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Martí se sentait l’héritier d’Hugo, du dernier Hugo, le patriarche qui aspire à joindre ses enfants morts dans Mes fils...
Le roman comporte de nombreuses réflexions sur la peinture.
Martí était un lecteur des meilleurs romanciers.
« Évidement, ce bref roman n’est qu’une esquisse, c’est en creux qu’il offre des pistes pour reconsidérer dans un sens plein d’optimisme la dynamique hispano-américaines »
La première question qui vient à l’esprit est celle de la place de ce roman dans la tradition romanesque de l’Amérique latine.
C’est à plusieurs niveaux que l’on sent Martí se mettre en scène directement.
« Martí a trouvé en créant Lucía le grand sujet tragique de notre époque ».
Avant même les premiers indices qui peuvent faire pressentir un dénouement tragique, on est subjugué par le destin d’Ana, la jeune fille malade, qui sait qu’elle va bientôt mourir, et qui l’accepte.
« Quatre jeunes filles, quatre types féminins, peuplent Lucía Jerez, reléguant tous leurs interlocuteurs au rôle d’admirateurs. »
Il faut imaginer le désespoir de Martí en 1885 pour mesurer ce que la floraison de magnolias qui inaugure le roman pu signifier d’aventure libératrice pour lui, sur le mode de la diversion, de l’accalmie, de la parenthèse.
On ne s’étonnera pas de découvrir dans Lucía Jerez aussi les éléments d’une méthode pour nous amener à infléchir notre attente même des romans.