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Le château de Santo Domingo de Atarés
Par Yamira Rodriguez Marcano Traduit par Alain de Cullant
La construction du château de Santo Domingo de Atarés a eu lieu entre 1763 et 1767 sous la direction de l'ingénieur Silvestre Abarca et avec l'intervention de l'ingénieur belge Agustín Crame.

Durant la période coloniale espagnole La Havane est devenue la ville la plus fortifiée d’Amérique. Le château de la Real Fuerza a été construit au cours du XVIe siècle à la fin du canal de la baie et, postérieurement, les châteaux San Salvador de la Punta et Tres Reyes del Morro, cette fois situés à l'entrée du canal comme une stratégie défensive par rapport à l'emplacement peu judicieux de l'antérieur. Situés l’un en face de l'autre ils proportionnaient un feu croisé pour empêcher la prise de La Havane, un plan qui a fonctionné jusqu'à l'arrivée des Anglais dans la ville en 1762. La ville a été assiégée en dépit des œuvres de défense à Cojimar et la Chorrera et le début de la construction de la muraille pour la défense terrestre.

Après onze mois de l'occupation anglaise, quand l'Espagne récupère La Havane, la couronne décide de convertir la ville en un site inexpugnable. C'est pour cette raison que le château de San Carlos de la Cabaña a été construit dans la zone du canal, cette fois mieux situé et mieux dessiné militairement que ses prédécesseurs et deux châteaux de plus ont complété le système défensif en forme de triangle : el Príncipe et Santo Domingo de Atarés, les deux construits sur des élévations, le premier dans la ville, sur la colline d’Aróstegui ; le second sur la colline de Soto, au fond de la baie.

Le château de Santo Domingo de Atarés doit son nom au gouverneur de l’île de l'époque, le comte de Ricla, dont les parents étaient les comtes d’Atarés. Sa construction a eu lieu entre 1763 et 1767 sous la direction de l'ingénieur Silvestre Abarca et avec l'intervention de l'ingénieur belge Agustín Crame. Situé sur la colline de Soto, le site dominait partiellement la baie.

Le château s'approche d’un hexagone irrégulier, sans murailles, couronné par des tours de gué elles aussi hexagonales, correspond aux formes utilisées au cours du XVIIIe siècle.

Cette forteresse est entourée d’une fossé et est complétée par un chemin couvert coupé par six traverses à proximité des sommets pour le tir en enfilade, une petite Place d’Arme centrale entour des bâtiments pour le logement de la troupe, des entrepôts et d’autres services et les toits ont été réalisés en plates-formes pour l'artillerie.

Cette colline de Soto si mentionnée a démontré son importance lors des derniers jours de l'attaque de La Havane par la marine britannique, assurant depuis les hauteurs du sud de la ville la communication avec d'autres localités. Son nom, dérivé du propriétaire de ces terres, Don Agustín de Sotolongo y Perez de las Alas, a changé son image pour la postérité quand le capitaine de navire Juan Antonio a improvisé un réduit sur la colline avec une vingtaine de pièces, garantissant ainsi l'entrée et la sortie de la ville, selon Pezuela « non sans danger mais avec certitude ».

Une fois les travaux indispensables terminés dans les forteresses du Morro et de La Cabaña, Abarca et Crame ont établi sur ladite colline les premières œuvres qui allaient devenir plus tard le château de Santo Domingo de Atarés. Ils ont tracé le premier hexagone irrégulier avec ses douves et le chemin couvert, sans les flancs ni les œuvres extérieures.

Le château d’Atarés comptait une grande caserne voûtée à l'épreuve des bombes pour toute la garnison, ainsi qu’un réservoir, des entrepôts et des bureaux nécessaires à sa défense. Il possédait vingt-six pièces d’artillerie et une garnison de quatre-vingt-dix hommes.

En 1914, au pied du château, un obélisque en marbre a été érigé dont la plaque souligne :

« Aux Patriotes de 1851

la garde rurale par initiative

des hommes de l'escadron K ».

Ce rappel se réfère au colonel étasunien William Logan Crittenden et à ses cinquante et un autres compatriotes. Durant la République, le château était une garnison militaire. Dans les années trente du XXe siècle, une prison pour les prisonniers politiques. Actuellement c’est le quartier général de la Police Nationale Révolutionnaire. Bien que plus petit, en comparaison avec les grandes forteresses des Caraïbes, le château de Santo Domingo de Atarés est un notable exemple de l'expansion du système défensif havanais. Un projet de réhabilitation est prévu pour ce monument de la nation cubaine ayant un degré de protection I, afin de lui rendre toute sa splendeur, en enlevant principalement les constructions rajoutées.

L’architecte Isabel Rigol a affirmé : « À la fin du XVIIIe siècle, La Havane montre déjà une architecture élaborée et une structure urbaine particulière de place et de placette qui a transcendée comme ville et dont l’image vernaculaire de l’antique ville continue a présidé pour la majesté de ses forteresses. Aucune autre manifestation ne les a surmonté et elles continuent à être des symboles de la ville même quand leurs vertus défensives s'estompe et quand surgit la nécessité des investissements militaires plus modernes. »

Les forteresses de La Havane possèdent une reconnaissance internationale ainsi que d'autres des Caraïbes comme celles de Cartagena de Indias, en Colombie ; de Saint-Domingue, en République Dominicaine ; de San Juan de Ulúa y Campeche, dans le Yucatan, ou La Citadelle ou Fort Dauphine en Haïti, pour ne citer que quelques exemples. Cette inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial a été aussi accordée à d’autres fortifications de l'île, comme le majestueux château de San Pedro de la Roca del Morro de Santiago de Cuba.