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Les « Romerías de Mayo »
Par Baibrama Traduit par Alain de Cullant
Les « Romerías de Mayo », une célébration traditionnelle du XVII siècle à Holguín, est devenue festival des jeunes artistes et intellectuels du monde aujourd’hui.
Illustration par : Jurgen Rodríguez

Les « Romerías de Mayo » se sont converties en un festival des jeunes artistes et intellectuels qui, par ses caractéristiques spécifiques, rassemble dans la ville cubaine d’Holguín des milliers de participants de différents pays, transformant l’appelée Ville des Parcs en une grande scène où les arts plastiques, la musique, la danse et le théâtre convergent en un point unique pour lui donner chaque année des touches de couleurs lors des premières semaines du mois de mai.

Le 3 mai 1790, le frère Antonio Joseph Alegre, populairement connu comme Alegría, prieur de l’Ordre de Saint François dans cette ville, est monté au sommet du Cerro del Bayado (la Colline de Bayado) avec une croix de bois sur l’épaule afin de la placer à la cime de cette élévation et de marquer le nord géographique d'Holguín, ce point pouvant ainsi être vu depuis différents angles de la ville comme un symbole catholique - commun dans les colonies espagnoles en Amérique - afin de protéger le peuple contre les épidémies, les catastrophes naturelles ou les malédictions.

Les Romerías de la Cruz de Mayo étaient célébrées chaque 3 mai à Holguín. Elles consistait en une procession partant de l'église paroissiale, empruntant la rue San Isidoro, aujourd’hui rue Libertad, et allant jusqu’au sommet de la colline. Une messe était réalisée sous la croix et, ensuite, une célébration commençait jusqu'au lendemain. Comme toutes les festivités, c’était le résultat d'une manifestation sociale spontanée, basée sur la sensation d'un peuple, et il y a toujours une partie de tradition, de culture, de divertissement et de religion.

Au fil du temps, cette fête catholique a transcendé pour devenir populaire, mais le peuple, traditionnellement, allait jusqu’au sommet de la Loma de la Cruz, certains attirés par les croyances religieuses, d'autres pour accomplir des promesses ou pour danser, boire et jouer, malgré la difficulté que résultait l’ascension de cette élévation.

Postérieurement, pour donner une plus grande splendeur aux Romerías et faciliter l'accès à la croix, Oscar Albanés Carballo, président des Chevaliers Catholiques, a proposé la construction d’un escalier ; un fait qui distingue actuellement notre ville. Des fonds ont été récupérer, la construction a duré 23 ans et les 458 marches, l’oratoire composé par une petite place en forme de balcon et la croix sur un piédestal comme autel ont finalement été inaugurés le 3 mai 1950, en plus, le fort a été reconstruit ainsi qu’une rotonde.

Depuis 1994, l'Association Hermanos Saiz (AHS) a fait de l'intention religieuse une festivité populaire afin de convertir Holguín en une grande scène où la poésie, la danse, le théâtre, la musique et l’audiovisuel aient leur espace, sans que manque la réaffirmation humaniste et révolutionnaire.

La renaissance de cette célébration est basée sur l'idée de recréer une tradition d'origine religieuse, enquêter sur son essence, la sortir de son contexte et la convertir finalement en une grande fête de tradition et de modernité incluant en plus du pèlerinage, un slogan, un logo, un hymne et la Hache d’Holguín comme symboles.

Cette célébration se poursuit avec un concert en haut de la Loma de la Cruz, un site où est présent durant plusieurs jours la hache aborigène, témoin de ces fêtes dés qu’elles ont été sauvées par l'Association Hermanos Saiz.

Les Romerías de Mayo sont peut-être les grandes fêtes de la culture cubaine : les plus importantes pour leur pluralité, pour la diversité des événements où les protagonistes sont les poètes ; les chanteurs ; les rockers ; les rappeurs ; les groupes folkloriques ; les plasticiens, depuis les plus traditionnelles ou naïf jusqu’aux créateurs de performances ; les artistes scéniques ; les cinéastes, ou simplement les artistes audiovisuels. Tous ces créateurs, à côté du peuple, envahissent les rues, les parcs ou les institutions culturelles pour s'exprimer, pour écouter les autres, pour se développer et aussi pour s'amuser.