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Manuel Pérez Paredes : Prix National de Cinéma 2013
Par Ailyn Martín Pastrana Traduit par Alain de Cullant
La trajectoire cinématographique de Manuel Pérez Paredes : Le réalisateur du filme « El hombre de Maisinicú ».

Le réalisateur Manuel Pérez Paredes a été reconnu avec la plus haut distinction qu’accorde l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (ICAIC), le Prix National de Cinéma 2013, une institution dont il est l’un des fondateurs.

Manuel Pérez, qui avoue être un cinéclubiste de formation et un cinéaste de  vocation, affirme qu'il a commencé sa vie politique et sociale à travers le cinéma. Comme fondateur de l'ICAIC, il a eu le privilège de vivre les grands événements de la culture nationale et internationale. La trame infinie qu’est notre identité, cette essence intangible mais perceptible qui nous unit en tant que Cubains, est la passion éternelle de ce cinéaste.

Il a eu des préoccupations pour le septième art dès son jeune âge, faisant partie du groupe de jeunes qui ont intégré la Société Culturelle Cinéclub Vision, d’où sont sortis les cinéastes qui se sont intégrés ensuite à l'ICAIC récemment créé.

« Il y avait Alfredo Guevara, Tomás Gutiérrez Alea (Titon), José Massip et Julio García Espinosa, qui avaient une certaine expérience professionnelle, et nous étions les cinéclubistes, qui lisions, voyions et débattions sur le cinéma. En sens générale, nous tentions de nous cultiver mais nous n'avions aucune préparation pratique. J’ai commencé comme assistant de direction en 1959. Le but à l'époque était que nous apprenions le métier sur le tas », a déclaré Manuel Pérez Paredes en exclusivité pour la revue Cubacine.

Lors de ses travaux en tant qu’assistant de direction, il a eu l'occasion de travailler avec Titon, Santiago Alvarez et Julio. « J'ai travaillé dans La batalla de Santa Clara avec Titon. De lui, je me souviens surtout de son sérieux et de son organisation. Il est très talentueux, mais je n’ai pas participé à son étape créative car nous ne nous connaissions pas encore dans les années 60. Mon travail avec Julio a commencé avec Juan Quin Quin. La relation était très étroite car c’était une personne très cool, avec qui il était très facile de travailler, en plus nous nous étions liés d’amitié précédemment. Pour Santiago, je peux dire que c'était mon ami, mais nous n’avions jamais travaillé ensemble, quand il partait en voyage, je le remplaçais dans le Noticiero ICAIC Latinoamericano. Je n’ai pas eu l’étroite relation de travail que d’autres avaient mais je me sens très identifié à son œuvre ».

À près de quarante ans de la première de El hombre de Maisinicú (1973), un des plus grand succès du cinéma cubain, le réalisateur a avoué : « Quand nous faisions ce film nous ne pensions pas en ce-ci, nous voulions seulement qu’il soit bien. Nous savions que le sujet était proche du public, mais il était impossible de prédire ce qui s'est passé réellement : près de 2 millions de spectateurs pour un film qui n'était pas pour tous les âges. Ce fut une surprise agréable ».

Entre 1988 et 1992, le Prix National de Cinéma 2013 a travaillé comme directeur de l'un des Groupes de Création de l'ICAIC, une structure au moyen de laquelle on organisait le travail créatif des réalisateurs de documentaires et de films de fiction en cette époque. Là sont apparus des jeunes talents tels que Juan Carlos Tabío avec Se permuta ; Rolando Díaz avec Los pájaros tirándole a la escopeta ; Fernando Pérez avec Clandestinos ; Daniel Díaz Torres avec Jibaro...

« Les directeurs se regroupaient par affinités – plus personnelles qu’esthétique -, à la recherche de transparence et de démocratie. Le groupe supposait une grande authenticité, on critiquait ou mettait le veto sur les projets, mais de façon constructive. Plus précisément, mon groupe a eu de la chance. Nous avons discuté et aidé à réaliser des projets tels que La bella del Alhambra – bien qu’Enrique Pineda Barnet l’avait très bien pensé, le groupe contribuant seulement à l’apport de quelques idées -, Alicia en el pueblo de Maravilla, Adorables mentiras, Hello Hemingway, Bajo presión, en plus de documentaires et de courts-métrages de fiction. Madagascar a été le dernier projet que nous avons fait », a commenté Manuel Pérez.

Comme on le sait, les cinéastes considèrent leurs films comme leurs enfants. Cependant, Manuel Pérez affirme que parmi ses productions cinématographiques « celles qui m’intéressent le plus sont El hombre de Maisinicú et Páginas del diario de Mauricio (2006). Pour différentes raisons, ce sont les deux films avec lesquels je me sens le plus identifié au niveau de mes intentions créatives. Ils sont le premier et le dernier film. »

Sa filmographie des longs-métrages est complétée par Río Negro (1977) et La segunda hora de Esteban Zayas (1984), en plus des documentaires Cinco Picos (1960), Caimanera (1961), Pueblo de estrellas bajas (1962), Era Nikel Co. (1962), Grandes y chiquitos (1966), De viaje con los mejores (1967), La sexta parte del mundo (1977), Del otro lado del Cristal (1995), Che Guevara: donde nunca jamás se lo imaginan (2004) et La Solidaridad Internacional (2004) – de la série Cuba: Caminos de Revolución -. Il a été scénariste dans les films Operación Fangio (1998), Pata Negra (2000) et La mafia en La Habana (2000).

Manuel Pérez a représenté le cinéma et la culture cubaine dans des rencontres, des forums, des congrès et des festivals sous toutes les latitudes. Il fait partie de la première génération du « nouveau cinéma latino-américaine », il est associé au cinéma engagé dans la défense des causes les plus progressistes et des mouvements de libération. Il est un des fondateurs du Comité des Cinéastes d'Amérique Latine et de la Fondation du Nouveau Cinéma Latino-américain, où il participe en tant que membre de son Conseil Supérieur et de son Conseil de Direction.

En plus de son propre travail, Manuel Pérez a été assesseur de dizaines de films d'autres réalisateurs. Actuellement, il poursuit son travail en tant que cinéaste avec la préparation du scénario de son prochain film.