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Le legs éternel du Manifeste de Montecristi
Par Pausides Cabrera Balbi Traduit par Alain de Cullant
Dans la localité de Montecristi, en République Dominicaine, José Martí et Máximo Gómez paraphaient un document visionnaire qui constituait une boussole pour la guerre nécessaire.
Illustration par : Adriana Arronte

Le 25 mars 1895, alors que l'expédition des frères Maceo, avec Flor Crombet, levait l'ancre du Costa Rica et faisait voile en destination de Cuba, dans la localité de Montecristi, en République Dominicaine, José Martí et Máximo Gómez paraphaient un document visionnaire qui constituait une boussole pour la guerre nécessaire.

 

Fruit de la communion des idées, des responsabilités et des objectifs entre le Generalísimo et le Délégué du Parti Révolutionnaire Cubain (PRC), le Manifeste de Montecristi indiquait la direction de la lutte émancipatrice, recommencé le 24 février à Baire, la continuité du soulèvement de 1868 à La Demajagua.

 

Avec une vision lucide, le manuscrit signalait et alertait sur les germes nuisibles qui ont conduit au frustrant Pacte del Zanjón et sur l’impérieuse nécessité de solidité et d'unité générationnelle, des conditions indispensables pour atteindre l'indépendance totale et la souveraineté.

 

Cohérente du début à la fin avec l’idéal de José Martí, la déclaration réitérait les dangers que le racisme, le régionalisme et toutes les formes d'inégalité entraînaient. Son caractère inclusif est arrivé au point d'étendre l’appel humaniste vers les Espagnols colonialistes : « Respectent et on vous respectera. À l'acier répond l'acier, et l'amitié à l'amitié ».

 

Comme document relatif au programme officiel du PRC, le Manifeste de Montecristi incorporait aussi, avec une perspective futuriste, les transformations socio-économiques nécessaires après la « guerre généreuse et brève » pour construire la Patrie rêvée « Avec tous et pour le bien de tous ».

 

Au-delà de frontières, avec une portée continentale, l'écrit reflétait l’urgence et les préoccupations qui tourmentaient José Martí et qu’il concrétiserait, quelques heures avant sa chute en combat à Dos Ríos, dans une lettre adressée à son ami Manuel Mercado : « avec l'indépendance de Cuba, empêcher à temps que les Etats-Unis s’étendent dans les Antilles et tombent plus avec cette force sur nos terres d'Amérique ».

 

Vers la mi-journée de ce 25 mars 1895, le plus illustre et solidaire des stratèges militaires dominicains et l'Apôtre de l'indépendance cubaine ont signé le document historique. Son legs immortel a transcendé jusqu'à nos jours.

 

Dans le plaidoyer L’Histoire m'absoudra, dans lequel le leader révolutionnaire Fidel Castro, au nom de la génération du Centenaire, a exposé les raisons patriotiques de la guerre entreprise pour concrétiser avec dignité celle commencée à Yara par Carlos Manuel de Céspedes, l'éternel legs du Manifeste de Montecristi a été et continuera à être présent.