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Les forteresses espagnoles à Baracoa
Par Alejandro Hartmann Traduit par Alain de Cullant
Les Espagnols ont oublié Baracoa durant deux siècles, quand la capitale fut transférée à Santiago de Cuba en 1515.
Illustration par : Janler Méndez Castillo

Les Espagnols ont oublié Baracoa durant deux siècles, quand la capitale fut transférée à Santiago de Cuba en 1515. Ceci a provoqué que la ville se convertisse en un point important pour les corsaires et les pirates des Caraïbes.

Un système de défense a été construit à partir de la première moitié du XVIIIèmè siècle, étant donné les incidences commerciales, le développement de la contrebande avec les corsaires, la piraterie et l'accroissance des rivalités entre l'Espagne et l'Angleterre, ayant une présence notable, d’une façon ou d’une autre, dans la ville.

Ce dernier facteur est déterminant pour que le Capitaine Général de l'Île, Juan Francisco Güemes Horcasitas, en 1739, commence à prendre des mesures de sécurité. Il ordonne immédiatement au gouverneur de Santiago de Cuba, Francisco Antonio Cajigal, de faire une méticuleuse étude topographique de la ville afin de créer les conditions propices de défense.

Le Capitaine et Commandant d'Armes de Baracoa, Pedro Oviedo, est chargé de ce travail, de 1739 à 1742 a fait levé quatre fortifications. Cet ensemble protège la Ville dans sa totalité (1).

Majana

Majana a été la première défense, elle a commencé à être construite en 1739. Elle a pris le nom indien de la terrasse marine située à l'extrémité Est de l'anse de Playa de Miel. Elle protégeait l'ancrage, où les navires qui allaient à La Havane ou venaient par la route du Vieux Canal des Bahamas étaient amarrés à quai (2).

Fort Matachín

C’est la seconde fortification construite sur la Punta de Esteban, en direction opposée à celle de Majana. À cette époque elle était appelée défense de Playa de Miel ou de Punta de Esteban. C’est au début du XIXème siècle qu’on lui donna celui de Matachín, on ne sait pas quand exactement ni pourquoi. Cette forteresse permettait de protéger l'entrée de la ville par terre, en plus de la plage et de l'anse de Miel.

En 1868, c'était un point de garde de l'Armée Espagnole pour la reconnaissance et l’enregistrement des personnes qui sortaient ou entraient de la ville. Le peuple a protesté pour l'arbitraire de cette mesure, abolie en 1887 et réimplantée en 1895.

Après l'instauration de la pseudo république à Cuba, ce qui a été d'abord un bastion contre les pirates et ensuite une caserne espagnole, a servi, au cours des années, de « toit » à un groupe de familles désespérées qui, sans maison où s’abriter, s’y rendaient à la recherche d’un refuge. Il y avait tant malheurs chez les tristes dépossédés qui s’y protégeaient du froid et des intempérie, qu'une dénomination fatidique lui a servie de nom : Le Château Maudit.

Là, le 10 octobre 1981, a été inauguré le Musée Matachín. Un Musée qui reprend l'histoire de Baracoa, depuis les cultures indigènes jusqu'aux faits les plus significatifs de la région durant le XXème siècle (3).

Le château Seboruco ou de Santa Bárbara

Cette troisième construction est la plus importante. Depuis sa hauteur on contrôlait tous les possibles lieux de débarquement, la baie de Baracoa, l'anse et la plage de Miel et l'axe urbain, Est-Ouest, de la ville. Elle a été dotée d'une artillerie lourde et moderne pour une meilleure défense de la place, avant 1800.

Entre 1854 et 1868 elle a subi plusieurs petites transformations. En 1898, lors de l'occupation étasunienne, elle a été destinée au logement de ces troupes. Par ordre du Gouverneur interventionniste de l'île, Léonard Wood, certaines extensions ont été faites, conclues en 1900.

Quelques années plus tard, en 1907, la toiture a été emportée par le vent et un budget a été obtenu pour sa réparation. En 1915, le nom de Château Seboruco a été remplacé par celui de Château Julio Sanguily, en souvenir du courageux général de l'Armée Libératrice.

Le château a toujours été un centre militaire jusqu'au 31 décembre 1979, quand il a été converti en un hôtel confortable (4).

La Punta

Cette fortification est érigée dans la partie nord de la ville. Sa fonction était de protéger l'entrée du port, la côte, la Playa de Miel et la ville. Son parapet mesure plus de 57 varas (ancienne mesure de longueur, 0,835) et avec la muraille plus de 87.

Elle était la garnison d’un détachement de 46 fantassins et de 6 artilleurs. Elle était défendue par cinq canons de différents calibres. Là, en 1854, ont été emprisonnés le patriote cubain Félix Estrampes et ses compagnons Félix et Elías Hernández.

Pendant plusieurs années, lors de la période prérévolutionnaire, elle a abrité le premier bureau de radiotélégraphie de la ville. Elle a été très célèbre pour des centaines de jeunes du quartier qui allaient nager dans l’appelé « Baño de la Punta ».

Ses murs extérieurs gardent une triste histoire, l’assassinat de deux jeunes baracoanos qui luttaient contre la tyrannie de Batista : Eddy González et Manuel Fuentes Borges, tombés le 31 octobre 1958.

Là, actuellement, se trouve le restaurant « Guamá ».

Notes :

1- Blanes Martín, Tamara : Baracoa. Desarrollo de sus Fortalezas ; dans la revue Santiago Nº 63, page 2

2- Blanes Martín, Tamara : Baracoa. Desarrollo de sus Fortalezas ; dans la revue Santiago N° 62

3 - Hartman Matos, Alejandro : Museo Municipal Matachín ; dans la revue El Managui, année 1, Nº 2, 1986, page 11

4 - Hartman Matos, Alejandro : El Castillo Seboruco, hoy Hotel Castillo ; dans Baracoa, síntesis históricas de nuestros Monumentos, Ateliers de l'EMP Baracoa, 1980, page 11