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Le site archéologique Chorro de Maita
Par Baibrama Traduit par Alain de Cullant
On s’approche au site Chorro de Maita à Banes : la capitale archéologique de Cuba où les chercheurs affirment qu’il a dû être un lieu de contact avec d’autres cultures.
Illustration par : Jurgen Rodríguez

Lors de l'ascension de la montagne par un chemin rocailleux dans le village de Yaguajay, municipalité de Banes, province d’Holguín, on arrive au premier cimetière aborigène d’agriculteurs et potiers trouvé à Cuba. Il s’agit du controversé site archéologique de Chorro de Maíta, un endroit où – on suppose – a eu lieu un contact entre les Indiens et les Hispanique. Là, il y a des évidences de toutes les formes d'inhumation trouvées non seulement dans le pays, mais aussi dans les Caraïbes, ainsi que quelques variantes qui n'avaient jamais été enregistrées.

La transculturation est évidente

En plus de la présence de vaisselles, d’ornements, de fragments de laiton et de cloches espagnoles, se somment des sépultures chrétiennes : le corps allongé, les bras croisés sur la poitrine et les crânes, dans leur majorité, qui ne sont pas déformés.

La confluence d’autres cultures

Depuis le cimetière aborigène de Chorro de Maita, le paysage est un ensemble de tons verts, ocres et bleus, des palmerais, des montagnes et de la mer. Lors d'une visite dans cet endroit paradisiaque, la regrettée Iris Adat nous a expliqué que le site date de la fin de l’an mille quatre cent quarante jusqu’à mille cinq cent quarante, c'est-à-dire avant et après l'arrivée des Espagnols à Cuba.

Chorro de Maita a dû être un lieu de contact avec d’autres cultures. On a retrouvé un médaillon en cuivre - unique à Cuba – propre des Vénézuéliens qui le portent à la hauteur de la rotule  ou des épaules.

Là a été trouvé un squelette humain dont la hauteur d'un mètre soixante-seize dépasse la moyenne des aborigènes. Aujourd'hui, il y a encore beaucoup d'énigmes à déchiffrer à Chorro de Maita.

Un site qui rayonne de culture

Iris Adat, spécialiste du musée du site Chorro de Maita, a expliqué qu'il y a un autre élément convaincant quant à la présence des cultures mexicaines. On a trouvé les restes de ce qui devait être une princesse, à en juger par ses attributs : un collier (un bijou unique à Cuba) composé de corail rose, de quartz, de perles et une tête d'oiseau en or, appelée Inrirri dans la mythologie arawak.

On dit que l'oiseau perforait le sexe féminin  et qu’il a créé l’ethnie Arauca. La façon dont ces objets sont arrivés au Chorro de Maita reste une question ouverte, cependant, ne peut pas oublier que Cuba a été peuplée par des vagues successives d’aborigènes, provenant de différents confins.

Banes : la capitale archéologique de Cuba

Quatre-vingt seize sites ont été officiellement enregistrés dans la municipalité de Banes, une zone déclarée capitale archéologique de Cuba. Même si l’on parle de l'éventuelle existence d'une province aborigène, la vérité est que dans cette région il n’y a plus de descendants de la culture Taïno, mot qui signifie « je suis bon ou je suis doux » en langue Arawak.

Les Holguineros, pour perpétuer la mémoire aborigène, ont institué une idole symbolique faite de coquillage, recréant une femme donnant des offrandes, et cette idole est donnée aux personnalités visitant le territoire. Aujourd'hui, dans le musée du site de Chorro de Maita se trouvent, comme les témoins du temps, un cimetière et un village Taino recréant la vie aborigène de l’ancienne île.