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Bayamo, une ville séduisante malgré le passage du temps
Par Mailenys Oliva Ferrales Traduit par Alain de Cullant
San Salvador de Bayamo, le berceau d'illustres patriotes et de l'hymne national arrive à son 500 anniversaire.
Illustration par : Sandra Delgado

Bayamo, le berceau d'illustres patriotes, de l'hymne national et de la nation cubaine, imprégnée avec le sang créole à partir de 1868, arrive à son 500 anniversaire. Ce village prospère a été choisi le 5 novembre 1513 comme endroit pour établir la deuxième ville de Cuba.

Sur l’alors terre caribéenne récemment « découverte », pleine de pacifiques aborigènes, le conquistador espagnol Diego Velázquez a commencé à poser ses yeux et son intérêt sur cette communauté précolombienne qu’il baptisera deux ans plus tard, en 1515, comme San Salvador de Bayamo.

Diego Velázquez n'a jamais supposé qu'après trois siècles de domination imposée par la couronne, où il avait seulement trouvé la bonté payée ensuite avec l’exploitation, que ce serait précisément l’endroit où a germé les premières idées indépendantistes et, un peu plus tard, où a brûlé la flamme de la liberté.

Le berceau de la nationalité cubaine

Même si ce n’est pas une des plus grandes villes du pays, Bayamo thésaurise dans ses rues, ses institutions, ses maisons ou à n'importe quel endroit, une partie importante de l'Histoire de Cuba.

Son statut de ville Monument National est une juste reconnaissance de la valeur patrimoniale d'un grand nombre de ses édifices, pour le sang versé par ses fils rebelles lors de tous les processus révolutionnaires et, entre autres, au mérite unique d’avoir été la seule ville victime des flammes, incendiée par les propres bayameses (habitants de Bayamo) en faveur de la Patrie libre.

San Salvador de Bayamo s’est aussi enveloppée d’un certain air mythique, ce qui la rend enchanteresse et séduisante pour ceux qui ont l'intention de faire des recherches de son histoire.

La chapelle de Nuestra Señora de los Dolores, une annexe de la cathédrale, qui a survécu aux cataclysmes, à l’incendie de la ville et au pillage et à la contrebande de pirates, magnifie cette condition.

Inaugurée en 1740, cette relique artistique, ayant un autel baroque et un retable de bois incrusté d’or, a révélé après un processus de restauration réalisé en 2001, une peinture murale qui est l'une des plus anciennes du pays selon les historiens et les chercheurs.

Son caractère patrimonial compte aussi la conservation des restes du porche du premier cimetière en plein air de l’île, dans un parc de la ville, connu comme le Retable des Héros, lequel a eu comme antécédent le clocher de l'église de San Juan Evangelista, fondée en 1702.

Grâce à ces caractéristiques, on spécule que c'était même le premier de son genre en Amérique Latine, où a été également enterré l'éminent patriote Francisco Vicente Aguilera.

Des institutions de haute valeur patrimoniale telles que la Maison de la Culture (maison natale du patriote Donato Mármol), l’hôtel Senado (Mairie de Bayamo en 1868), la Bibliothèque 1868, le Palais des Pionniers, le théâtre José Joaquín Palma et la Maison de la Nationalité, font partie de la culture et de la tradition, ainsi que le Musée « Maison Natale de Carlos Manuel de Céspedes et la poste, Maison Natale du Major Général  Pedro Figueredo où a été constitué le Comité Révolutionnaire de 1868, et, bien qu’il ait subi des modifications, le siège du Gouvernement Municipal (le premier Quartier général de la République en Armes), parmi d’autres, tous ayant un excellent niveau de conservation.

Toutes ces institutions sont situées à proximité de l’historique Place de l'Hymne (où a été chantée pour la première fois la marche de la guerre), appartenant au centre historique de la ville, le centre des flammes en 1869 et, aujourd'hui, considéré aussi comme un Monument National.

Les maisons patrimoniales d'hier et d'aujourd'hui

Plus d'une centaine de bayameses habitent, en plein XXIe siècle, des édifices datant du 17e et du 18e, ces constructions sont non seulement très résistantes au passage du temps mais sont aussi d'importantes bastions du patrimoine de Bayamo.

Yudelys Tornes, spécialiste en conservation du bureau du patrimoine de la ville, explique qu'il y a 33 immeubles particuliers possédant un degré de conservation « un », n’ayant subi aucune modification attentant contre leur originalité. Mille quarante autres logements ont un degré de protection « deux », c'est-à-dire que, malgré le maintien du style, ils ont subi des transformations et, en moindre mesure, se trouvent ceux des degrés de protection « trois » et « quatre ».

La spécialiste a précisé : « En plus de l’année de construction, le type de style a aussi une influence. Notre ville compte principalement le style colonial, prédominant dans les bâtiments du XVIIe siècle, avec une façade lisse et couverts de tuiles, et l'éclectique, des XVIIIe et XIXe siècles, où se soulignent les balcons, les péristyles et les nombreuses décorations sur les façades. Bien que de nombreuses de ces maisons soient endommagées, elles ont une haute valeur patrimoniale car c’est un des rares héritages que nous avons du Bayamo des siècles avant l’incendie. La plupart se trouvent dans le centre historique et d'autres sont dispersés dans des rues telles que Lora et Mármol ».

Une vue des 500 ans

Pour la célébration des  cinq siècles de la fondation de la deuxième ville la plus ancienne de l'île, les différentes institutions gouvernementales et culturelles sont en train de restaurer plus de 150 édifications, parmi lesquels se trouvent des parcs, des monuments, des logements et des institutions.

On mettra un accent spécial sur la nécropole de la ville à cause de son degré de détérioration, là se trouvent 85 tombes de grande valeur artistique, compte tenu de la qualité et de la beauté dans la finition des œuvres, ainsi que la variété et la beauté des éléments décoratifs des cryptes, tels que les croix, les anges, les niches, les grilles et les portes. Ce cimetière centenaire garde les restes des personnalités comme les musiciens Sindo Garay et Salvador Alarcón, la poétesse María Luisa Milanés, le pédagogue Víctor Montero, l’avocat Elpidio Estrada, ainsi que des patriotes des guerres d'indépendance.

La célébration du 500e anniversaire prévoit aussi la réédition des livres patrimoniaux comme Cantos al Siboney, de José Fornaris et Ecos de la Selva, d’Ursula de Céspedes, lesquels n’ont jamais été réédités depuis leur première publication, au XIXe siècle.

Avec ses 500 ans, pour ses charmes et ses mystères, Bayamo continue à étonner ceux qui seront toujours enchantés par cet endroit de l'île, un lieu non seulement représentatif de l'histoire de la patrie mais aussi où confluent les croyances, les coutumes, la culture et la tradition.