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José María Heredia et la Conspiration Los Rayos y Soles de Bolívar
Par Reynaldo González Villalonga Traduit par Alain de Cullant
La vie bouleversée du poète José María Heredia a eu des moments significatifs dans la ville de Matanzas.
Illustration par : Ernesto Estévez

La vie bouleversée du poète José María Heredia a eu des moments significatifs dans la ville de Matanzas. Il y est arrivé pour la première fois en 1819, invité de son oncle, l'avocat Ignacio Heredia Campuzano, vivant dans une résidence, maintenant inexistante, située à l’angle des rues Contreras et Ayuntamiento.

Cette année-là il a écrit son drame en vers Eduardo IV o El Usurpador Clemente, dont les premières représentations ont eu lieu les 14 et 23 février sous les galeries de la maison des pieuses sœurs Junco, aujourd'hui siège de la maison d’édition Vigía, entre les rues Magdalena et Rio, où il interprétait un des rôles principaux.

Il s’est installé dans cette ville en juillet 1822 avec sa famille dans la rue O’Reilly - aujourd'hui Rio - et il a commencé son travail d'avocat dans le cabinet de son oncle.

Le séjour à Matanzas d’Heredia s’est écoulé entre l'exercice de la profession juridique et la composition poétique. Mais ce n'était pas insensible aux peines de la Cuba opprimée, au point d'écrire sa célèbre poésie patriotique La Estrella de Cuba, la première du genre à Cuba.

Le militantisme dans la Loge Maçonnique Los Caballeros Racionales a accru ses activités révolutionnaires contre le tyran oppresseur, au point d'être impliqué dans la Conspiration des Rayos y Soles de Bolívar (Rayons et Soleils de Bolívar), en 1823.

Le noyau principal clandestin était à La Havane, dirigé par José Francisco Lemus. Parmi les principaux conspirateurs de Matanzas se trouvaient, parmi d’autres, José Teurbe Tolón, Antonio María Betancourt et Manuel Portillo. Une fois l’île libérée, ceux-ci  aspiraient à abolir l'esclavage et de fonder la République de Cubanacán.

La tentative d'indépendance a été dénoncée le 31 octobre de la même année, le 5 du mois suivant un ordre de détention a été signé contre le poète qui, alerté par des amis, a échappé à la persécution policière et a trouvé un refuge sûr dans la séculaire demeure de Los Molinos, près de la ville de Matanzas, appartenant à José Arango y Castillo, descendant de la marquise de Pradoameno.

Depuis Los Molinos, il a adressé une lettre au maire, Francisco Hernández Morejón, lui informant qu’il n’avait plus de relations intimes, depuis un an, avec l'Ordre des Caballeros Racionales, mais étranger à toutes sortes d'effusion de sang, soutient-il. Par conséquent, il se considérait étranger aux charges qu’ont lui imputaient.

Toutefois, lors du procès, de graves accusations ont été retenues contre le jeune homme, qui est resté huit jours cachés dans la demeurer susmentionnée. Là il a rencontré, en outre, l'affection d’Emilia – Pepilla – Arango, la fille de l’aimable amphitryon, présente dans un grand nombre de ses compositions et dans de futures lettres depuis l'étranger.

Vêtu en marin, Heredia est parti en chaloupe sur le fleuve San Juan pour aborder sur le brigantin nord-américain Galaxy. Après avoir levé  l’ancre et attendu le retard du départ, motivé par l'inexpérience du capitaine de ne pas éviter la laja – les bas-fonds de la baie -, le bateau a enfin fait route vers les États-Unis.

À la hauteur du Pan de Matanzas, au milieu de la brume et quand le bateau naviguait le long de la côte nord de la région de Matanzas, le poète, appuyé sur le bastingage tribord, a écrit son célèbre Himno del Desterrado.

Il a vécu à Matanzas la majeure partie de son séjour à Cuba. Ensuite il a vécu deux ans aux États-Unis, quatre en Floride Occidentale, cinq au Venezuela et 16 au Mexique, où il mourut, avant d’avoir 36 ans, le 7 mai 1839.