, un prix remis chaque année le Conseil National des Arts Scéniques en reconnaissance de la carrière artistique et de l’intense travail dans le panorama de la danse. La journaliste affirme : « Silvina Fabars partage ses connaissances car elle comprend comme un devoir religieux la transmission du patrimoine. Elle défend les enseignements de ses maîtres et la conscience de la valeur de la tradition dans la danse. »

Ana María Reyes Sánchez est la responsable des présentations de films cubains dans un espace de la programmation des activités de la Maison d’Afrique du Bureau de l’Historien de la Ville. Ce mois-ci, elle propose Rendez-vous avec Sara Gomez à la Maison d’Afrique, disant qu’à 40 ans du tournage du film De Cierta Manera et du décès de sa réalisatrice Sara Gomez, cette « œuvre parfaite du cinéma imparfait » impressionne, questionne et polarise toujours.

Dans Interview, la journaliste Madeleine Sautié converse avec le poète et essayiste Roberto Fernández Retamar, président de la Casa de las Américas depuis 1986 et directeur de la revue Casa depuis 1965, à l’occasion du 55e anniversaire de cette prestigieuse institution fondée le 28 avril 1959 par l'héroïne révolutionnaire Haydée Santamaría.

La Casa a ouvert ses portes dès le premier jour pour recevoir dans ses murs l’œuvre culturelle de Notre Amérique de la main de ses créateurs. Diffuser l’œuvre de la Révolution, publier et primer des écrivains, des plasticiens, des musiciens, des gens du théâtre et des spécialistes de ces thèmes et, à son tour, créer des espaces pour la recherche, ont été les priorités du centre depuis sa création. Aujourd’hui, l'institution a vu avec une grande satisfaction le processus intégrationniste dirigé par Fidel, Chavez et d’autres grands de l’Amérique actuelle. Un tel processus est la raison d'être de la Casa, concrètement dans le domaine culturel.

Lettres publie José Martí, extrait de l’ouvrage de Rubén Darío intitulé Los raros. Cet hommage à Notre Apôtre a été publié pour la première fois en 1896 à Buenos Aires. Le poète nicaraguayen exalte la personnalité du Cubain en exprimant « Martí le penseur, Martí le philosophe, Martí le peintre, Martí le musicien, Martí le poète, toujours », et il ajoute « Le sang de Martí appartenait à toute une race, à tout un continent, il appartenait à une jeunesse courageuse, qui perd sans doute avec lui le premier de ses maîtres. Il appartenait à l’avenir ! »

La chercheuse Linet Cums Yumar aborde précisément l’individualité, la tradition et la critique littéraire dans l’œuvre de Rubén Dario. Elle considère que la galerie des hommes de lettres présente dans l’œuvre Los Raros du poète nicaraguayen  postule une idée essentielle pour l'art et pour les écrivains modernistes : être soi-même.

Trésors  fête le 500e anniversaire de la fondation de la ville cubaine de Sancti Spíritus. Dans un article de Mayra Pardillo Gómez, on peut constater que Sancti Spíritus est l’une des rares villes cubaines pouvant afficher avec précision la date de sa fondation, le 4 juin 1514, par l'Adelantado Diego Velázquez de Cuéllar

Notre collaboratrice Josefina Ortega nous montre les caractéristiques constructives de la paroisse de Sancti Spíritus appartenant à l’étape la plus évoluée des constructions des églises au XVIIe siècle.

Arts dédie son espace au regretté Juan Formell.  On publie l’émouvant article de Ricardo Alarcón de Quesada à propos de la constante préoccupation de Juan Formell sur la situation des nos Cinq héros emprisonnés aux États-Unis. Il exprime que Juan Formell fut un exemple inégalé de solidarité et d'engagement envers son peuple, surtout avec la cause de la libération de nos frères injustement emprisonnés aux États-Unis pour lutter contre le terrorisme. Lors de sa dernière représentation sur le perron de l'Université avec Fernando et René en liberté, Juan a pris le micro, rappelant à Obama que les Cubains connaissent l’arithmétique, qu'il en manque encore trois et que le Président pourrait et devrait les libérer.

Le journaliste Pedro de la Hoz a publié quelques extraits d’une longue entrevue réalisée il y a à peine quelques mois dans l'espace « Le compositeur et son œuvre », du Musée National de la Musique, encore inédite, comme un résumé des clés qui ont animé cette vie extraordinaire. Le journaliste affirme qu’il faut absolument le dire : l’œuvre de Juan Formell comme auteur, arrangeur et chef d'orchestre restera comme celle de l'homme qui a incarné une véritable révolution dans la musique populaire cubaine pour danser lors des quatre dernières décennies du siècle dernier et de la première du siècle actuel.

Lire Martí  propose la lecture de San Martin, un article paru dans Album de El Porvenir, Nueva York 1891 et dont la traduction a été faite par Jean Lamore.

Ce numéro est illustré avec les images des sculptures d’Agustin Cárdenas.