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Le Troisième Découvreur à la Maison d’Afrique
Par Ana María Reyes Traduit par
Don Fernando Ortiz, le vénérable génie de l’ethnologie cubaine, témoin et acteur exceptionnel du processus de formation et consolidation de l’identité nationale.
Illustration par : Ernesto Estévez

En 1906, lorsque le Dr Fernando Ortiz avait seulement vingt cinq ans, l’illustre journaliste cubain Manuel Márquez Sterling louait déjà son travail, publiquement. « Un des maux graves dont ont souffre réside –signalait Márquez Sterling du doigt- dans la méconnaissance que nous avons de nous-mêmes ». (1) Depuis lors, le « Troisième découvreur de Cuba », comme Juan Marinello l’appellerait plus tard, avait entrepris la « large et profonde » tâche de porter remède à ce grave mal.

En 1965, lorsque l’actuel Président de la Fondation Fernando Ortiz et de l’Union des Écrivais et des Artistes Cubains, Miguel Barnet, avait seulement vingt cinq ans, il a entrepris l’enregistrement d’une interview de huit heures à son maestro Don Fernando. Quatre ans après, le vénérable génie de l’ethnologie cubaine, témoin et acteur exceptionnel du processus de formation et consolidation de l’identité nationale, ayant vécu, les yeux grands ouverts, les « saisons » coloniale, néocoloniale et révolutionnaire de sa terre, mourait à l’âge de quatre vingt sept ans. Une partie -même si infime- de ces entretiens, a été utilisée dans la réalisation d’un documentaire produit en 1981 par l’ICAIC (Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographiques), en occasion du centenaire du grand sage cubain.

Réalisé par Oscar Valdés, avec le scénario de Miguel Barnet lui-même, Le Troisième Découvreur ( El Tercer Descubridor ) ébauche, en à peine 18 minutes, l’immensité de l’œuvre de Fernando Ortiz.

C’est la pointe de l’iceberg qui invite à découvrir le découvreur.

Á quarante cinq ans de la disparition  physique de l’insigne juriste criminologue, sociologue, historien, anthropologue et ethnologue, la Maison Musée d’Afrique du Bureau de l’Historien de la Ville de La Havane présentera ce précieux film lors de sa troisième rencontre d’Image et Identité, qui aura lieu samedi 12 avril à 14 h. Là, au mezzanine, avant d’entrer dans la salle de projection, le visiteur pourra voir –presque toucher- le bureau, les livres, l’horloge et les colonnes torsadées qui faisaient partie de l’entourage créateur de Fernando Ortiz, et sentir, comme l’a dit le poète José Martí, que « la mort n’est pas vrai lorsque l’œuvre de la vie a été bien accomplie ».

  1. Márquez Sterling, M.: Arte y Ciencia. El Fígaro, 15 de julio de 1906, p. 364.