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Lettres de Cuba, l’audace de la culture cubaine sur Internet (I)
Par Carlos Alberto Más Zabala Traduit par Alain de Cullant
Une revue culturelle numérique en français, qui prétend diffuser la culture cubaine vers le monde francophone.
Illustration par : Janler Méndez Castillo

Lettres de Cuba a fêté son septième anniversaire en janvier 2011. Cette initiative entreprise par Cubarte, à la demande du Ministre de la Culture, dans le but de contribuer à la diffusion culturelle de l'Île, et plus que cela, au dialogue interculturel en langue française, ouvert et transparent, entre égaux et sans caractéristique ethnocentrique, est aujourd'hui un fait palpable et incontesté, avec de très solides prétentions de chronicité.

Son surgissement en janvier 2004 est la conséquence de plusieurs croisements ou intersections. D'une part, la culture cubaine avait commencé un processus trois ans auparavant, en 2001, au moyen duquel elle se lançait à la conquête d'Internet comme un important instrument de promotion culturelle, à travers des portails et des sites Web comme Cubarte, La Jiribilla, CubaLiteraria, Cubaescena, Cubacine, ainsi que des portails de toutes les provinces du pays et des sites en quantité croissante des communes et des institutions (Más Zabala, 2008)

 

Cette appropriation que Cuba ferait du réseau des réseaux ne s'avérait pas accidentelle. C’était, à ne pas douter, entamer un défi sur une scène où prédominait l'hostilité des grands médias envers Cuba, le harcèlement médiatique d'une teinte idéologique marquée, uni à un croissant mercantilisme d’Internet et à une manipulation de la culture comme instrument d'évasion à travers l'industrie du divertissement. La politique de blocus nord-américain contre l'Île n'avait pas pu empêcher plus longtemps l'accès des Cubains à Internet, même s’il nous a maintenu durant de nombreuses années à la traîne des avances technologiques.

 

Un premier but que nous pourrions caractériser comme « être » sur Internet ayant été atteint, un vaste éventail d’options ou de nouveaux défis de très diverses nature s’ouvrait à la culture cubaine. L’un d'eux, peut-être le plus important, était de tenter de promouvoir la culture cubaine, dans sa diversité, sa décentralisation, ses multiples manifestations, sa polyphonie de voix, ce qui requérait beaucoup de créativité, briser des barrières et des préjugés et, surtout, assumer cette scène comme quelque chose de propre et d’indispensable dans ces nouveaux temps.

 

Un autre défi consistait à ouvrir des espaces pour que le journalisme d'opinion permette à l'intellectualité cubaine de s'exprimer, de participer, de contribuer avec ses apports. Il faut avoir à l’esprit que durant la décennie précédente, suite à l’appelée « période spéciale », les publications périodiques cubaines étaient pratiquement tombée dans un état de subsistance, c’est pourquoi l'option qui s’est ouverte à travers les publications numériques est devenue l'oxygène nécessaire qui permettrait de recomposer le débat public de la culture cubaine.

 

Lettres de Cuba I

 

En décembre 2003, un groupe de spécialistes est chargé de la conception et de l'élaboration d'une revue numérique, visant le monde francophone, et écrite, naturellement, en français. Il s'agissait de fortifier les ponts avec la « francophonie » du vieux monde, très affaiblis par les maladresses politiques de l'Union Européenne en ce qui concerne Cuba, et plus loin, de convoquer et de nous reconnaître dans la vaste et riche production culturelle des pays africains, arabes, asiatiques et de nos Caraïbes, épurés par une histoire commune de colonialisme et de luttes identitaires.

 

C’est ainsi que Cubarte reflétait la publication de Lettres de Cuba en février 2004 :

 

« Une revue culturelle numérique en français, qui prétend diffuser la culture cubaine vers le monde francophone et, à son tour, offrir un espace aux voix et à la pensée de cette communauté, autant qu’elles expriment les fils et les vases communicants qui l'approchent à la plus grande des Antilles et à sa vocation universelle »

 

La stratégie éditoriale formulée considérait que la revue soit dirigée à un public divers, plutôt cultivé, de sorte qu'elle inclue des lecteurs ayant de plus vastes intérêts que celles des publications purement informatives ou de divertissement, dans le but de promouvoir la culture cubaine, en mettant l’accent sur les points de dialogue et les processus interculturels avec le monde francophone, au moyen de thèmes parvenant à motiver la plus grande quantité de pays de langue française. Tout ceci avec une importante qualité artistique quant à son dessin et beaucoup de propreté dans l'impression du texte afin qu’elle résulte attractive et accessible.

 

Lettres de Cuba naîtrait articulée au Portail de la Culture Cubaine en français, un espace fondamentalement informatif ayant la prétention d'offrir un panorama de la culture cubaine à travers des sections d'intérêt comme les éphémérides, les personnalités et les prix les plus significatifs, les liens vers le système institutionnel de la culture et d’autres services. De telle sorte que Lettres lui apporterait son flux de pensée et de création avec un espace qui reprendrait ses sections habituelles.

 

Il n'y a pas de doutes qu’il s'agissait d'un projet extrêmement ambitieux, un véritable défi qui devrait affronter de très divers problèmes allant de l'obtention des originaux de haute qualité et des thématiques d'intérêt, de la conquête de l'intellectualité cubaine pour qu'elle offre ses apports et ses contributions, de la recherche de vases communicants entre Cuba et toute expression de la « francophonie », depuis la remarquable illustration française jusqu'à la Révolution haïtienne, depuis les intérêts indépendantistes les plus chers des ex colonies jusqu'aux curiosités les moins connues des Antilles, depuis les plus importantes voix d'ici ou de là-bas jusqu'à ce qui nous fait mal et nous pèse. Et, avec tout cela, mais comme un lest qui ralentissait tout, la traduction, cette chimère de Babel que ni même la révolution technologique est parvenue à mitiger.

 

Contexte I

 

La révolution technologique contemporaine a un impact sur les moyens et les relations de production, elle les transcende pour pénétrer et transformer tous les secteurs de l'activité humaine. Ceci implique de sérieux défis pour la culture. Vu comme création humaine dont la nouvelle technologie fait part aussi. Vu depuis un prisme historique national. Vu dans l'universalité de l'humanisme et ses valeurs suprêmes.

 

Pour Cuba, la prise en charge des technologies de l'information et des communications se produit au milieu des limitations naturelles d'un pays en développement, aggravées par le blocus économique et commercial de la puissance impériale, qui a rendu impossible notre accès à Internet jusqu'en 1996, et a empêché jusqu'à ce jour la liaison aux canaux de fibre optique sous-marin qui nous entourent, nous rendant dépendants de la communication par satellite, plus chère et de moindre prestations. Entre-temps, Cuba avait créé les bases éducationnelles pour l'appropriation massive des TIC depuis plus de 40 ans, avec un niveau d’analphabétisme pratiquement inexistant et d'une scolarité moyenne de 10,8 degrés. En consacrant plus de 8% de son PNB à l'éducation, Cuba se plaçait parmi les 5 premiers pays du monde (PNUD, 2004).

 

L'accès à l'information constitue un des mythes des nouveaux temps. En à peine quelques années, grâce au développement des communications informatives, les complexes processus d'auto reconnaissance et de production symbolique, inhérents à l'homme en société, sont passés d'un cadre référentiel plus ou moins circonscrit à un environnement planétaire, « le village global » de McLuhan. Le bombardement informatif – apparentement objectif – répond aux intérêts pour le moins oligopolistiques, d’où une façon de penser ou de voir les choses s’érige comme un angle unique et indiscutable : « Il y a une uniformité obligatoire hostile à la diversité culturelle de la planète » (Galeano, 1998).

 

La connaissance souffre alors un processus complexe de mercantilisation qui n’est pas bien discuté publiquement, entrant en contradiction avec l'affirmation de l'UNESCO : « … au XXIème Siècle, la science doit se convertir en un bien partagé solidairement au bénéfice de tous les peuples, » (l'UNESCO, 1999).  

 

La supposée démocratisation et accès à la connaissance que la révolution technologique a représenté pour certains, nous posait le danger dérivé que si la recherche et l'utilisation des informations du réseau des réseaux n'étaient pas accompagnées d'un discernement critique, à partir de liens profonds avec la culture autochtone, nous sommes en risque de transiter vers un aplatissement et une standardisation très nuisibles, comme le démontre la vie chaque jour. D'autre part, si elle n'est pas accompagnée de génération de connaissance et de publication sur le Web, nous nous condamnons à la « disparition probabiliste », c'est-à-dire, à la non-existence.

 

C'est dans ce contexte que le Ministère de la Culture (MINCULT) de la République de Cuba a créé, en 1993, le Centre d'Informatique et des Systèmes Appliqués à la Culture (CEISIC), dans le but de réaliser les études et de promouvoir les propositions contribuant à l'appropriation des TIC ayant des fins culturelles, leur extension dans tout le territoire national et afin de former les ressources humaines dans l'habileté nécessaire que les nouvelles technologies exigeraient (MINCULT, 1993).

 

L'utilisation des nouvelles technologies comme une partie du développement culturel a résulté un processus progressif, en partie à cause des limitations du pays, en partie à cause des appréhensions logiques que toute nouvelle technologie suscite, en partie à cause de l'attachement aux manières traditionnelles qui caractérisent le secteur artistique et littéraire. Toutefois, la force de la culture nationale, sa tradition et son enrichissement permanent, sa volonté sociale pour le développement culturel s'est avérée suffisamment puissante pour qu'on n'exprime « aucune incompatibilité essentielle entre la Technologie, d'une part, et le Monde et la Culture, de l’autre » (Alba Rico, 2004).

 

Lettres de Cuba II

 

Sept ans de publication, bien que ce ne soit pas une énormité, constituent une période suffisamment vaste pour évaluer la portée et la signification d'une revue culturelle. Son groupe de rédaction et son conseil éditorial ont obtenu une stabilité rarement vue dans ce genre de publication, ce qui confirme son succès initial et le principe de la continuité nécessaire dans des entreprises de ce type.

 

On pourrait affirmer sans vacillation qu'elle a maintenu la même syntonie depuis son premier numéro. Et une belle et uniforme conception artistique, bien que le milieu numérique évolue et oblige à des marches forcées. Il faut signifier en premier lieu que durant les 84 mois depuis son lancement, la revue Lettres de Cuba est sortie à l'éther ponctuellement. Intimement en relation avec cela, elle s’est maintenue sur Internet, visible, accessible et prometteuse de façon ininterrompue.

 

Elle a maintenu les sections nées avec la revue, à savoir, rencontres, lettres, arts, trésors, interview et la galerie. En 2007, le conseil éditorial lui a incorporé une nouvelle section « lire Martí », dédiée à l'œuvre de notre apôtre. Il faut reconnaître que, même avec l'ambiguïté dans les limites des sections – évidemment intentionnelle – elle ouvrirait un plus grand espace à la flexibilité dans la sélection des travaux, émoussant les délimitations, croisant des travaux artistiques ou littéraires avec les trésors, les sections rencontres et lettres perdent de la clarté dans leurs profils, en fin, toutes ces contradictions quand on prétend encadrer et étiqueter la vie. Même ainsi, le bilan thématique, la polyphonie vocale et la richesse des textes font une unité de chaque numéro de la revue.

 

Au long de cette période Lettres de Cuba a publié 841 travaux de plus de 340 auteurs, avec une nette prédominance pour les articles de réflexion : 194 de rencontres, 190 d'arts et 149 de trésors (63.3%). La revue s’est maintenue avec 86 travaux en moyenne (2004-2006), en 2007 et 2008 ils sont montés à 109, jusqu'à conclure, pour la période 2009-2010 à 161 travaux comme moyenne annuelle. Cela a influencé, premièrement, la création de la section dédiée à Martí avec un travail mensuel à partir de 2007 et, postérieurement, l'extension des sections rencontres et arts avec trois propositions par numéro.

 

Un tel accroissement, quasi le double par rapport à son début, a représenté un enrichissement plus qu'une surcharge, en préservant les lignes thématiques, le haut niveau des collaborateurs, la longueur et la densité des articles sélectionnés.

 

Les sections lettres, trésors et arts ont publié autour de deux travaux mensuels et 84 entrevues de personnalités, fondamentalement du monde des arts et des lettres, ont été offertes. De celles-ci 57 sont des personnalités de la culture cubaine, dont 32 ont la condition de Prix National, et 13 de personnalités francophones. Bien que la sélection des entrevues constitue un succès, et qu’elle a rendu propice l'accès de créateurs de grande valeur au monde francophone, elle doit s’ériger en plate-forme pour ouvrir le pas, dans le futur, à des personnalités d'autres branches du savoir humain, aussi privilégiées dans notre pays qu’intéressantes quant à ce qu’elles ont à dire.

 

Contexte II

 

La présence de la culture cubaine sur Internet constitue une priorité importante assignée par le Ministère de la Culture à toutes les institutions et territoires qui s'est initiée avec la publication du site Web Cubarte en 1998. Le Portail de la Culture Cubaine est lancé en 2001, avec 10 provinces et 40 communes qui ont publié leurs sites ou pages Web (Cubarte, 2006). Le panorama de la présence de la culture cubaine sur Internet se transforme en seulement 5 ans, comme nous pouvons l’apprécier à la suite :

 

 

Sites et portails culturels

2002

2003

2004

2005

2006

Portail Cubarte

1

1

1

1

1

Institutions nationales

10

85

85

86

116

Institutions provinciales

14

14

14

318

318

Municipalités

85

142

159

169

169

Revues

 

17

28

25

67

Bulletins

 

60

132

120

120

Événements

 

18

162

50

68

Musées et monuments

 

50

50

149

149

Personnalités

 

393

393

602

659

Total

109

821

1065

1631

2504

 

 

 

 

 

 

 

 

Table I. Sites et Portails Culturels Cubains

Pris de Más Zabala, Carlos : Un regard de la culture cubaine à travers ses portails culturels, Conférence offerte durant l’événement Culture et Développement, La Havane, 2007

 

Un tel effort, technologique, d’organisation, de préparation du capital humain, s’ajustait à l'intérêt naturel qu’éveille la culture cubaine, ce qui se traduira dans un comportement exponentiel des visites reçues par les portails et les sites culturels cubains de 2002 à 2006. Lors de ce quinquennat, le plus important en pénétration et extension d'Internet à l'échelle globale, durant lequel l’accroissement  des internautes a augmenté de 1,95 fois, le nombre de visiteurs des sites et des portails culturels cubains s'est multiplié par 16,6, pour atteindre plus d’un million de visiteurs par mois.

 

 

VISITES REÇUES

2002

2003

2004

2005

2006

Portail Cubarte

281343

353523

673022

864466

1117337

Institutions

272188

2135106

3155333

3176934

1903846

Autres sites

72114

249598

189736

1091303

3072931

Événements

 

90520

134780

176808

240782

Province

38318

938347

1475450

1684149

3427879

Publications

34769

90826

123094

1808790

2119465

TOTAL

729 450

3 857 920

5 751 415

8 802 450

12 133 492

 

 

 

 

 

 

Table II. Sites et Portails Culturels Cubains

Pris de Más Zabala, Carlos : Un regard de la culture cubaine à travers ses portails culturels, Conférence offerte durant l’événement Culture et Développement, La Havane, 2007

 

 

Cela est le résultat, premièrement, de la croissance du nombre de sites et de portails, passant de 100 à plus de 2500 dans tout le pays, suite à une politique incluse et vaste d'insertion sur Internet. Cependant, un regard plus détaillé nous montre des d’excellentes caractéristiques à souligner.

 

La distribution territoriale attire l'attention. Le but de la conquête d'Internet par la culture cubaine n'est pas un fait isolé ou accidentel, ni même une initiative des pionniers, mais une expression de volonté politique. C'est dans ce contexte que surgit le Réseau CUBARTE de couverture nationale et de portée globale – parmi les premiers réseaux créés à Cuba – et un système d'information culturelle se conforme, jusqu'à articuler un écheveau institutionnel et territorial de la culture cubaine sur Internet. L'appropriation des TIC est assumée comme un instrument de politique culturelle (Más Zabala, 2007). Ensuite, l'effort pour qu’il y ait un reflet du travail culturel du pays sur Internet, pour qu’il se produise naturellement. C’est ainsi que le Portail Cubarte attirait plus de 50% du trafic des sites culturels cubains en 2001, il a diminué à 40% en 2002 et, en 2003, il ne dépasse pas 25% du total de visiteurs.

 

En second terme on assume Internet comme une scène utilisable en divers formats, dans le but de créer des synergies et pour offrir des produits informatifs dirigés à différents publics. Ainsi, la présence des sites Web et des portails culturels s’accompagne de l'élaboration et de la distribution de bulletins informatifs et le processus d'apparition de revues numériques commence, beaucoup comme des répliques de leur équivalent imprimé et d'autres dans cette modalité exclusive. Dans ce même contexte apparaissent les éditions multimédia. Le Portail Cubarte s’érige comme modèle car son expression informative ou journal numérique propose dès 2001 le Bulletin Cubarte et un peu plus tard un service RSS, auxquels se somment d’autres bulletins « Entorno » et « Por Cuba » et sa maison d’édition de multimédias.

 

Un troisième aspect à souligner est l'important effort réalisé pour que le fait culturel cubain ait une expression multilingue sur Internet, dont la solution s'est produite à travers des versions du Portail de la Culture Cubaine en anglais, en 2003, et en français, en 2004. Le caractère immédiat des informations, sans la signification d'un impact plus direct qu’il a pour d'autres médias, a été résolu dans les langues au moyen de versions et sur la base d'une certaine intentionnalité qui privilégierait les faits ayant une plus grande transcendance sur le public de destin, anglophone ou francophone, c'est-à-dire, avec des politiques éditoriales propres et différenciées.

 

D'un chiffre initial de 3 237 abonnés au Bulletin Cubarte en 2002, l'année 2005 ferme avec 17 248, auxquels se somment 4 677 au Newsletter (version en anglais) et 4 670 au Bulletin Cubart (version en français), c'est-à-dire que l’on peut déjà affirmer la présence multilingue de la culture cubaine à travers Cubarte en 2004, aussi bien dans ses portails Web qu’à travers les bulletins, ce qui multiplie sa portée.

 

 

Bibliographie :

 

 

1. Alba Rico, Santiago : La Ciudad Intangible, maison d’édition Ciencias Sociales, La Havane, 2004

 

2. Cubarte, Rapport annuel, 2006

 

3. Galeano, Eduardo : Hacia una sociedad de la incomunicación, revue Cine Cubano, Nº 142, La Havane, 1998

 

4. Más Zabala, Carlos : La conquista de Internet: Una red al servicio de la cultura cubana (1ère partie), Portal de la Cultura Cubana,  (01/04/2008) 

La culture cubaine conquiert Internet 

Una mirada a la cultura cubana a través de sus portales culturales, Conférence offerte lors de l’événement Cultura et Développement, La Havane, 2007

 

5. MINCULT, Résolution Nº 74, novembre 1993, et Nº 75, septembre 1997

 

6. PNUD, Informe de desarrollo Humano, 2004,

 

7. Rodríguez Aguilar, Jorge Luis : Six ans d’illustration artistique, revue Lettres de Cuba, Nº 1, 2010,  

 

8. Sarabia, Martha : Les Caraïbes dans la revue culturelle Lettres de Cuba, revue Lettres de Cuba, Nº 1, 2010, 

 

9. UNESCO, La Ciencia para el Siglo XXI: Una nueva visión y un marco para la acción