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La Caserne Moncada et la Granjita de Siboney : Deux joyaux de notre histoire
Par Carlos Sanabia Marrero Traduit par Alain de Cullant
La Granjita de Siboney fut le point de départ pour les jeunes de la Génération du Centenaire qui ont attaqué la caserne Moncada le 26 juillet 1953.
Illustration par : Alberto Lezcay

La Caserne Moncada

Cette caserne a été attaquée le 26 juillet 1953 par un groupe de jeunes commandés par Fidel Castro Ruz et bien que l'action militaire a été un échec, elle a été le début de la lutte qui a renversé le dictateur Fulgencio Batista le premier janvier 1959.

En remontant à l'époque coloniale, on peut dire, en un bref résumé, que cette caserne se trouvait à la périphérie de Santiago de Cuba, conçu pour accueillir une centaine de soldats et deux cents prisonniers. Elle mesurait de 180 mètres en façade et 77 mètres en profondeur, elle comptait des édifications avec une galerie intérieure ouverte sur des amples patios. En cette époque elle portait le nom de Reina Mercedes et elle abritait alors la cavalerie espagnole qui combattait contre les indépendantistes cubains.

Le 24 avril 1909, suite à l’ordre spécial numéro 56, elle a été rebaptisée sous le nom de Moncada, en hommage à la mémoire du Major Général Guillermo Moncada, emprisonné dans les cachots de cette caserne pour lutter en faveur de l'indépendance de Cuba.

Dès sa fondation et jusqu'à ce qu'elle se rende aux forces de l'armée rebelle, le 1er janvier 1959, la caserne Moncada était un centre de répression dans cette partie de l'île  contre ceux qui s'opposaient, premièrement à la colonie espagnole et ensuite aux gouvernements de la pseudo république.

Le 26 juillet 1953, l’attaque à  la  deuxième forteresse la plus importance du régime de Batista a commencé par le poste numéro trois et Fidel a expliqué que les pertes n’ont pas été significatives lors de la lutte et que celles des assaillants a été due principalement « pour la cruauté et l'inhumanité de l'armée une fois que l’affrontement avait cessé ». Le témoignage de Fidel Castro dit :

« La caserne Moncada est devenue un atelier de torture et de mort, et certains hommes indignes ont converti l’uniforme en tabliers bouchers. Les murs étaient éclaboussés de sang : dans les murs étaient incrustées des balles avec des fragments de peau, de cerveau et de cheveux humains, suite aux coups tirés à bout portant et l’herbe était recouverte de sang sombre et collant ».

Un an après le triomphe révolutionnaire, le 28 janvier 1960, Fidel a remis la caserne Moncada, transformée en école au ministère de l'éducation, elle sera alors la Ville Scolaire 26 Juillet.

Elle compte un effectif de près de 2000 enfants pour l'enseignement primaire et de 270 enseignants avec tout le matériel nécessaire pour le développement des programmes éducatifs, en mode semi pensionnat.

Le Musée de l'Histoire du 26 juillet se trouve à côté de l'entrée du poste numéro 3, il comprend huit salles, la première dédiée à l'histoire de la construction de la forteresse jusqu'à sa transformation en centre éducatif.

Son nouveau montage muséologique est conçu avec un système de panneaux permettant une vision plus claire des faits historiques, à partir de l'emploi d’éléments didactiques tels que les photographies ou les gigantographies.

Conformément à sa mission, le nouvel assemblage privilégie les détails de l'action du 26 juillet 1953 et l’actualité de l'idéologie de José Martí qui a servi de guide aux jeunes de la Génération du Centenaire.

La « Granjita  de Siboney »

La Granjita de Siboney, le point de départ pour les jeunes de la Génération du Centenaire, conduits par Fidel, qui ont attaqué la caserne Moncada le 26 juillet 1953, a été convertie en musée le 23 juillet 1965

La Granjita (petite ferme), située à 14 kilomètres au sud de Santiago sur la route de Siboney, a été visitée par des dignitaires et des personnalités de différentes nations de tous les continents, ceux-ci ont parcouru les salles de ce joyau de l'histoire de Cuba, beaucoup d'entre eux accompagnés par Fidel, Raul et le Commandant Juan Almeida, qui étaient parmi les 129 jeunes qui ont pris part à l’assaut de la caserne Moncada le matin du 26 juillet 1953.

Son excellent montage muséologique somme chacun de ces moments, des expressions de solidarité et de reconnaissance au courage de ceux qui ne voulaient pas laisser mourir José Martí lors de l'année de son centenaire, comme le résume une phrase écrite dans le livre ouvert aux visiteurs de : Ils avaient raison !

L’histoire de la Villa Blanca.

La construction de la maison a commencé en 1945 par son propriétaire José Vázquez Rojas un commerçant natif de Santiago de Cuba. Elle a été utilisée comme un lieu de loisirs pour sa famille et ses amis.

Baptisée avec le nom de Villa Blanca, pour sa couleur, elle a été découverte par Fidel Castro Ruz et Ernesto Tizol Aguilera en avril 1953, quand ils ont effectué un parcours sur la route de Siboney.

Les deux considéraient l'endroit idéal pour installer un élevage avicole qui se convertirait en prétexte de leur but réel : ce serait le quartier général des révolutionnaires qui participeraient à l'assaut de la caserne Moncada.

Le jeune Abel Santamaria Cuadrado a occupé l’endroit dans les premiers jours du mois de juillet 1953.

En tant que gérant de la « ferme », il ordonna la construction de « poulaillers » où seraient cachées les voitures qui seraient utilisées pour l’assaut. Avec le Santiaguero Renato Guitar Rosel, il a préparé un puits sec pour cacher des armes, sur lequel il plaça une croix en bois et un bac métallique rempli de terre et de plante à donner l'apparence d'un parterre semblable à ceux de l'entrée de la maison.          

Un groupe de jeunes est arrivé dans la nuit du 25 juillet et à l’aube du 26 Fidel Castro a dévoilé le plan d'attaque. Le départ vers la forteresse militaire a eu lieu vers cinq heures moins le quart environ.

Certains assaillants sont revenus à la fin du combat et 19 d'entre eux ont suivi Fidel dans la cordillère de la Gran Piedra afin de continuer la lutte.

Ce même matin les soldats ont fait irruption et ont occupé la Villa inhabitée. Dans l’après-midi et dans la nuit ils ont placé cinq corps de jeunes assaillants tués.

Pendant l’après-midi du 27, Ils ont laissé le corps sans vie d’un civil, victime aussi de la répression, à l’entrée de la villa et ils ont mitraillé la façade de la maison.

À cause du choc de ce qui s'est passé dans le bâtiment et ses environs, les propriétaires ne voulaient pas revenir à cet endroit et ils ont décidé de le prêter en différentes occasions jusqu'à ce que d’autres membres de la famille s’y installent en 1959.

Le 23 juillet 1965, la maison blanche et rouge où a commencé la dernière étape de la Guerre de Libération Nationale a été transformée en musée Granjita Siboney. En raison de son importance historique elle a été déclarée Monument National le 26 juillet 1979.