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Martí, chroniqueur de la science
Par Orfilio Peláez Traduit par Alain de Cullant
Chroniqueur expérimenté des avances et des faits technologiques les plus notables de son temps, Martí a compris très clairement qu’une culture éloignée des sciences ne peut pas exister.
Illustration par : Carlos Enríquez

En plus de son travail politique pour l’indépendance de Cuba, notre Héros National José Martí a réalisé une vaste œuvre littéraire et journalistique, dans laquelle, et peut-être à la surprise de beaucoup de personnes, les questions liées à la science et à la technologie occupent une attention préférentielle.

 

Ayant à peine 22 ans, le 2 juillet 1875, il publie dans Revista Universal, au Mexique, ce qui était apparemment son premier article scientifique, où il soulève l’urgence du sauvetage de l’archéologie, une discipline qu’il qualifie de nécessaire étude sur les terres américaines.

 

Dans l’un des paragraphes il écrit : « L’examen géologique de l’Amérique résoudra une question préalable à ceux qui se dédient à cette connaissance, justement préoccupés : Le genre humain apparaît-il dans les différentes régions dans un même temps ? » L’âge de la pierre existait en Louisiane alors qu’en Europe existait la société actuelle perfectionnée ? Ce sont les mêmes hommes qui marchent sur différentes terres régis par des lois différentes ? La science apprendrait des choses très utiles si elle se dédierait à la perspicace intelligence américaine ».

 

La revue La América (qui a commencé à paraître à New York en avril 1882) sera le moyen dans lequel le plus universel des cubains transcendera comme un notable divulgateur des principales avancées de la science et de la technologie de la fin du XIXe siècle ainsi que sa popularisation parmi les gens, surtout quand il assume la direction de ladite revue lors des premiers mois de 1883. À un certain moment il arrive même à écrire toutes les articles et il contribue aussi aux illustrations.

 

Là il a publié de nombreux articles pour diffuser les plus récentes découvertes et les plus récentes inventions technologiques. Il suffit de citer les titres École de Mécanique, École d’Électricité, Pasteur sur la rage, Télescopes astronomiques, Une machine à vapeur moderne, Les dernières merveilles de l’électricité ou La formation géologique de Cuba.

 

Dans La América il résume la célébration de plusieurs expositions internationales, montrant les dernières avances dans différents domaines de la connaissance, en plus de commenter la sortie d’importants livres scientifiques.

 

Tel est le cas dans Les lois de l’héritage, du professeur W.K. Brooks. Sur ce texte Martí dit, dans son article paru en janvier 1884, qu’il a le mérite d’exposer clairement et de façon agréable, tout ce qu’il a investigué et théorisé sur la production et la composition de la vie.

 

En se référant à la qualité de la nouvelle œuvre, il énonce dans son propre travail une de ses phrases les plus célèbres : « Mettre la science au langage courant : c’est un grand bien que peu savent faire ».

 

Durant sa permanence de 15 ans aux États-Unis, l’Apôtre de l’indépendance de Cuba est témoin de la rapide révolution technique et industrielle qui a eu lieu dans ce pays, qui a grandement contribué à la consolidation de la notable culture intégrale qu’il possédait.

 

Bien qu’il sentait beaucoup d’admiration pour ces progrès, il pensait toujours comment les appliquer au profit des peuples de ce qu’il a appelé Notre Amérique.

 

Comme le dit le docteur Pedro Marino Pruna, un célèbre historien des sciences dans notre pays, au cours des quinze ans où il a vécu sur le sol nord-américain, Martí a consulté de prestigieuses revues spécialisées, dont Scientific American, il a étudié les catalogues des expositions technologiques et il était au courant de la dernière bibliographie médicale de l’époque.

 

Dans toute son œuvre de divulgation scientifique est présente la préoccupation pour la façon dont l’homme reçoit l’impact de tels processus. Par exemple, quant il valorise la révolution quant à l’électricité, il souligne que celle-ci a contribué à la généralisation de l’éclairage public et à la diffusion du téléphone, des faits de notables répercussions sociales.

 

Martí a également connu la théorie évolutionniste de Darwin et, après la mort du grand savant, il a écrit un article faisant l’éloge de son travail bien qu’il le jugeait incomplet car il n’expliquait pas la complexité de l’être humain.

 

Convaincu de l’importance de semer l’intérêt pour les questions scientifiques chez les enfants et les jeunes, en fondant la revue La Edad de Oro en 1889, le Héros National de Cuba signale dans l’introduction du premier numéro :

 

« C’est pour cette raison que l’on publie La Edad de Oro, pour que les enfants américains sachent comment on vivait avant et comment on vit aujourd'hui en Amérique et dans les autres endroits ; comment sont faites tant de choses en verre et en fer ; les machines à vapeur ; les ponts suspendus et la lumière électrique ; afin que quand l’enfant voit une pierre colorée il sache pourquoi la pierre possède des couleurs, et qu’il puise cité chaque couleur ».

 

Dans son travail pour différents journaux et revues, il a réitéré que la meilleure façon de lutter contre la maladie réside à les évitées. Pour Martí, le meilleur remède était celui qui prévient.

 

De profondes réflexions sur l’attitude de l’homme devant les catastrophes naturelles sont sorties de sa plume, il a souligné la nécessité du développement de l’agriculture pour les peuples latino-américains. Il a su résumer dans la phrase suivante sa défense de la diversification agricole : « La terre doit être cultivée avec diverses cultures, jamais avec une seule ».

 

Il a toujours utilisé une langue didactique pour faciliter la claire compréhension des questions techniques les plus difficiles à aborder.

 

Quelques semaines avant sa mort, le 9 avril 1895, dans une lettre à la jeune fille María Mantilla, il exprime que l’endroit où il trouve une plus grande poésie est dans les livres de science.

 

Chroniqueur expérimenté des avances et des faits technologiques les plus notables de son temps, Martí a compris très clairement qu’une culture éloignée des sciences ne peut pas exister. Il s’agit, sans doute, de l’une de ses plus grandes contributions dans le domaine des idées.