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Martine Carol, la jeune femme platinée
Par Leonardo Depestre Catony Traduit par Alain de Cullant
La jeune fille gâtée du cinéma français des années 50 était accompagnée par son mari, le réalisateur Christian-Jaque.

En seulement quatre jours de visite à La Havane, l'actrice française Martine Carol a laissé une impression si agréable qu’elle perdure encore chez les cinéphiles cubains.

L’avion a atterri sur la piste de l'aéroport de Rancho Boyeros, La Havane, dans la soirée du lundi 25 juin 1956, avec une heure de retard, les flashes des appareils photographiques ont crépité immédiatement et des dizaines de fans attendaient avec bonheur le moment attendu de contempler la ravissante blonde.

La vérité est que Martine Carol générait d’intenses expectatives. Etait-elle vraiment aussi éblouissante qu’a l'écran ? Quand la porte de l'avion s’est ouverte c'était comme un lever de rideau.

Menue, souple, rosée

L'actrice est apparue avec son sourire captivant, ses cheveux blonds et sa démarche harmonieuse. Martine Carol, la jeune fille gâtée du cinéma français des années 1950 était accompagnée par son mari, le réalisateur Christian-Jaque.

Un journaliste du journal El Mundo notait ses impressions :

« Martine Carol est le cas singulier d'être en personne aussi belle et séduisante qu’à l'écran. Menue, souple, rosée, blonde et aux grands yeux clairs, elle possède une personnalité vibrante imprégnée de grâce. Elle s’exprime avec agilité et précision, en français et en anglais, sans hésitation, directement, ou contournant les questions inappropriées ou qui ne l’intéressent pas ».

Martine Carol a expliqué qu’elle a tourné plus de trente film, dont, parmi les plus connus : Caroline chérie, Lucrèce Borgia, Les amants de Vérone, Madame Du Barry, Adorables créatures et Nana, version libre du roman de Zola dont la première à Cuba a coïncidé avec le séjour de l’actrice.

Pour les curieux qui conjecturent à vois basse sur son âge, elle a avoué, en exclusivité, avoir 32 ans (elle en quittait quelques unes), faisant taire ainsi les indiscrets.

Le cinéaste Christian-Jaque, un des plus importants en France, avec des films comme Barbe Bleue, La Chartreuse de Parme, Fanfan La Tulipe et Nana est décrit comme « un homme accessible et simple, sûr de lui, sans pédantisme et suffisance, cordial et attentionné », qui veut dire que les deux Martine Carol et lui, ont fait une bonne impression à la presse.

Les invités ont participé à deux fonctions de gala du cinéma français à La Havane, les 27 et 28 juin. Par ailleurs, l'Ambassadeur de France a remis le prix Victoria, conféré par la critique aux meilleurs artistes français, à Marine Carol.

Le couple a séjourné seulement quatre jours à Cuba, jusqu'au 29. Le voyage, faisant partie d'une vaste tournée promotionnelle, avait commencé à Paris, puis la Turquie, l’Iran, le Japon, les Etats-Unis (la Californie, New York) et après La Havane il continuait au Mexique. La moitié du monde a eu la possibilité de voir l’étoile française.

- Je veux profiter de quelques jours, même s'ils sont peu nombreux, dans cette joyeuse et animée Havane – a-t-elle déclaré.

Avant Brigitte

Le vrai nom de Martine Carol était Marie-Louise Mourer, née à Biarritz en 1920. Elle a interprété de nombreux personnages qui l'ont convertie en une héroïne séduisante et élégante, dont la vie s’est entretissée avec celle des personnages portés à l'écran.

Elle est décédée à l'âge de 46 ans, à Monte-Carlo, le 6 février 1967.

Elle était la sex-symbol la plus cotée et la plus exubérante blonde platinée (la numéro 1) du cinéma français, avant qu’elle soit remplacée par une autre très renommée et encore plus célèbre : Brigitte Bardot.

Aujourd'hui elle est dans les souvenirs pour le caractère spectaculaire de son visage, le glamour de ses représentations et parce que, quand les actrices européennes étaient « un mystère » pour les cinématographies de ce côté de l'Atlantique et en particulier pour la nord-américaine, Martine Carol s’est révélée comme quelque chose de plus qu'une jolie poupée de porcelaine.