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Camagüey, ses églises et sa trame urbaine
Par Francisco Samaniego Traduit par Alain de Cullant
La trame urbaine de Camagüey est une caractéristique très spéciale en comparaison avec les six autres premières villes fondées par la colonisation espagnole à Cuba.
Illustration par : Julio Trujillo

Une trame urbaine labyrinthique  a donné à la ville de Camagüey une caractéristique très spéciale en comparaison avec les six autres premières villes fondées par la colonisation espagnole à Cuba. Labyrinthique

Les rues ont été tracées à partir de la construction des églises et des places dans la ville d’abord appelée Santa María del Puerto del Príncipe, même si son emplacement est loin de la côte le plus proche, mais en 1514, l’année de sa fondation, il est flagrante qu’elle était située près de la mer.

Selon les dires des experts, les architectes de l'époque ont compliqué le tracé du centre-ville afin de se défendre des pirates qui attaquaient souvent le territoire et, même aujourd'hui, il est difficile de trouver une adresse dans la partie la plus ancienne, c’est pour cette raison qu’une carte ou un guide spécialisé est donc essentiel pour les visiteurs.

L’ensemble des églises catholique présentes à Camagüey, ayant des valeurs architecturales, historiques, artistiques et symboliques, se distingue de la même façon que la zone connue pour ses tinajones (réservoirs) d’argile, une solution que les habitants ont trouvé pour stocker l'eau, en tenant compte des sécheresses fréquentes dont souffre la localité.

Les nombreuses églises, les rues étroites et un système de places et de ruelles font partie d’un ensemble original de la ville qui fête le 500e anniversaire de sa fondation le 2 février 2014.

Le tracé urbain originel est déterminé par une organisation religieuse, fixant une structure basée sur les paroisses converties ensuite en avencidamientos (quartiers) qui ont pris le nom de l'église correspondante, comme le reflète actuellement le quartier populaire de La Caridad où se trouve l’église Nuestra Señora de La Caridad del Cobre.

Dans le cœur de Camagüey, peut-être le mieux préservé de Cuba et déclaré Patrimoine Culturel de l'Humanité, se maintient cette tradition de places hiérarchisées par les temples, dont la Plaza Mayor (Parc Ignacio Agramonte), La Merced (Plaza de los Trabajadores) ou San Francisco (Parc José Martí). Les deux premiers, à partir de l’église de la Parroquial Mayor, commencée en 1517 (aujourd'hui Cathédrale Métropolitaine) et celle de Nuestra Señora de la Merced (1748).

Aujourd’hui, les touristes ont deux excellentes options de logement aux extrémités de la rue La República, une des plus réputées du centre urbain, l’hôtel Colon et le Gran Hotel. Les deux sont des réminiscences constructives du début du XXe siècle, dans lesquels on peut vivre une expérience semblable à celle que vécurent nos grands-parents.

Le quartier initial de la légendaire ville de Santa María del Puerto del Príncipe s’est matérialisé autour de la Paza Mayor, avec sa basilique, son Hôtel de ville et les maisons des premiers résidents.

Les chercheurs disent que les constructions religieux originaires de Camagüey sont apparues avec les premières tentatives de l'habitat et elle coïncident avec la fondation de l'emplacement actuel en 1528, une époque où a commencé à prendre forme un important centre socioculturel.

Le couvent/église La Merced, transformé de 1744 à 1756, est devenu l'un des plus remarquables édifices religieux coloniaux de Cuba, pour sa complexité constructive et sa beauté architecturale. Construit en briques avec des plafonds en voûte couvrant les trois nefs, soutenues par d’épais piliers, il possède une volumineuse tour extérieure, comme l'axe de la nef principale, laquelle accentue la solidité de l'édifice. D’autres éléments tels que les frontons et les pilastres encadrent la façade et leur longévité reflète la maestria, la consolidation et la stabilité constructive atteinte au cours du XVIIIe siècle à Cuba.

On affirme que les multiples et complexes solutions d'ingénieries des colonnes, des corniches, des pilastres, des arcs, des voûtes et des coupoles ont été possibles grâce à la domination de la construction avec des briques.

Selon les experts, les églises coloniales de la province se caractérisent par leurs volumes compacts, avec des façades principales généralement symétriques et peu de décoration ; texture lisse, sans portails et avec des tours surmontées de dômes ou des coupoles pyramidales, de préférence sur l'entrée principale.

Le XVIIIe siècle a été très prospère pour l'architecture et spécialement celle dédiée aux édifices religieux. Entre les reconstructions et les nouveaux bâtiments, quatorze temples de différents rangs ecclésiastiques ont été fondés jusqu’en 1825.

Cette splendeur, non seulement religieuse mais en général, a été décrite dans les témoignages de l'évêque Morell de Santa Cruz lors d'une visite en 1756, en nommant neuf églises et comptant 1506 maisons, dont 1206 étaient de plain-pied et 12 de deux niveaux.

Près de son demi millénaire, dans l'image de la ville dominent encore les tours des églises qui profilent son parcours original et que l’on peut observé depuis n’importe quel point de l’irrégulier et capricieux tracé urbain.