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Notre festival, celui de « Viña-La Habana »
Par Pastor Vega Torres Traduit par Alain de Cullant
Nous sommes d’authentiques Latino-américains dans la mesure de notre capacité de comprendre et d'exprimer ce qui nous manque pour compléter l'histoire commune interrompue.
Illustration par : Eduardo Roca CHOCO

 

« Notre festival est le résultat d'une énorme nécessité qui exigeait une réponse. Nous, les cinéastes de notre continent, nous ne nous connaissions pas, nous ne connaissions pas nos œuvres, nous n'avions pas de possibilités d'échanger nos idées, nos aspirations et nos rêves. Ceux qui ont vécu la belle expérience du Festival de Viña del Mar ont senti la pression historique de ce qu'il a signifié, de ce qu’il a apporté, de l’enrichissement de notre identité, de notre culture, de notre maturité idéologique spirituelle. Notre cinéma latino-américain a été dimensionné vers le continent et le continent vers notre cinéma. Donc, il résultait indispensable de sauver et de réélaborer cette petite tradition et de continuer à ouvrir les chemins de la rencontre. Durant des années nous avons été des objets d'intérêts qui triomphaient avec notre fausse séparation et qui appauvrissaient nos expressions, en imposant des modèles lointains, acritiques, conformistes.

Maintenant nous venons de nous redécouvrir, depuis nous-mêmes. Nous sommes d’authentiques Latino-américains dans la mesure de notre capacité de comprendre et d'exprimer ce qui nous manque pour compléter l'histoire commune interrompue.

Notre festival, celui de « Viña-La Habana » ne ressemble pas et n’imite pas d’autres. Il a facilité la réalisation de nombreux rêves qui semblaient irréalisables depuis des décennies et, ce qui est le plus important : il nous pousse à continuer de rêver. Le réaliser, y participer, le défendre, nous approche de l'avenir. »

 

Pastor Vega

Directeur du Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain

La Havane. 1989