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Rosa la Bayamesa : De l’obscur baraquement au ciel étoilé de la Patrie
Par Martín Corona Jerez Traduit par Alain de Cullant
Rosa Castellanos Castellanos représente l'esprit de la mambisa cubaine.
Illustration par : Mario Carreño

Rosa María Castellanos Castellanos est née dans un obscur baraquement d’esclaves en 1834, celle qui à force de courage, d’astuce et de ténacité s’est fait une place dans le ciel de la Patrie pour éclairer ses compatriotes avec le titre resplendissant de Rosa La Bayamesa.

On dit qu’elle a vu le jour dans le village d’El Dátil, à trois kilomètres de la ville de Bayamo, où les véritables et définitifs chemins de son peuple ont commencé. Ni son nom réel et sa date de naissance sont inclus dans les documents. Elle était une fille d'esclaves.

Elle s’est incorporée, avec les maîtres de ses parents, à la première guerre cubaine pour l'indépendance (1868-1878) et dans la Sierra Maestra, la plus haute chaîne montagneuse de l'archipel, elle a été un soldat courageux et une infirmière efficace.

La persécution ennemie l’a obligé à migrer vers la sierra de Najasa, à Camagüey, où elle a établi l'hôpital pour soigner les patriotes blessés et malades. Elle a montré de grandes et efficaces connaissances de la flore et de la faune cubaine et leurs qualités curatives.

La Bayamesa, comme elle a été appelée par ses contemporains, a participé aux combats, dont les célèbres batailles de Palo Seco et El Naranjo, commandées par le Major Général Máximo Gomez.

Ce héros, quand il l’a rencontré personnellement en 1873, lui a fait l'éloge: « Je suis venu vous connaître, de nom tout le monde te connaît pour tes nobles actions et les grands services envers la Patrie ».

Rosa lui a répondu : « Je accomplie mon devoir et Personne pouvait me virer de là car il fallait défendre ce qu’il faut défendre ».

En 1895, Máximo Gomez a de nouveau rencontré La Bayamesa dans le camp des insurgés et il lui a demandé d'organiser et de diriger un autre hôpital de campagne, également dans la région de Najasa.

L'année suivante, le Généralissime lui a décerné le grade de Capitaine de l'Armée Libératrice de Cuba et avec l'ordre d'ascension il a écrit : « Cette femme altruiste a offert d’excellents services lors de la guerre des dix ans et, dans la révolution actuelle, elle a été à la tête d'un hôpital dans lequel elle accomplit ses devoirs de Cubaine avec un patriotisme exemplaire ».

À la fin de l’appelée Guerre Nécessaire, Rosa s’est établie dans la ville de Camagüey, accueillie avec affection et admiration par les dignes Cubains et elle est décédée dans cette ville le 25 septembre 1907.

Les Cubaines et les Cubains de tous les âges et de toutes les origines lui rendent hommage tous les ans, aussi bien à Camagüey qu’à Bayamo.

Dans cette dernière ville, en face du quartier Rosa La Bayamesa, le célèbre peintre et sculpteur Alberto Lezcay a immortalisé l'hommage à l'héroïne, la représentant sur le premier monument équestre dédié à une Cubaine.

Il y a un an environ, après avoir assisté à un gala artistique devant la sculpture, Alberto Lescay a dit à l’agence de presse Ain : « Ce n’est pas facile de synthétiser sur une sculpture tout ce que représente Rosa Castellanos Castellanos : l'esprit de la mambisa, l'humanisme exprimé dans cette vocation pour la santé, comme elle a pu, à partir de la force de la nature, comme une Africaine, comme l’héritière de l'Afrique qu’elle a été. C’est pour cette raison que je remercie doublement cette activité qui, je pense, va marquer une partie de l'histoire de Bayamo et de ce lieu quant à l'idée de souligner l'importance de l'héritage africain pour le monde, pour la culture universelle ».