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Juan Formell
Par Ricardo Alarcón de Quesada Traduit par Alain de Cullant
Cuba a perdu un de ses plus grands créateurs, un artiste vraiment avant-gardiste dont le œuvre vivra toujours.
Illustration par : Agustín Cárdenas

Maintenant que je ne blesse pas sa modestie, je me sens obligé de le dire. Juan Formell fut un exemple inégalé de solidarité et d'engagement envers son peuple. C'est surtout avec la cause de la libération de nos frères injustement emprisonnés aux États-Unis pour lutter contre le terrorisme.

Plusieurs fois j’ai du parler avec divers  personnes, à Cuba et ailleurs, afin d'expliquer l'affaire des Cinq et demander leur soutien. Avec Juan c'était toujours différent. Avec lui, il ne fallait pas d'explications. Il était parfaitement au courant et il suivait le thème avec un véritable  intérêt et une grande préoccupation, honnêtement, sans se vanter.

Chaque fois que l’on rencontrait  Juan, il abordait le sujet. Il ne le faisait pas pour avoir des éclaircissements dont il n’avait pas besoin car il n’a jamais eu de doutes.

Il s'est toujours renseigné sur le côté humain de cette affaire, il voulait savoir comment ils supportaient la prison, ce qui se passait dans leur vie quotidienne et celle de leurs familles. Il proposait toujours  des idées pour avancer dans cette rude bataille, pour joindre d'autres, mouvoir les consciences et rapprocher le jour de la liberté.

Une fois, lors d’une importante  réunion à  l'UNEAC, avec des artistes et des intellectuels dans laquelle on  discutait  l'affaire des Cinq, il a demandé la parole. Il a été comme d'habitude, situé au fond de la salle. Il a parlé avec un langage direct, sans rhétorique et il a exprimé : Il faut toucher le peuple des États-Unis et on peut le faire tous, chacun à sa façon et on doit le faire quand on a des contacts avec le public.

Juan l’a accompli.

Lors de sa dernière présentation sur le perron de l'Université avec Fernando et René en liberté, Juan a pris le micro et lui rappelait à Obama que les Cubains savent l’arithmétique et qu'il en manque encore trois et que le Président pourrait et devrait les libérer de la prison.

Cuba a perdu un de ses plus grands créateurs, un artiste vraiment avant-gardiste dont le œuvre vivra toujours.

Gerardo, Ramón et Antonio à un ami fidèle.