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Une fille des Îles Canaries à Cuba
Par Matilde Salas Servando Traduit par Alain de Cullant
Leonor Antonia de la Concepción Micaela Pérez Cabrera. Fille des Îles Canaries, née à Santa Cruz de Tenerife, la mère de José Martí.
Illustration par : artistes cubains

Le 19 juin sera commémoré les 113 ans de la mort de cette femme, née à Santa Cruz de Tenerife, Îles Canaries, que ses parents ont nommée Leonor Antonia de la Concepción Micaela Pérez Cabrera

Malgré les habitudes bien ancrées à l’époque de ses années de jeunesse, alors que beaucoup de gens estimaient que les femmes ne devaient pas acquérir d’instruction et des connaissances générales, car c’était contraire aux normes morales, elle a appris à lire et à écrire en secret, de façon autodidacte, face à l’opposition familiale.

Adolescente, elle s’est rendue à Cuba avec sa famille, s’installant à La Havane.

Quelques années plus tard elle a rencontré le Premier Sergent du Corps d’Artillerie de la Real Fortaleza de La Cabaña, Mariano Martí Navarro, qui l’épousa le 7 février 1852. Le couple s’est installé dans la partie supérieure de la maison marquée par le numéro 41, de l’ancienne rue de San Francisco de Paula, dans le quartier du même nom de La Havane intra-muros, très proche de la mer.

Dans cette maison est né le premier des huit enfants de ce mariage, un fils, qui a été baptisé sous le nom de José Julián, le 12 Novembre 1853, dans l’église du Santo Ángel Custodio, de La Havane.

Une lettre, écrite en octobre 1862, montre les étroites relations du fils avec sa mère, quand il avait neuf ans. Il était alors avec son père qui avait été nommé Capitaine Juge dans la région de Hanábana, province de Matanzas.

Dans la missive à Doña Leonor, il dit :

« Chère maman : Je souhaite devant tout ce que vous êtes bonne, comme le sont les filles » et conclut avec un petit paragraphe dans lequel il exprime « Et n’ayant rien d’autre à vous dire donner mes salutations à maman Joaquina, Joaquina et Luisa et les filles, donner un baiser à Pilar et, pour vous, recevez de votre fils obéissant qui l’aime avec délire »,

José Martí.

En décembre 1878, alors que José Martí avait une quinzaine d’années, il écrivit un poème à l’occasion de l’anniversaire de sa mère, dans lequel il lui montre à nouveau son grand amour. De cette composition poétique se trouve le fragment suivant :

« Mère de l’âme, mère chérie

C’est votre anniversaire, je veux chanter,

Parce que mon âme, gonflé d’amour,

Bien que très jeune, on n’oublie jamais

D’où la vie m’a été donnée. »

Au plus fort de son existence, alors qu’il préparait ce qu’il appelait la Guerre Nécessaire, José Martí écrit une lettre à sa mère, le 25 mars 1895, la dernière, peu avant de quitter la République Dominicaine pour Cuba. Aujourd’hui, elle est considérée comme son testament familial. Il y dit :

« Aujourd’hui, 25 mars, à la veille d’un long voyage, je pense à vous. Je pense sans cesse à vous. Vous souffrez, dans la colère de votre amour, du sacrifice de ma vie. Et pourquoi suis-je né de vous doté d’une vie qui aime le sacrifice ? Des mots, je ne peux. Le devoir d’un homme est là où il est le plus utile. Mais, dans ma croissante et nécessaire agonie, le souvenir de ma mère m’accompagne toujours.

Embrassez mes sœurs et leurs compagnons. Si seulement je pouvais un jour les voir tous autour de moi, contents de moi ! Et alors, oui, je veillerai sur vous avec des gâteries et de l’orgueil. À présent, bénissez-moi, et croyez bien qu’il ne sortira jamais de mon cœur d’œuvre sans pitié et sans pureté. Votre bénédiction.

Votre

J. Martí

J’ai des raisons d’aller plus content et plus sûr que vous ne pourriez imaginer. Elles ne sont pas inutiles, la vérité et la tendresse. Ne souffrez pas ».

Le 19 mai 1895, José Martí a été tué au combat dans la région de Dos Ríos.

Sa mère, Doña Leonor, lui survécut jusqu’au 19 juin 1907, date à laquelle elle mourut à La Havane, avec divers problèmes économiques et de santé.

Les restes de cette femme que ses parents ont nommée Leonor Antonia de la Concepción Micaela Pérez Cabrera. Fille des Îles Canaries, née à Santa Cruz de Tenerife, repose dans le cimetière Cristóbal Colón, à La Havane.