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Préface à « Carlos Manuel de Céspedes. El diario perdido »
Par Hortensia Pichardo Traduit par Alain de Cullant
Le travail d'Eusebio Leal mérite la reconnaissance de tout cubain aimant nos racines historiques et recevoir avec émotion les pages du Journal du Père de la Patrie.
Illustration par : Antonio Vidal

 La pensée de Carlos Manuel de Céspedes est peu ou mal connue. Les Cubains ne savent rien presque rien au sujet de ses idées sur les grands problèmes du pays en cette époque.

À Cuba, alors qu’on répète fréquemment quelques phrases d'autres héros de notre patrie, on entend ou on ne voit pas publié souvent certaines pensées de Carlos Manuel de Céspedes.

Son œuvre écrite n'avait pas été rassemblée ni publiée jusqu'à l'année 1974 quand nous avons commémoré le centenaire de sa mort tragique. De celle-ci, on ne connaît seulement qu’une partie de son épistolaire, divulgué par son fils à Paris, en l895, et les lettres à sa femme, Ana de Quesada, qui embrasse une période entre décembre 1870, dates de la sortie d'Ana de Cuba pour l'étranger, jusqu'au 23 février 1874, quand il a écrit les dernières lignes d'une longue missive commencée le 10 de ce mois et de cette année. Ces lettres, ainsi qu’un fragment de son Journal, du 24 juillet 1872 au 1er janvier 1873, a été publié par l'Institut d'Histoire de l'Académie de Sciences de Cuba, en 1964. Les deux œuvres sont épuisées et la première constitue une rareté bibliographique. 

Il est nécessaire de mettre à portée du peuple cubain, à qui il a dédié sa vie, les idées de celui qui - d'après José Martí – « nous a tous fait vivre ».

Céspedes avait une confiance absolue en la victoire de la révolution. Un conspirateur lui ayant recommandé d’attendre un peu pour réaliser le soulèvement avec l'objectif de rassembler des armes et de le préparer, il a répondu :

« Je sais tout cela, mais ce n'est pas possible d'attendre plus longtemps. Les conspirations qui se préparent beaucoup fracassent toujours car il y a toujours un traître qui les découvre. Je suis sûr que tous les Cubains suivront ma voix... On ne demande pas pourquoi se bat un peuple désespéré. Nous sommes décidés de lutter et nous lutterons bien que ce soit avec les mains ». 

Il ébauche quelques idées dans ses lettres patriotiques et familiales. Dans une lettre à son beau-frère Manuel de Quesada (le 16 juillet de 1871) il écrit :

« Notre but invariable, quelques soient les circonstances, est ne pas accepter de l'Espagne plus de capitulation que l'indépendance absolue de Cuba, ainsi que de toute autre nation qui sert de médiateur et soit intéressée par Cuba. Mourir tous ou être indépendant, sans qu’aucune considération humaine altère cette résolution ».

Quant aux États-Unis, il a exposé très tôt, en 1870 :

« … je me méprends peut-être ; mais selon mon concept, son gouvernement aspire à prendre possession de Cuba sans complications dangereuses pour sa nation et avant tout que Cuba ne sorte pas de la domination de l’Espagne, ni même de constituer un pouvoir indépendant ; c'est le secret de sa politique et je crains fort que quand il le fera et le proposera ce sera pour nous entretenir et pour que nous n’accourions pas à la recherche d’autres amis plus efficaces et plus désintéressés ». (Lettre à José Manuel Mestre, 1870)

Nous savons que Céspedes écrivait son Journal avec soin. Mais jusqu’à présent on connaît seulement le fragment publié par l'Académie de Sciences de Cuba. Maintenant, les spécialistes de l'Initiateur de nos Cent Ans de Lutte doivent recevoir avec émotion les pages du Journal que contient ce volume, suite à la ténacité investigatrice et à la vocation cespedina  de l'Historien de la Ville de La Havane, Eusebio Leal lesquelles ont l'importance d'être la dernière chose que le martyr de San Lorenzo a écrit et où sont reflétés, parmi d’autres, les idées et les sentiments de l'étape la plus dure de sa vie.

Le travail d'Eusebio Leal mérite la reconnaissance de tout cubain aimant nos racines historiques, car, aussi avec son travail constant, il pourrait trouver des lettres inédites d'Ana de Quesada qui apparaissent à côté des pages du Diario de San Lorenzo (Journal de San Lorenzo).

Tout cela aidera encore plus à se souvenir de façon permanente les idéaux du Père de la Patrie et d’avoir ses mots présents : 

« Notre devise est et sera toujours : Indépendance ou Mort. Cuba non seulement doit être libre, mais elle est ne peut pas devenir une nouvelle fois esclave ».

 

Pris dabs : Eusebio Leal Spengler, Carlos Manuel de Céspedes. El diario perdido. Maison d’édition Ciencias Sociales, La Havane, 1992, pp. VII, VIII,