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Nelson Domínguez et la volonté de partager l'art avec tous
Par Julio Martínez Molina Traduit par Alain de Cullant
Le Prix National des Arts Plastiques 2009 montre aux nouvelles générations la façon de partager la beauté et d’offrir l'art à tous.
Illustration par : Nelson Domínguez

Récemment, le créateur visuel de Cienfuegos, Juan Karlos Echeverría Franco, fondateur du groupe de création Punto, a apprécié : « Dans les années 1980 et 1990, la commercialisation était une utopie, maintenant il y a un marché beaucoup plus ouvert. N'importe qui loue la salle d'une maison dans une zone touristique et l’inonde de ses peintures, valables ou non. Il y a trop de liens de marché aujourd'hui. Notre intention était de révolutionner, de mouvoir des idées et d'impliquer d'autres manifestations. Nous avons vendu, mais nous n'avons pas travaillé pour satisfaire la soif des touristes ».

En visitant des villes comme celle de Cienfuegos ou autre du pays, pleines de « ·galeries » avec « une pacotille visuelle » pour la vente à l'étranger, un certain pessimisme l’envahit souvent : surtout en voyant des jeunes formés par notre enseignement artistique impliqués. Cependant, la projection et l'exemple de grands maîtres tels que Nelson Domínguez rendent l’espoir.

Il montre aux nouvelles générations la façon de partager la beauté et d’offrir l'art à tous, sans distinction géographique ou réparer dans la solvabilité économique, seulement en fonction de privilégier la richesse spirituelle et de renforcer l'incontournable éducation esthétique.

C’est juste quand le Prix National des Arts Plastiques 2009 le fait depuis de plusieurs années dans tout le pays.

Nelson Domínguez développe, à l'unisson, trois grands projets de profil communautaire appelés : Bolsillo flaco (Bourse plate), Hôpitaux-Galeries et Galeries rurales, tous d’une extraordinaire répercussion sociale et d’une incidence artistique et éducative.

Autour des deux premiers, il a commenté au journal Granma : « Bolsillo flaco favorise le collectionnisme populaire, avec des œuvres pouvant être abordables plus facilement. Pour donner un exemple, une gravure de petit format peut avoir le même prix qu’une bouteille de Havana Club añejo. Nous sommes un pays ayant une haute éducation et les gens connaissent leurs artistes. Donc, tout le monde voudrait avoir un dessin de Pedro Pablo Oliva, de Flora Fong ou d’Ever Fonseca. Et je pense que ce juste désir doit se réaliser ».

Le créateur a développé des œuvres de petit format pour son initiative Bolsillo flaco. De tels travaux, en plus d’être abordable aux secteurs sociaux de moindre pouvoir d'achat, peuvent facilement être transportés d'une ville à l’autre.

Pour sa part, le projet Hôpitaux-Galeries favorise la création de peintures murales, donnés aux hôpitaux provinciaux. Jusqu'à présent, il existe trois de ces œuvres de grand format, situées dans les centres médicaux de Las Tunas, Camagüey et Cienfuegos.

Le maître considère : « Ces unités de soins sont largement visitées tous les jours, non seulement par les patients, mais aussi par les membres de la famille. Ce sont donc des espaces idéaux pour que les gens puissent apprécier et penser à travers une œuvre artistique… ».

L'expression pratique des Galeries rurales, son plus jeune projet (en termes de concrétisation, non pas de planification car il l’avait conçu depuis longtemps) a eu lieu avec l'ouverture de la galerie rurale Molino rojo, dans la communauté d’El Jobero, siège de Teatro de los Elementos, dans la province de Cienfuegos.

Il a avancé : « Je suis d'origine paysanne et cette idée est venue de là. Grâce à l'existence de la Ville Scolaire Camilo Cienfuegos, dans le Caney de Las Mercedes, où il y avait des maîtres de peinture, j'ai pu étudier cette manifestation. J'ai toujours voulu que les gens ayant des préoccupations artistiques et vivant à la campagne puissent accéder à l'art, mais il y avait le blocage du « comment ? » du « que faire dans ce cas ? ». Un tel dilemme a permis l'existence de cet espace possible. Nous sommes en pourparlers avec les autorités de Santiago de Cuba pour situer la seconde à Baire, dans la ferme La Juba, de mon grand-père. La troisième est prévue à Pinar del Rio, à Minas de Matahambre. J'espère que l'idée sera reprise par les jeunes artistes et, en outre, que les gouvernements de chaque province les soutiennent pour entreprendre ce genre d'effort, qui est bénéfique car les gens, sans avoir besoin de se déplacer dans les villes, auront l’art quand ils en ont besoin ».

Nelson a rencontré José Oriol González, du Teatro de Los Elementos, dans l’École Nationale d'Art (où l'artiste a étudié de 1965 à 1970, il a été l'assistant d'Antonia Eiriz et ensuite il est revenu en tant que professeur).

Le peintre souligne que cette amitié avec Orio - et le fort soutien de cet homme de théâtre - a été l'élément clé qui a proportionné définitivement la cristallisation de la première galerie rurale de Cuba dans la communauté culturelle d'El Jobero, où Domínguez est venu pour la première fois il y a des années, avec un autre groupe de peintres, dont ses enfants, selon ses dires.

La galerie rurale a ouvert avec l'exposition d'un groupe d'œuvres graphiques : lithographies, sérigraphies et quelques toiles de la collection privée de l'artiste ; dans un proche avenir il y aura une programmation pour le centre, avec la participation de divers artistes, selon les intentions de Domínguez.

« Nous pensons aussi, plus tard, de créer ici un atelier de céramique, une maison pour les activités culturelles, des ateliers de décoration intérieure, des cours de bonsaï pour les enfants et les adultes... en bref, cette galerie n'est qu'une partie d'une intention beaucoup plus ample qui commence maintenant ».

Le projet Galeries rurales a été conçu dans le Jobero sous l'observation de patrons architecturaux en accord avec notre autochtonie. « Parfois, les paysans construisent des maisons au milieu de la montagne qui ressemblent à celles d'autre endroit et je crois que cet élément de la cubania doit être sauvé dans le fait architectural, pour retravailler le vernaculaire et lui conférer une richesse de dessin ».

Á juste titre, le lauréat de la Distinction pour la Culture Nationale et de l'Ordre Alejo Carpentier estime que « en général, il s'agit d'un projet ayant de la noblesse, il a sa richesse et je pense que le reste des amis artistes, mes camarades de classe de l'école et d'autres jeunes puissent être intéressés ; surtout les artistes qui sont nés à la campagne, pour qui il peut devenir un vrai retour aux origines ».

Dans son cas, l'image est littérale. De Baire, à côté de la Cordillère de la Sierra Maestra - où il est né en 1947 - il est retourné à son essence en arrivant à El Jobero, à la bordure de l’Escambray, pour offrir son art à la communauté et aux visiteurs cubains et étrangers qui affluent chaque année au siège de Teatro de los Elementos.