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Tomás Sánchez : Les états de l’âme
Par Lisday Martínez Saavedra Traduit par Alain de Cullant
Son œuvre est centrée sur la relation de l’homme avec son environnement, la jouissance de l’harmonie, la méditation, mais aussi un lieu où vider les peurs, les désirs, les angoisses et les frustrations.
Illustration par : Tomás Sánchez

Une enfance sensibilisée avec la nature. Une académie qui a offert les techniques et d’autres outils pour introduire une expérience enrichissante depuis un souffle réflexif, accompagnée de hauts profits esthétiques ; lui faisant faire une description à pas de géant. Tomás Sánchez, un artiste qui a abordé plusieurs thématiques, a commencé par représenter des paysages suburbains. Plus tard est apparue la série Crucifixiones, et dans cette traversée on découvre des scènes complètement antagonistes : les décharges publiques et les paysages, avec la graphie vitale de l’immensité de la forêt tropicale, les rives, les rivières et les lagunes. Tout cela pour représenter l’aptitude de l’homme face aux événements environnementaux.

 

Sur ce sujet dans une interview, il a déclaré : « Il s’agit de deux paysages qui coexistent dans le monde, de deux états qui font une pleine relation avec la nature et de la méditation, car quand l’être humain se projette seulement vers l’extérieur il devient un consommateur, il pense qu’il est incomplet et il acquiert des biens et plus d’immondice qu’il rejette finalement dans la nature ».

 

Son œuvre est centrée sur la relation de l’homme avec son environnement, la jouissance de l’harmonie, la méditation, mais aussi un lieu où vider les peurs, les désirs, les angoisses et les frustrations. Un art où l’artiste exprime ses préoccupations.

 

Bien que Sanchez a entrepris le chemin vers le paysagisme, un sujet dans le panorama de la peinture cubaine dont beaucoup pensaient qu’il n’avait pas d’autre discours ; mais pour lui, au contraire, son travail a été au-delà du visuel ou de l’apparent, le paysage en lui a entrepris le plan du monde merveilleux, où il plaçait les expériences de son univers pictural.

 

Les sculptures, l’art-objet, des boîtes avec des images qui se reproduisent dans des miroirs, des photographies, des gravures et des dessins, le tout catapulté à partir du prix qui lui a été remis en 1980, quand il a participé à la 19e édition du Prix International de Dessin Joan Miró, avec l’œuvre Desde las Aguas Blancas, sont ce qui peuplent la subtilité d’un savoir-faire allant au-delà du perfectionnisme ou de la maîtrise de la technique : le contrepoint.

 

Il a réussi à intégrer la vie singulière et avec elle différents discours à ses espaces densément développés ; mais il ne reproduit pas les scènes de ses paysages.

 

Il marque la différence, car n’importe quel endroit inspirant la méditation est un point de regard pour ses créations. Le résultat artistique définit l’ambiance avec une grande charge expressive, ayant des valeurs contenues dans la solitude supposée de la nature.

 

Élève de grandes personnalités de la peinture cubaine – les défunts - Servando Cabrera Moreno et Antonia Eiriz ; le célèbre peintre, graveur et sculpteur Tomás Sánchez a dit : « La culture cubaine est une et, à la fois, multiple et diverse, et il doit exister différents points de vue qui sont en contradiction et dialogue car, dans le cas contraire, on classe et on veut imposer la même idée sur tout le monde, et cette posture conduit à la décadence ».

 

Des peintures ouvertes sur la lutte ou la dénonciation, la dévotion, l’apparente quiétude, les multiples scènes qui, entre des coups de pinceaux complexes et la synthèse des îlots errants, font une sorte d’hommage à l’immense panorama visuel. Une approche différente de la nature, une réponse expressive du figuratif, des pièces montrant la transformation anatomique d’une position éthique, en franche orientation vers ses plus grandes préoccupations. Des objectifs clairement soulevés, la délimitation d’un discours sécuritaire et plein de possibilités.