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Trois films cubains vers le 40e Festival de Cinéma de La Havane
Par Mireya Castañeda Traduit par Alain de Cullant
Trois nouveaux films cubains qui espèrent être sélectionnés pour participer au Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain qui aura lieu du 6 au 16 décembre prochain. Inocencia d’Alejandro Gil, El Mayor du cinéaste Rigoberto López et Nido de mantis d'Arturo Sotto.
Illustration par : Leopoldo Romañach

Trois nouveaux films cubains sont à différents stades de production, et leurs directeurs espèrent pouvoir être sélectionnés pour participer au 40e Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain, qui se tient à La Havane tous les mois de décembre.

Deux films traitent de faits historiques cubains du XIXe siècle et le troisième a, au sein de la dramaturgie elle-même, un déplacement continuel à travers différentes époques du XXe siècle.

Inocencia

Inocencia est le titre du premier film. Dirigé par Alejandro Gil, il est inspiré par l'exécution inhumaine de huit étudiants en médecine, en 1871, par les autorités coloniales espagnoles.

Les étudiants, Alonso Álvarez de la Campa, José de Marcos y Medina, Carlos Augusto de la Torre, Eladio González y Toledo, Pascual Rodríguez y Pérez, Anacleto Bermúdez, Ángel Laborde et Carlos Verdugo, n'étaient âgés que de 17 à 21 ans.

Le film raconte deux histoires en parallèle, l'événement en 1871, montre l’exécution et, ensuite, un saut temporaire, 16 ans plus tard, quand Fermin Valdés Domínguez, qui a également été accusé et condamné à une peine d’emprisonnement, lutte pour démontrer l'innocence de ces jeunes, trouvant un nouvel indice qui le met près de découvrir la clé pour démêler la vérité cachée.

Gil a commenté qu'ils ont effectué une enquête laborieuse des textes, des lettres et de la presse de l'époque, parmi d’autres documents, car, même s’il s’agit d’un film de fiction qui permet certaines libertés créatrices, il est basé sur des événements réels.

Inocencia, assumé entièrement par l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (ICAIC) possède, parmi les aspects techniques, un scénario d’Amilkar Salatti, une photographie de l'expérimenté Ángel Alderete, et une musique de Juan Antonio Leyva et Magda Rosa Galbán, qui ont accompagné le réalisateur dans ses précédents longs-métrages : La pared (2006) et La emboscada (2015).

D'une certaine manière, Alejandro Gil s'approche de nouveau l'Apôtre José Martí. Il l'a fait en 1989, dans le documentaire Piensa en mí, dont le titre découle d'une phrase qui est répétée dans les lettres de Martí à Maria Mantilla, puis dans Desde la ausencia, où il revient depuis Ismaelillo, une œuvre que le Héros National de Cuba a écrit pour son fils. Il le cherche maintenant depuis son ami et compagnon de combat, Fermín Valdés Domínguez.

El Mayor

Le cinéaste Rigoberto López (Yo soy del son a la salsa, un documentaire de 1996 et des long-métrages de fiction Roble de Olor et Vuelos prohibidos), a tourné, selon sa propre considération, l'un des projets les plus ambitieux des 30 dernières années, le long-métrage El Mayor, une œuvre de fiction recréant des événements réels du milieu du XIXe siècle.

Dans ce film, il met en évidence l'enfance et la jeunesse du major général Ignacio Agramonte Loynaz, l'immense amour pour sa femme Amalia Simoni, son rôle de chef de la cavalerie et les prouesses épiques qu’il a joué jusqu'à sa mort, à 32 ans, dans le combat de Jimaguayú.

Agramonte, également connu sous le nom d’El Bayardo, a combattu dans la province de Camagüey contre l'armée coloniale espagnole au milieu du XIXe siècle, et le cinéaste a assuré que, bien que le film contienne quelques éléments de fiction, il ne trahit pas la rigoureuse recherche historique sur laquelle il est basé.

Le personnage d’Agramonte est interprété par l'acteur Daniel Romero Pildain, qui est accompagné par l'actrice Claudia Tomás Fuentes dans le rôle d'Amalia. Le casting comprend également les acteurs étasuniens Michael Redford (The surface, 2015) dans le rôle du brigadier Henry Reeve (El Inglesito), qui a combattu sous le commandement d’Agramonte, et Jonathan Burton (Yes Mum, 2012), comme le général Thomas Jordan, qui a été durant un certain temps, lors de la Guerre des Dix Ans (1868-1878), le chef d'état-major de l'Armée Libératrice.

Le directeur de production Santiago Llapur a déclaré que les six batailles ont été tournées dans la vaste plaine de Camagüey, dans lesquelles jusqu'à 200 chevaux et 500 figurants ont été utilisés et, dans la ville elle-même, les scènes ayant à voir avec la vie d’Agramonte, ont été filmées dans des bâtiments étant aujourd'hui des sites patrimoniaux en parfaite état de conservation.

Le dramaturge Eugenio Hernández Espinosa, Prix national du Théâtre (Maria Antonia, Mi socio Manolo), accompagne Rigoberto López dans le scénario complexe. La direction de la photographie est d’Ángel Alderete et la musique de Silvio Rodríguez et José María Vitier.

Nido de mantis

Le nouveau film d'Arturo Sotto (Pon tu pensamiento en mí, 1995, Amor Vertical, 1997, et Boccaccerías Habaneras, 2013), a été produit par l'ICAIC, Íthaca Films (Mexique) et Cottos Productions S.R.L. (République Dominicaine), en collaboration avec le programme Ibermedia. Nido de Mantis, selon le cinéaste, se déplace dans les limites du drame et de la tragédie et possède un déplacement continu à travers les époques du XXe siècle cubain.

Selon le synopsis, le film raconte l'histoire d'un triangle amoureux entre deux hommes et une femme dans une petite centrale sucrière. Un matin en août, 1994, ils apparaissent morts. Apparemment, la meurtrière présumée de cet homicide singulier est le fruit du triangle, une jeune fille de vingt ans, la seule personne qui était dans la maison quand les faits se sont produits. La jeune femme plaide non coupable et, pour le démontrer, elle raconte devant le procureur et l'avocat qui enquêtent sur l'affaire, l'odyssée émotionnelle de ses parents, une histoire d'amour qui a duré plus de 40 ans.

Yara Massiel, Armando Miguel Gómez et Caleb Casas sont les protagonistes du film qui a une musique de Beatriz Corona, une direction de la photographie d’Ernesto Calzado, une édition d’Osvaldo Donatién et du propre Arturo Sotto, et des costumes dessinés pas Vladimir Cuenca.

Trois nouveaux films cubains qui espèrent être sélectionnés pour participer au Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain qui aura lieu du 6 au 16 décembre prochain. Cette édition 40 rend hommage au cinéaste cubain Tomás Gutiérrez Alea (Titón), où sera célébré le 50e anniversaire de son film Memorias del subdesarrollo.