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Le Danzón, Patrimoine National
Par Ramón Guerra Díaz Traduit par Alain de Cullant
Le danzón vient d'être proclamé patrimoine immatériel de la nation cubaine à Matanzas, une distinction qui s'unie à sa déclaration populaire au XXe siècle comme la « Danse Nationale ».
Illustration par : Adigio Benítez Jimeno

Le danzón vient d'être proclamé patrimoine immatériel de la nation cubaine, dans la ville de Matanzas, une distinction qui s'unie à sa déclaration populaire durant presque tout le XXe siècle comme la « Danse Nationale », une distinction honorifique au temps des fusions et des influences d’autres rythmes nationaux, caribéens et d'autres latitudes qui sont entrés dans le panorama musical cubain pour l’enrichir et le placer dans la musique contemporaine.

Cuba est « L'île de la musique », un phénomène que peut distinguer n’importe quel spécialiste en musique du monde en constatant la naissance sur cette île, en moins de deux siècles, de rythmes musicaux autochtones tels que la contredanse, de celui dérivé postérieurement du danzón ; le son montuno et ses nombreuses variantes servant de base au phénomène de la salsa latine de la fin du XXe siècle. Les rythmes et les danses du chachacha et du mambo, très connus dans le monde latin et d’autres latitudes, dérivent du danzón. Des variantes d'origine plus africaine proviennent aussi de Cuba, mais tout aussi enracinées dans notre pays, comme le célèbre complexe de la rumba, un martelé et ludique enchantement de mouvements ne faisant pas partie du folklore, mais de celui de la musique vivante de l'île.

En réalité,  la vie moderne et la société contemporaine de l'île ont placé le danzón dans un espace du folklore musical de l'île, les jeunes et les générations intermédiaires le voient comme une musique de « vieux » car, aujourd’hui, presque personne ne compose des danzones et ceux que l’on entend font partie d'un répertoire classique pour les spécialistes, les nostalgiques et certains danseurs curieux qui découvre sa « savoureuse cadence » au rythme des peu nombreux typique orchestre charanguera.

Le Danzón mérite d'être reconnu, cela vaut la peine de le sauvegarder et de le cultiver comme danse et comme genre musical. De nombreuses choses de la vie des Cubains ont été faites au rythme du danzón et lors de ses bons moments il a reflété les préoccupations politiques et sociales de son moment historique, écouter le danzón de Silvio Contreras, que les danseurs connaissent comme La Bomba, est apparu au milieu de la dictature de Machado comme une résistance des Cubains contre un mauvais gouvernement. Dans les « peñas danzoneras » (cercles des danseurs), quand son rythme cadencé résonne, il ne laisse aucun danseur immobile, même si vous n'avez pas de partenaire, car il est vraiment entraînant.

Alors, que vive le danzón, qu’il soit enseigné aux enfants et aux jeunes afin qu’ils sachent que leurs grands-parents s’aimaient avec ses notes, se déplaçant comme « un seule », en se référant à la danse serrée du danzón

Longue vie au Roi Danzón !