IIIIIIIIIIIIIIII
L’assemblée mondiale des oiseaux
Par Samuel Feijóo Traduit par Alain de Cullant
Les oiseaux se sont réunis pour établir une Loi générale pour la paix, qui les protègera tous.
Illustration par : Osvaldo Salas

Les oiseaux se sont réunis pour établir une Loi générale pour la paix, qui les protègera tous.

Ce fut une grande assemblée. Des oiseaux vinrent de toutes les zones du monde. Même les oiseaux qui vivaient sur des rochers solitaires, dans les régions polaires, sont venus.

Au milieu de la première session, la colombe se leva et dit :

- Un projet de loi : le faucon ne pourra pas manger mes enfants.

Le faucon se leva et dit :

- Cette loi détruit ma race. De quoi nous nourrirons-nous si ce n’est pas de la viande parfumée de la colombe ?

Le papillon se leva et dit :

- Un projet de loi : que le pitirre ne mange plus de papillons.

Le pitirre se leva et dit :

- J'aime les fleurs et quand je vois un papillon voletant dans les airs je pense à une fleur avec des ailes, et je pique, je l’attrape et je le dévore. Et comme il a la saveur d’une fleur, je ne me rends pas compte que je mange des papillons.

L'urubu se leva et dit :

- Un projet de loi : que le pitirre ne me pique plus la tête.

Le pitirre se leva et répliqua :

- Je suis un fanatique de la beauté. La tête hideuse de l'urubu excite mon attaque pure contre la laideur.

La colombe se leva et dit :

- Amour, oh oiseaux, amour !

Et le faucon qui la regarde se dit :

- L'amour est un bon poitrail…

La ciguapa, Présidente de l'Assemblée, était silencieuse.

L’oiseau-mouche se leva et dit :

- Faisons la loi comme le fait l'homme.

La bijirita se leva et dit :

- L'homme établit la loi qui lui convient et il nous tue.

La poule se leva et dit :

- Un projet de loi : que la chouette ne vole pas et ne tue pas mes poussins.

La chouette se leva et dit :

- Et avec quoi vais-je nourrir mes oisons ?

La ciguapa donna deux coups avec une tige de guamá sur une planche de calebassier pour rappeler à l’ordre et dit :

- L’assemblée est suspendue jusqu'à l'année prochaine. Les problèmes sont profonds et nous devons étudier les solutions appropriées.

Et les oiseaux se sont dispersés dans toute la terre.

Dans son nid, la ciguapa se dit :

- La tâche est grande. Si on veut la paix entre les oiseaux, il faudra changer leurs modes de vie. Tous veulent la paix car, en général, il n'y a aucun oiseau qui ne soit pas menacé par un autre. Il faut y parvenir…

Et elle se tut car elle vit l'ombre d’un faucon passée au-dessus de l’arbre où était son nid.

Pris de Cuentacuentos, Prix UNEAC 1975.