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Voir et sentir le cinéma latino-américain
Par Aracelys Bedevia Traduit par Alain de Cullant
Le 41e Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain recueille le meilleur de la région et montre la réalité de l'Amérique Latine.
Illustration par : Marcos Esteban Hernández

Avec la projection du long-métrage argentin La odisea de los giles, réalisé par Sébastien Borensztei, la 41e édition du Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain sera officiellement inaugurée le 5 décembre, à 18h00, dans le théâtre Karl Marx, a déclaré Iván Giroud, président de l'événement.

Le Ballet National de Cuba se produira lors du gala inaugural en l'honneur de la première ballerine cubaine Alicia Alonso, décédée le 17 octobre. Dans cette édition, le Coral de Honor sera remis à Manuel Pérez Paredes, cinéaste cubain et prix national du cinéma, et à Lita Estantic, l'une des productrices emblématiques du nouveau cinéma argentin des années 1990.

L'événement présentera 300 films de 37 pays. Sur l'ensemble des œuvres, 210 appartiennent à des pays du continent, l'Argentine et le Brésil étant les plus représentés. Le reste des audiovisuels provient de pays comme l'Espagne, la France, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, parmi d’autres.

Cent dix sept films (21 longs-métrages de fiction, 18 opéras primas, 21 documentaires (longs-métrages), dix courts et moyens métrages, 23 films d'animation, 25 scénarios inédits et 30 affiches) seront en compétition pour le Prix Coral.

Huit projets dans les catégories fiction et documentaire ont été sélectionnés pour concourir pour le Coral de post-production de cette grande fête de la cinématographie latino-américaine.

Même si le nombre total d'œuvres reçues dépasse de près de 1000 par rapport aux années précédentes, le programme prévu pour cette édition est beaucoup plus réduit. « C'était quelque chose que nous cherchions, parce que l'équipe de programmeurs sentait que nous hypertrophions le sens du festival avec tant de films. L'objectif est d'être de plus en plus rigoureux avec les titres programmés », a expliqué le président du festival lors d'une conférence de presse organisée dans l'Hôtel Nacional.

L'événement recueille le meilleur de la région et montre la réalité de l'Amérique Latine. Le critère de sélection est basé sur la qualité, a souligné Giroud.

Un peu du beaucoup et du bon que vous pourrez voir

Le rendez-vous est dédié au centenaire de Santiago Alvarez et au 60e anniversaire de l'ICAIC, des panels dédiés à la mémoire du grand documentariste et à l’institution qui est née avec la Révolution cubaine sont prévus.

Il y aura également six expositions liées aux concours, en hommage aux centenaires de Santiago Alvarez et de Federico Fellini.

Le film Red Avispa, du cinéaste français Olivier Assayas, sera présenté en première à Cuba lors du 41e Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain. Le film tant attendu fait à partir du livre Los últimos soldados de la Guerra Fría (Les derniers soldats de la Guerre Froide), du Brésilien Fernando Morais, raconte l'histoire des cinq héros cubains Gerardo Hernandez, René Gonzalez, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez et Ramon Labañino, infiltrés aux États-Unis dans des groupes anti-cubains pour lutter contre le terrorisme et prévenir leurs attaques contre Cuba.

Red Avispa est une coproduction entre la France, l'Espagne, la Belgique et le Brésil qui met en vedette l'actrice espagnole Penélope Cruz et le Mexicain Gael Garcia Bernal. Ce film a été projeté au cours de la 76e édition du Festival International de Cinéma de Venise et a été présenté avec une très bonne acceptation dans les festivals de cinéma tels que le Festival International de Toronto (Canada) ; de San Sebastian (Espagne) et de New York (États-Unis).

Des films tels que Emma, de Pablo Larraon (Chili), Parásitos, de Bong Joon-Ho (Corée du Sud), Chicuarotes, de Gael Garcia Bernal (Mexique), Marighella, de Wagnar Moura (Brésil) se distinguent, dans ce festival de cinéma, dans la liste de la Section Gala.

Dans Panorama International seront une fois de plus les cinéastes bien connus Ken Loach et Jean-Pierre et Luc Dardenne. Ken Loach (réalisateur britannique avec une présence répétée dans les éditions du Festival) revient avec son dernier film Sorry We Missed You. Alors que les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne le font avec Le jeune Ahmed. Le film se concentre sur le destin du jeune Ahmed, 13 ans, qui est attrapé entre les idéaux de pureté dont parle son imam et les passions de la vie dans la Belgique d'aujourd'hui.

Dans la section Classiques restaurées, on pourra voir El castillo de la pureza (1972) d'Arturo Ripstein. Selon le synopsis, convaincu que le monde extérieur est nocif pour sa famille, Gabriel Lima garde sa femme et ses enfants enfermés pendant 18 ans. Les jours sont mélancoliques, tandis que la famille se divertit en faisant un raticide en poudre que Gabriel sort pour vendre dans les magasins du quartier. L'équilibre émotionnel fragile de la famille Lima est brisé le jour où Gabriel se rend compte que ses enfants se réveillent à l'adolescence.

Le film péruvien Juliana, des réalisateurs Fernando Espínoza et Alejandro Legaspi, créateurs du groupe Chaski, pourra aussi être apprécié dans ce festival. Juliana est une jeune fille de 13 ans qui s'échappe de chez elle en raison des abus reçus de son beau-père. Une fois dans la rue, elle fait face à la lutte pour survivre et découvre la marginalisation que les filles souffrent quand elles essaient de trouver un travail dans la rue, alors elle décide de se couper les cheveux et de se déguiser en garçon.

Dans la même section est la copie restaurée d'El Norte (1983), de Gregory Nava, qui a fait ce film parce qu'il a jugé nécessaire d'envoyer un message d'humanité en faveur des immigrants. Vous reverrez également dans ce festival le réalisateur colombien Victor Gaviria, avec une copie restaurée de La vendedora de rosas (1998). Mais ce n'est qu'un aperçu du beaucoup et du bon qu’apporte cet événement culturel cubain qui, cette année, termine le 15 décembre.