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César « Pupy » Pedroso est né à La Timba, mais il a grandi à Pogolotti
Par Pedro de la Hoz Traduit par Alain de Cullant
César « Pupy » Pedroso, pianiste, compositeur et chef d’orchestre : Prix National de Musique 2013.
Illustration par : Samuel Feijóo

César Pupy Pedroso, considéré comme l'une des pierres angulaires du phénomène Van Van durant les trois premières décennies d'existence du groupe dirigé par Juan Formell et fondateur, en 2001, de l'un des orchestres de musique de danse les plus profondément enraciné dans le pays et ayant une projection internationale large, Los que Son Son, où qu’il soit, est reconnu comme un fils de Pogolotti.

Pupy a dit : « Mes années de formation se sont déroulées à Pogolotti, non seulement au sein de la famille, mais en écoutant tout ce que se jouait dans le quartier. J'ai toujours dit que Pogolotti est l’un des quartiers les plus musicaux de La Havane ».

En réalité, Pupy est né le 24 septembre 1946 dans La Timba, un autre quartier très populaire de La Havane, à la limite du quartier du Vedado, et très proche de ce qui serait par la suite le centre politique et administratif de la nation : la Plaza Cívica devenue la Plaza de la Revolución après le triomphe de janvier 1959.

Quand le futur musicien est arrivé à Pogolotti, appartenant à la municipalité de Marianao, il était en quatrième année de l'école primaire. Mais il était déjà intéressé à entrer dans l'univers de la musique, surtout à partir d’un milieu qui favorisait les expressions populaires et folkloriques.

Il avait bien sûr l'exemple de son père, pianiste dans plusieurs groupes qui jouaient dans des fêtes ; mais à ce stade il avoue que deux influences pour sa trajectoire qui commençait ont été décisives : la rencontre avec Jesús López dans le Séminaire de Musique Populaire qu’avait fondé Odilio Urfé pour le développement professionnel des musiciens empiriques des charangas et des ensembles, et le son des tambours que l’on pouvait entendre dans n'importe quel endroit de Pogolotti.

En évaluant cette dernière empreinte, Pupy a expliqué : « J’ai été marqué pour toujours par la rumba. Ceci se voit dans les tumbaos du piano, dans la dynamique rythmique des pièces que je compose, et même dans l'atmosphère du timbre. Les arrangements lui donnent une vie, une sorte de sceau dans chaque thème, mais pour le danseur, tout se décide entre la percussion, la basse et le piano. Je ne connais personne qui danse avec les cuivres. Le danseur s'exprime à partir des éléments rythmiques ». Ces concepts ont atteint leur plénitude quand Pupy a décidé de former son propre groupe. À la fin du siècle dernier ils avaient déjà pris corps dans un des titres les plus importants de sa carrière discographique, De La Timba a Pogolotti, dans lequel le thème homonyme souligne l'intensité de la salsa au milieu de la rigueur de la rumba.

En lui demandant la signification la plus intime de la pièce, Pupy a avoué : « C’était, depuis l'ordre personnelle, une dette avec mon enfance et mon adolescence. Mais en même temps c'était une façon de faire passer un message à ceux qui pensent que la salsa a suivi une évolution artificielle. Quand c’est légitime, tout a sa racine, et la mienne est là, en vue, dans les rues de mon pays et entre ces rues, celle de mon cher Pogolotti ».