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Un bref aperçu de la fondation de la ville d’Holguín
Par Mario García Portela Traduit par Alain de Cullant
La ville de San Isidoro d’Holguín a été fondée, deux siècles après le début de la domination espagnole à Cuba.
Illustration par : Jurgen Rodríguez

La ville de San Isidoro d’Holguín a été fondée, deux siècles après le début de la  domination espagnole à Cuba, dans la partie nord-est de l'île, plus précisément dans une petite vallée de 12 kilomètres d'extension appelée Llano de Cayo. La vallée est entourée de petites élévations dont les hauteurs ne dépassent pas les 375 mètres au-dessus du niveau de la mer et traversée, à l’époque, par deux rivières : le Jigüe et le Marañón au nord de la colline de Bayado, aujourd'hui Loma de la Cruz (Colline de la Croix).

Dans cette vallée, dès 1545, se trouvait un cheptel bovin du capitaine García Holguín, dont le nom et le prénom de son saint spirituel, San Isidoro, devinrent populaire celui du village et postérieurement de la ville, pour avoir été le premier propriétaire du site. Cependant, la vérité est que tout le territoire était déjà connu comme Holguín, un nom qui apparaît sur une carte de 1704 comme un endroit de plantation du tabac qui était commercialisé par la Compañía, ce qui démontre que le nom de famille s’était enraciné dans le territoire.

Il est curieux de noter que le nom de famille Holguín ne transcende pas généalogiquement, car le fondateur n'a eu aucun fils, seulement une fille unique et celle, à son tour, a eu trois filles qui ont hérité de ses propriétés, résumées dans les cheptels d’Holguín, d’Uñas et Las Cuevas, délimités par le Cabildo de Bayamo en 1600, à la demande de leurs propriétaires.

Dès les origines du village, la base économique était l’élevage des bovins et des parcelles où étaient cultivés les moyens de subsistance du petit groupe d’habitants liées au capitaine et à sa descendance.

À partir de 1513, quand la ville de San Salvador de Bayamo a été fondée par Diego Velásquez, ce territoire a été inclus dans sa vaste démarcation, concédant ses terres et répartissant ses Indiens parmi les colonisateurs. Le site connu comme le Yayal, à trois kilomètres de la ville actuelle, a été le premier siège hispanique dans la région pour être concédé à don Bartolomé de Fastidia, qui l’a vendu quelques années plus tard à García Holguín, transféré  à Cayo Llano en 1545.

L'évolution historique de ces deux siècles a motivé que lors de la première décennie du XVIIIe siècle, le gouverneur de Bayamo, don Bartolomé Luís de Silva y Tamayo, propose aux résidents qui habitaient le voisinage la construction d'un village à Cayo Llano. Cette motivation était fondée sur des objectifs économiques et familiaux. Pour fonder le village ils ont sollicité le transfert de l'église qui existait dans le Guazumas et qui, en 1692, avait érigé dans la propriété de Managuaco.

Les Holguineros ont réitéré les pétitions pour que le village soit officialisé jusqu’à ce que le roi entende et approuve la notion faite par le gouverneur de Cuba don Alonso de Arco y Moreno à la demande du Doyen de la Cathédrale de Cuba, l’évêque Pedro Agustín Morell de Santa Cruz.

Le 18 janvier 1752, ledit gouverneur proclame la Cédule Royale à Holguín le 1er février 1751, au moyen de laquelle la population est reconnue officiellement, se constituant en Tendencia de Gobierno ayant une propre juridiction ; la structure urbaine est certifiée et les terrains Dehesa et Egidos, appartenant au Cabildo, sont délimités, mais ils étaient dédiés à la subsistance de la population, tout cela a réalisé par don Baltazar Díaz de Priego, arpenteur public de Cuba.

Le premier cabildo (conseil municipal) a eu lieu le 25 janvier de cette année, visant à nommer les charges établies et le lieutenant-gouverneur et le commandant de bord à la guerre au docteur José Antonio de Silva y Ramírez de Arellano, fils du gouverneur de Bayamo, une trentaine d'années plus tard, la ville a été fondée.

Lors de ce Cabildo a été approuvé comme le patron de la ville de San Isidoro et la Virgen del Rosario (le saint patron des Bayazo résidents à Holguín) ; les deux modèles s'affichent dans les armoiries de la ville en 1831. Ils ont été également reconnus comme gardiens de la Ciudad San Miguel Arcángel et de San Isidoro, ce dernier en l'honneur d’Arcos y Moreno pour être son patron catholique.