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Amadeo Roldán : Une gloire de la musique cubaine
Par Nancy Robinson Calvet Traduit par Alain de Cullant
La vie et l’œuvre d’Amadeo Roldán : Un de précurseur de la musique symphonique à Cuba.
Illustration par : Jurgen Rodríguez

Amadeo Roldán avait encore beaucoup de musique à écrire quand il est décédé. Comme un autre musicien complet et total, Alejandro García Caturla, il est mort jeune, et les deux ont le mérite d’avoir ouvert les portes de la musique symphonique à Cuba.

Né à Paris, en France, de mère cubaine et de père espagnol, dès son enfance Amadeo a reçu les effluves de la musique grâce à sa mère, car elle l’a mis en contact avec le piano. Ensuite, il a reçu des classes de violon, d'harmonie et de composition de la part d'excellents professeurs. C'était un véritable artiste, il a écrit une de ses premières compositions, Suite en sol majeur, à l'âge de 16 ans.

Un an plus tard, Amadeo Roldán reçoit le prix Sarasate, dans la catégorie de violon. Ce prix lui permettra d’avoir une place de violoniste dans le célèbre Orchestre Philharmonique de Madrid et de réaliser une tournée de concerts dans plusieurs villes espagnoles.

Ses voyages lui ont permis de venir dans sa patrie maternelle. À Cuba il travaille comme professeur et dans de nombreux orchestres jusqu’à ce qu'il fasse partie de l'Orchestre Symphonique de La Havane, sous la direction de l'éminent Gonzalo Roig. Lors des années 1920, il change son poste derrière les pupitres des orchestres philharmonique, symphonique et d’autres ensembles de musique de chambre pour travailler dans des endroits moins sélects en raison de mauvaises conditions économiques.

Un souffle différent palpitait dans le coeur du compositeur. La muse de nos racines se réveille en 1925 et il compose Obertura sobre temas cubanos ; là sont présents pour la première fois nos éléments du folklore musical. De cette manière et allié à notre grand romancier Alejo Carpentier, il organise des concerts de Musique Nouvelle approchant ainsi les masses populaires aux chef-d’œuvres de la musique universelle de l’époque.

Le brillant interprète et le compositeur prolifique ne se détient pas, depuis le Quatuor de La Havane, comme un premier violon, il joue avec le grand pianiste et compositeur espagnol Joaquín Turina, à cette occasion il étrenne et inscrit pour la postérité Tres pequeños poemas.

À la fin de la décennie il créé son célèbre La rebambaramba. À cette même époque, sous sa propre direction, on entend sa première audition avec l'Orchestre Symphonique de La Havane, Milagro de Anaquillé, ensuite il laisse Rítmicas pour le futur.

Ses contacts avec l’avant-garde de cette époque dans le domaine de la musique lui permette non seulement de se présenter comme soliste ou chef d'orchestre mais aussi comme conférencier.

Il fonde l'École Normale de Musique de La Havane avec l'éminent César Pérez Sensenat et, malgré sa jeunesse, grâce à son expérience et ses solides études, il est nommé à la tête de l'Orchestre Philharmonique de La Havane.

Ses œuvres commencent à être connues non seulement à Cuba mais universellement. En plus d'assumer l'avant-garde artistique, il se place également à côté de citoyens exemplaires, unis dans le Grupo Minorista et avec Don Fernando Ortiz il permet de prolonger les valeurs les plus enracinées du folklore africain mélangées avec l'héritage espagnol, méprisées par les puristes et les réactionnaire de cette époque. Comme je le disais au début de ces lignes, lors de cette même période apparaît un autre jeune compositeur, lui aussi une gloire de la musique cubaine, Alejandro García Caturla.

Amadeo Roldán décède le 2 mars 1939, alors qu’il occupait le podium de l'Orchestre Philharmonique de La Havane, mais son nom s'élève magnifique et prolifique dans les écoles d'art musical, dans le théâtre qui porte son nom et qui continue sa route de promotion comme hier quand, grâce à Alejo Carpentier, il a organisé les Concerts de Musique Nouvelle afin que tous les gens apprécient les plus exquises sonorités cubaines et du monde.