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Cubadisco 2011 : Le son le plus long du monde
Par Rafael Lam Traduit par Alain de Cullant
Les instruments du son résonneront dans tout le pays avec l'imposition du Record Guinness « Le son le plus long du monde » à l’occasion de la Foire Internationale Cubadisco 2011.
Illustration par : Adriana Arronte

Durant le mois de mai les instruments du son résonneront dans tout le pays avec l'imposition du Record Guinness « Le son le plus long du monde », lors d’un parcours dans toute l'Île à l’occasion de la Foire Internationale Cubadisco 2011.

 

Le parcours sonero se réalisera du 1er au 14 mai, de la province occidentale de Pinar del Rio jusqu'à l’orientale Santiago de Cuba. Ouvrant ainsi la Foire Internationale Cubadisco, du 14 au 22 mai, à Santiago de Cuba, un des berceaux du son. Le Gala de remise des prix aura lieu simultanément le 14 dans le Théâtre Karl Marx de La Havane et à Santiago de Cuba avec le pianiste Frank Fernández et l’Orchestre Symphonique d'Orient.

 

Une sculpture en bronze du « Roi du son oriental », Miguel Matamoros, conçu par le sculpteur José Montero, soutenu par la firme Caguayo, sera dévoilée dans le Parc Serrano.

 

Nous pourrions dire que « Le son le plus long du monde » a commencé à partir des années 20, réalisé par Miguel Matamoros durant son étape d'or, du 1er mai 1928, lors de son premier voyage à New York. Ensuite ont suivi 28 tournées en Amérique Latine et en Europe, jusqu'à l'année 1960, le son parcourant plus de trois décennies dans la moitié du monde.

 

Los Matamoros ont été la plus haute représentation du son en cette époque et, de nos jours, ils font encore partie des musiciens les plus enregistrés et les plus interprétés de Cuba dans le monde.

 

« Le son le plus long du monde » a été une pratique qui s'est développée à Cuba à partir de la première Foire Internationale Cubadisco, en mai 1997, avec cinq jours consécutifs de musique, cent groupes et mille chanteurs et musiciens. Il s’est développé dans le Salon Rojo Benny Moré de La Tropical, dans le plus grand boom de la salsa cubaine des années 90, commencé par NG La Banda avec José Luis Cortés.

 

L'initiative du son le plus long du monde provient du Barcelonais Francis Cabeza, directeur de la firme Magic Music installée à Cuba et l’Institut Cubain de la Musique a offert tout l'appui à l'événement de La Tropical en 1997.

 

La longue marche a commencée avec l’illustre orchestre Los Van Van, suivi par tous les grands de ce moment : Adalberto y su Son, Revé, la Charanga Habanera, NG La Banda, Yumurí, Angelito Bonne et une énorme liste de groupes typiques venus de tout Cuba.

 

Durant les cinq jours dans le salon de La Tropical, l'empire de la salsa mondiale, des personnalités de toute la planète étaient présentes : des journalistes, des chercheurs, des chroniqueurs, des photographes, des musicologues, des artistes de tout genre, des sportifs olympiques, des reporters de diverses agences et de divers journaux. L’événement a été une véritable festivité de la musique planétaire. Tous les yeux de la musique internationale étaient braqués vers le phénomène du boom de la musique à Cuba. Viendrait ensuite la renaissance du projet Buena Vista Social Club.

 

Le son qui était né dans les montagnes de l’orient cubain s’est catapulté jusqu'aux meilleurs salons du monde, une musique qui a évolué avec les divers formats, instruments, rythmes et musiciens ; une évolution qui arrive jusqu'à nos jours, plus d’un siècle après sa création.

 

La Foire Internationale Cubadisco 2011 rend hommage au son, la musique la plus syncrétique de l'identité nationale, selon les paroles du musicologue Odilio Urfé. Santiago de Cuba va montrer ses meilleurs atouts au mois de mai, là se donneront rendez-vous des groupes, des instrumentistes et des promoteurs du son de toutes les latitudes.

 

La Rencontre Mondiale de la danse Casino à Santiago de Cuba

 

Une Rencontre Mondiale de la Danse Casino aura lieu durant la Foire Cubadisco 2011. Le Casino est la danse emblématique de Cuba, elle s’est développée vers l'année 1957, comme réponse à l'abrupte entrée des duos du rock and roll, une danse en couple mais très acrobatique, pour des gens très jeunes et préparés, comme disait Alejo Carpentier. Par contre, la danse du Casino est une danse plus élégante, avec des évolutions moins spectaculaires.

 

Les chorégraphies se sont développées dans le Club aristocratique appelé Casino Sportif, sur le littoral Ouest de la capitale, où se divertissait la bourgeoisie cubaine.

 

Dans les années 60 ces clubs aristocratiques sont passées massivement aux mains des travailleurs, et là ont commencé à avoir lieu des grands bals populaires. C'est le moment de la fièvre de la danse en couple où apparaissent des chorégraphes, des couples de danseurs, des groupes ou ruedas de Casino.

 

Des chorégraphes de quartier concurrençaient avec des ruedas où prenaient part jusqu'à deux cent membres. En cette époque les orchestres à la mode étaient Los Van Van, La Ritmo Oriental, Rumbavana, Chapottín y sus Estrellas, Estrellas Cubanas, l’Ensemble de Roberto Faz, Los Latinos, Los Reyes 73 ou La Monumental.

 

Au début du XXIème siècle, le sonero Adalberto Álvarez projette, avec le directeur des programmes musicaux de danse Victor Torres, un programme télévisuel, enregistré dans le Salon Benny Moré de La Tropical, avec danse en couples et des ruedas de Casino. La Première Rencontre Internationale des Ruedas de Casino a ensuite été organisée dans les villes de Matanzas et de Varadero, une plage touristique par excellence.

 

Postérieurement des gigantesques ruedas de casino se sont déroulées dans tout le pays, dans une sorte de Record Guinness.

 

Adalberto Álvarez a dit à la journaliste Mireya Castañeda :

 

« À l'extérieur il y a des Festivals de Salsa, j’ai commencé à réfléchir et j’ai compris qu'ils étaient des prétextes pour faire des compétitions de ruedas de Casino, et j'ai réellement eu la crainte qu’ils nous prennent l’idée, comme cela se passe avec d'autres choses. Cela ne pouvait pas se passer avec la danse du Casino, c’était impossible que Cuba n’ait pas un événement de ce type. À Cuba il n’y a pas de Festival Mondial de la Salsa, là où le son, la guaracha, le mambo, le danzón, le cha cha chá, la rumba sont nés ; où la salsa prend sa véritable saveur, avec le montuno et les tumbaos cubains ».

 

La danseuse et chorégraphe Gladys González m'a expliqué : « Le Casino s'est converti en une danse emblématique latine, en couple ou en ruedas. »

 

Il est dansé dans les salons européens et des écoles ont été créées pour apprendre à danser le Casino, orientées par des Cubains et des Cubaines.

 

La Foire Internationale Cubadisco 2011 résultera un événement mémorable pour démontrer que le son est vivant et qu’il se développe. Les meilleurs groupes de danse de Casino de tout le pays se donneront rendez-vous à Santiago de Cuba.