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Entrevue avec Arístides Hernández, Ares
Par Paquita Armas Fonseca Traduit par Alain de Cullant
Une nouvelle grande fête de l’humour a eu lieu à Cuba, la XVIIème Biennale Internationale de l’Humorisme.
Illustration par : Janler Méndez Castillo

Une nouvelle grande fête de l’humour a eu lieu entre le 27 mars et le 3 avril, la XVII Biennale Internationale de l’Humorisme. Des auteurs de 20 pays ont envoyé plus de 500 œuvres.

Il y a un auteur, lauréat de nombreuses récompenses, dont l'Eduardo Abela, qui cette fois ne sera pas en concours, Arístides Hernández, Ares, mais il sera quand même présent dans cette biennale. Même si le siège de cette festivité est encore San Antonio de los Baños, La Havane accueille aussi cet événement avec l'exposition collective « Consumo gusto » qu'organise Ares.

L’exposition a été inaugurée dans la salle Rubén Martínez Villena de l'Union des Écrivains et des Artistes de Cuba (UNEAC).

Quelle connotation confères-tu à la Biennale Internationale de l'Humour de San Antonio de los Baños ?

La Biennale est l'événement international que les humoristes graphiques cubains ont eu comme point de rencontre en 17 éditions, c’est encore l'événement d'humour graphique le plus important qui est réalisé dans notre pays. Il a transité et transite encore par de nombreuses difficultés, mais il est juste de reconnaître que les bonnes choses surpassent largement les mauvaises. Durant les Biennales nous rencontrons des collègues cubains et étrangers, nous échangeons des expériences, nous montrons et nous voyons ce que nous faisons tous et nous passons de très bons moments.

Quelles sont tes fins avec cette exposition collective ?

L'exposition collective s’intitule « Consumo gusto » et son thème est la consommation.

Lors de l'édition précédente, je me suis engagé à ne plus participer à l'échantillon en concours, et j’ai sollicité que l’on me donne l'occasion d'organiser une exposition collatérale différente dans chaque édition.

Cette exposition est le fruit de cette promesse. Dans celle-ci prennent part les artistes Eduardo Abela, Carlos René Aguilera, Rubén Alpízar, Ángel Boligán, Javier Guerra, Reynaldo Pagán, Julio César Peña, Joseph Rosado, Reynerio Tamayo, Ramiro Zardoya et moi.

Les intérêts sont variés. D'une part j’étais très intéressé à aborder ce sujet depuis l'optique des arts plastiques, je voulais ajouter d'autres créateurs des arts visuels qui ne sont pas des humoristes graphiques aux activités de la Biennale de l'Humour et, à la fois, stimuler certains humoristes graphiques à exprimer leurs idées habituelles sur des supports qui ne sont pas ceux de la caricature. J'ai l'impression que toutes ces choses sont obtenues dans l'exposition.

Elle sera ouverte au public jusqu'au 22 avril dans la galerie Villena de l'UNEAC. Elle a lieu à cet endroit car c’est là où je travaille et où j'ai reçu tout l'appui pour la réalisée, dix des onze auteurs qui exposent sont des membres de cette institution, et il me semble que c’est le lieu idéal pour qu'elle soit vue par la plus grande quantité de collègues et de public.

Lors des derniers mois tu as visité des provinces comme Cienfuegos. Il y a un futur dans l'humour graphique dans ces endroits ?

J’ai été dans deux expositions pour la Paix dans les provinces de Cienfuegos et Las Tunas, comme une partie des activités préalables à la Biennale. Nous avons pu voir qu'il y a un futur et qu’il y a un présent. Pedro Méndez humoriste graphique de Santa Clara qui était présent dans l'événement de Cienfuegos a dit : « s'il y a une crise dans l'humour, ce sera à La Havane, car dans le reste du pays il jouit d'une excellente santé ». Je suis d'accord avec lui, quoique non entièrement, mais il y a beaucoup de raisons pour une telle affirmation. À Cienfuegos, nous avons vu tous les humoristes nucléés autour de la publication La Picúa qui se maintient vivante et croît ; à Las Tunas, nous avons perçu un incroyable enthousiasme quant à l'humour graphique.

Comment sont tes liens professionnels au-delà de notre île ?

Je suis toujours engagé dans de nombreux projets. Récemment, j’ai été lié avec une nouvelle publication en Espagne Orsai. J'ai pris part à quelques événements internationaux et je collabore avec les espaces habituels en France, aux Etats-Unis, au Mexique, au Chili et dans d'autres pays où mes dessins sont reproduits.

J'ai quelques invitations pour le second semestre de cette année, en qualité de juré d’événements internationaux.