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San Juan de los Remedios : la ville des légendes et des traditions
Par Ana María Reyes Traduit par Alain de Cullant
San Juan de los Remedios est fier de son histoire, de ses légendes et de ses traditions.
Illustration par : artistes cubains

San Juan de los Remedios, la ville que vient de fêter, ce 24 juin, ses 505 ans de fondation, est fier de son histoire, de ses légendes et de ses traditions, qui en font un lieu magique que les cubains et les étrangers aspirent à visiter pour connaître les mystères qui l’entourent.

Cette ville possède de nombreuses particularités qui la distinguent : sa culture, ses coutumes, les églises de son beau centre historique et une riche architecture, dans laquelle les formes et les styles de différentes époques se combinent.

Ici, on vit la Parranda comme dans aucun autre endroit de Cuba, c’est le moment où les quartiers d’El Carmen et San Salvador s’affrontent dans une lutte fraternelle où, à la fin, au-delà des feux d’artifice et des beaux chars, gagne la culture : une raison suffisante d’être déclarée Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’Unesco.

Cette célébration se produit avec les fêtes de la Saint Jean, qui ont lieu entre la nuit du 23 et le matin du 24 juin ; un moment rappelant, derrière le puits de la Bajada, sept Jean, dans une charrette en bois tirée par des bœufs, partent à la recherche du Güije (petit diable), le capturent et le conduisent enchaîné dans un sac devant la croix où le prêtre officie la messe de l’aube ; mais, à la surprise générale, le petit diable brise ses chaînes et s’échappe, pour répéter la recherche l’année suivante.

La légende d’El Palomar est significative : conduisant l’amant fou après la mort prématurée de sa femme et transforme la tour de la maison en nid d’amour du mariage disparu, dont les âmes reviennent dans la maison transformées en colombes blanches. Il y a aussi l’histoire de l’église du Santo Cristo, démolie en 1882, d’où, dit-on encore, un curé avec une capuche ayant un cierge à la main, sort de ces environs les nuits de pleine lune.

C’est aussi une source de fierté de savoir que c’est la seule ville de Cuba ayant deux églises catholiques dans le même parc et que l’église San Juan Bautista, n’est pas seulement la plus ancienne de l’île, mais possède l’un des plus beaux autels, sculpté en bois et laminé en or, l’œuvre de l’artisan de cette ville, d’origine asiatique, Rogelio Attá.

Une autre curiosité est la réplique de la Statue de la Liberté dans cette ville du centre de l’île, faite en 1906 par un sculpteur italien à la demande des habitants, qui ont recueilli l’argent pour l’œuvre, en hommage aux martyrs de la Patrie. Quand on célèbre une date importante, patriotique et solennelle dans cette ville, la place où la statue de la femme de marbre est choisie.

Parallèlement à cette histoire séculaire, nous soulignerons le nombre de personnalités nées et forgées dans cette ville, parmi lesquelles, pour leur valeur et leur rôle décisif qu’elles ont joué dans la vie culturelle de la nation, se trouve le musicien Alejandro García Caturla.

Alejo Carpentier a dit de Caturla, précurseur de la musique symphonique à Cuba : « Le tempérament musical le plus riche et le plus généreux qui est apparu sur l’île », qui a réalisé en musique ce que Nicolás Guillén a réalisé en poésie.

On souligne aussi Francisco Javier Balmaseda, journaliste et écrivain d’idées d’indépendance, qui, en 1863, a fondé une bibliothèque publique et plusieurs revues littéraires. Le musée municipal – fondé le 24 février 1933 – porte son nom, c’est première institution du genre dans l’ancienne province de Las Villas et la cinquième de Cuba.

Parmi les fils de Remedios d’aujourd’hui, il faut absolument mentionner, parmi d’autres : la plasticienne Zaida del Río, peintre, dessinatrice, graveuse, qui a fait irruption sur la scène artistique dans les années 70 du siècle dernier, étant reconnue comme l’une des figures indispensables de l’art contemporain cubain ; l’écrivain et poète Luis Manuel Pérez Boitel, figure clé de la vie culturelle du terroir, lauréat de nombreux prix au niveau national et international ; Dani Hernández, premier danseur du Ballet National de Cuba, sélectionné par la prestigieuse revue de ballet Dance Europa parmi les 100 meilleurs au monde lors de la saison 2010-2011.