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Notre Festival
Par Julio García Espinosa Romero Traduit par Alain de Cullant
Grâce au meilleur du Nouveau Cinéma Latino-américain, nous sommes plus authentiques, comme plus contemporaine est la sensibilité et, aussi, la pensée que nous possédons aujourd'hui.
Illustration par : Eduardo Roca CHOCO

Dans des occasions réitérées j'ai dit que les terres de notre Amérique sont encore des terres invisibles. Que la découverte de l'Amérique est un mensonge perfide. Que personne ne nous a découverts. Que nous espérons toujours que l’ont nous découvrent. Ce que nous voulons, en vérité, est que l’on finisse par nous découvrir.

C’est arrivé à l'envers. Nous avons découvert l'Europe. Aujourd’hui encore nous continuons à découvrir. De plus, nous ne nous considérons pas comme cultivés si nous ne connaissons pas, même dans ses détails les plus minimaux, son histoire, ses arts et ses sciences, et jusqu'à ses frivolités les plus honteuses.

Ceci n’est pas égal avec nos réalités. L'ignorance de ce que nous avons été et de ce que nous sommes n'est pas signe de manque de culture pour eux. C’est, tout au plus, le motif d’une simple désinformation.

Il y a plus. L'ignorance les porte aux schémas et, ceux-ci, a simplifié la vision de cette partie du monde. Et plus encore. Nous (en paraphrasant Brecht), qui préparont le chemin de la visibilité, nous sommes invisibles entre nous mêmes.

La Révolution Cubaine a rendu possible que nous nous dédiions avec plus de sérieux à la découverte de l'Amérique. Aujourd'hui nous connaissons un peu plus l'Amérique Latine et les Caraïbes. Aujourd'hui le monde nous ignore moins. Aujourd'hui nous nous connaissons plus entre nous.

Connaître le Monde à partir de nous mêmes c'est aussi mieux nous connaître. En nous découvrant, nous découvrons des réalités occultes dans le reste du Monde.

Ainsi, notre Festival de Cinéma n'est pas seul un échantillon de Cinéma Latino-américain et Caribéen, mais d'un cinéma inconnu dans n'importe quelle partie du monde.

C'est un cinéma pour découvrir, pour celui voulant découvrir, sans aucune trêve, les réalités que certains ont voulu cacher, ou masquer.

Le Nouveau Cinéma Latino-américain est né avec cette vocation. Grâce au meilleur de lui, aujourd'hui nous sommes plus authentiques, comme plus contemporaine est la sensibilité et, aussi, la pensée que nous possédons aujourd'hui. Notre esprit a crû imprégné (avec une image unique et plurielle) des labeurs et des propres luttes de notre réalité.

Le Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain se sent honoré d’avoir insufflé, d’avoir encouragé cette possibilité. »

 

Julio García Espinosa

Président du Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain

La Havane, 1989