IIIIIIIIIIIIIIII
Nous serons toujours « Les Cinq Cubains »
Par Gerardo Hernández Nordelo Traduit par Alain de Cullant
Nous sommes cinq et nous continuerons à être cinq !
Illustration par : Antonio Guerrero

Il aurait pu se valoir des mêmes prétextes que ceux qui ont rapidement décidé de plaider coupable et de coopérer avec les autorités. Après de longues années de séparation, il avait déjà de ce côté Olga et Irmita, et il aurait pu profiter d’Ivette, de tout juste quatre mois. Que faire ? S’accrocher aux principes, laissant les trois seules dans un pays étrange et affronter nouvellement des années de séparation ? Ou « négocier » et leur donner ce qu'ils demandaient en échange du pardon et d’une nouvelle vie ? Dans son esprit il n’y a jamais eu le moindre doute, ni la moindre vacillation dans son comportement.

Les procureurs savaient qu'ils avaient très peu contre lui et ils ont tenté de le sortir du chemin avec des offres. Cela leur a fait mal qu’il leur chante El Necio, et ils se sont acharnés. Personne ne  l’a vu pleurer quand ils ont séparé Olga de leurs petites filles et qu’ils l’ont enfernée dans une cellule. Il l’a fait en silence, comme nous l’avons tous fait d'indignation et de douleur quand nous avons appris la nouvelle, mais nous n’avons jamais remarqué le moindre brisement en lui. Il a accompli chaque jour de sa condamnation avec dignité, et il est sorti avec le front aussi haut que quand il est entré, mais il devra encore souffrir la perte de son frère et son père dans la solitude.

Aujourd'hui, nous avons appris que René est à Cuba, pour y rester. Chacun des Cinq est maintenant un peu plus libre. Une partie de nous se promène dans les rues de cette île et nous pouvons presque respirer son air, nous brûler avec son soleil.

Quelqu'un m'a demandé comme on doit nous appeler maintenant alors que nous ne sommes plus cinq, mais quatre. Erreur ! Nous sommes cinq et nous continuerons à être cinq ! Aujourd'hui nous devons continuer la lutte, non seulement pour les quatre autres, mais aussi pour René, car nous le connaissons et nous savons qu'il ne sera pas vraiment libre tant que nous soyons tous de retour dans la patrie. La différence est que cette bataille, qui sera jusqu'à la fin pour les Cinq, compte depuis aujourd'hui un nouveau porte-étendard.

Félicitations René ! Tes quatre frères célèbrent avec toi, orgueilleux !

HLVS !

Gerardo Hernández Nordelo

Prison Fédérale de Victorville. Californie.

3 Mai 2013.