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Un livre pour défendre des nobles causes
Par Roberto Fernández Retamar Traduit par Alain de Cullant
Le livre « De Banana Republic a la No República », du Président de l’Équateur, Rafael Correa, part de l'expérience équatorienne mais il va au-delà de cet horizon et il est également valable pour les autres républiques de notre Amérique.
Illustration par : Osvaldo Salas

C'est un grand honneur pour la Casa de las Américas que son Fonds Éditorial ait publié, avec la collaboration du fraternel Institut Cubain du Livre, le livre De Banana Republic a la No República, du Président de l’Équateur, le compañero Rafael Correa.

La Casa de las Américas  publie surtout des livres littéraires, plusieurs d'entre eux, également d’auteurs équatoriens, sont présentés dans cette Foire dédiée à ce pays frère. Mais, en plus de livres littéraires, la Casa en édite d'autres, tels que ceux de la collection « Pensamiento de nuestra América » (La pensée de notre Amérique), dont le plus récent de ses titres est une sélection des Écrits historiques du héros Eloy Alfaro, réalisée conjointement avec une institution équatorienne. Le livre que nous présentons aujourd'hui apparaît dans un autre de nos collections « Estudios monográficos » (Études monographiques). Nous nous proposons, par différentes voies, de faire connaître la plus importante création intellectuelle, en prenant le terme au sens large, des pays d'Amérique Latine et des Caraïbes.

Le livre qui nous réunit aujourd'hui part de l'expérience équatorienne mais, comme le signale Aurelio Alonso dans la préface de cette édition cubaine, il va au-delà de cet horizon et il est également valable pour les autres républiques de notre Amérique, heureusement réunis maintenant dans la CELAC, et même pour le reste des pays non hégémoniques, ceux que l’on appelait du Tiers-monde et connus maintenant comme le Sud.

Les problèmes pressants auxquels sont confrontés ces pays ne sont pas seulement d'un caractère politique, mais, de manière très sensible, de nature économique. Ceux qui ont l'intention de comprendre de tels pays doivent connaître ces problèmes à la lumière de l'économie. Ceci me rappelle que lors du congrès des écrivains et des artistes qui a eu lieu à La Havane au milieu de l’année 1961, Alejo Carpentier a dit dans un discours qu’il nous manquait un Rodó connaissant l’économie et, quand j’ai transmis l’opinion à Ezequiel Martínez Estrada, celui-ci m'a dit qu'il existait déjà, et que c’était José Martí. En effet, dès ses premiers textes écrits au Mexique, mais surtout dans les chroniques que le Cubain a écrit sur (contre) les première congrès panaméricains, sa connaissance des questions économiques était évidente, en les ignorant on ne pouvait pas comprendre les faits politiques : dans son cas, les futures interventions de l'impérialisme sur nos terres.

Ernesto Che Guevara a offert un autre exemple de politique révolutionnaire avec de grandes préoccupations et de vastes connaissances économiques, laquelle a été l’objet d’importantes études. Sans aucun doute, il faut le répéter, il est important d’être familiarisé avec des notions d'économie pour bien comprendre les problèmes que nous affrontons. Ces problèmes sont liés en grande partie à ce que le Président Correa appelle dans son œuvre « la longue et triste nuit néolibérale », qui a fait tant de mal dans nos pays (et dans d’autres) et, malheureusement, qui n'est pas encore terminée.

L'un des nombreux mérites du livre présenté aujourd'hui est la volonté de son auteur de rendre abordable les sujets abordés au lecteur non spécialiste, fréquemment à l'aide de simples comparaisons afin que le lecteur puisse saisir l'essence de chaque question. Cela sans compromettre la rigueur dans un souci de clarté et en mettant l'accent sur le rejet des notions telles que la supposée main invisible du marché qui remonte à Adam Smith et qui a rencontré de ténébreux défenseurs lors de ces années.

Un grand leader politique des Amériques et des Caraïbes, qui est aussi un grand économiste, met ainsi à notre disposition un texte qui trouvera certainement des nouveaux lecteurs reconnaissants qui seront stimulés et motivés pour défendre les causes les plus nobles du moment. Merci au compañero président de l'Équateur pour ce cadeau inestimable.

Paroles du poète et essayiste Roberto Fernández Retamar lors de la présentation du livre De Banana Republic a la No República, du Président de l'Equateur, Rafael Correa ; édité par le Fonds Éditorial de la Casa de las Américas.