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L'ICAIC et la Casa de las Américas : des chemins croisés
Par Rubén Ricardo Infante Traduit par Alain de Cullant
L'ICAIC et la Casa de las Américas ont été fondés à quelques jours d’intervalle, le premier étant le 24 mars et la seconde le 28 avril 1959 ; les deux premières institutions culturelles fondées après 1959.
Illustration par : Alain Kleinmann

En tant qu'espace pour la célébration du 60e anniversaire de deux institutions fondamentales de l'histoire culturelle de la nation cubaine, l'Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographiques (ICAIC) et la Casa de las Américas se sont réunies récemment pour discuter des points communs entre les deux organismes et l'histoire de leurs chemins croisés.

L'écrivain Abel Prieto a rappelé que l'ICAIC et la Casa de las Américas ont été fondés à quelques jours d’intervalle, le premier étant le 24 mars et la seconde le 28 avril 1959 ; les deux premières institutions culturelles fondées après 1959.

« Elles avaient à leurs têtes deux grandes personnalités de grande influence, d'une grande luminosité, des figures vraiment éblouissantes. Haydée était l'héroïne de la Moncada, l’héroïne ici dans la Casa et Guevara, une figure importante, un homme d'un marxisme créatif. D'une manière ou d'une autre, ces deux dirigeants qui présidaient les deux institutions avaient des qualités exceptionnelles », a déclaré l'actuel président de la Casa de las Américas.

Lors de la réunion du soir, Jaime Gómez Triana, directeur du Programme des Cultures Originaires de la Casa de las Américas, a fait remarquer « la grande amitié et la collaboration entre leurs fondateurs respectifs, Haydée Santamara et Alfredo Guevara et la graine qui a été semée ici de sorte que germe plus tard un projet aussi particulier et beau que le Groupe d'Expérimentation Sonora de l'ICAIC ou les points de contact entre la vie et l’œuvre de créateurs tels que Santiago Álvarez, Julio García Espinosa, Tomás Gutiérrez Alea et Roberto Fernandez, ou le fait que l'un des cinéastes cubains vivants les plus remarquables, Fernando Pérez soit également un membre de cette maison, recevant en 1981 le Prix Littéraire Casa de las Américas avec son livre Corresponsales de guerra, ou d'être complice à l'époque d'une tradition graphique dans notre pays, dont les deux institutions sont la référence obligatoire. Pour la Casa de las Américas c'est un honneur de recevoir aujourd'hui une représentation des fondateurs, des cinéastes et des travailleurs de l'Icaic ».

Pepe Menéndez, directeur du Dessin de la Casa de las Américas, et Abel Prieto Jiménez ont remis à Ramón Samada, président de l'ICAIC, et à la spécialiste de la Cinémathèque de Cuba, Sara Vega, une sélection de 25 affiches de films cubains thésaurisées pour la Collection d’Art de Notre Amérique Haydée Santamaría et qui font désormais partie des fonds du patrimoine de l’ICAIC.

Pour sa part, l'ICAIC a remis aux représentants de la Casa une affiche réalisée spécialement pour l'occasion et une collection de l'ensemble des Noticieros Icaic Latinoamericano, recueillant le travail de la Casa de las Américas, ce qui représente un grand héritage, puisqu'ils font partie de la mémoire historique de Cuba, de l'Amérique Latine et du monde.

Avec le Prix National de Cinéma, Raúl Rodríguez, le cinéaste Manuel Herrera, des acteurs, des spécialistes des différents domaines de travail se trouvaient également un groupe important de jeunes qui ont récemment rejoint le travail d'ICAIC.

Ramon Samada a insisté sur le travail réalisé par les deux institutions dès le moment même de sa fondation. Pour cette raison, dans les 56 émissions du Noticieros se trouvent une partie de l'œuvre de Casa de las Américas.

Luciano Castillo, directeur de la Cinémathèque de Cuba, a conclu ses paroles en rappelant la transcendance des institutions : « Six décennies plus tard, l'ICAIC et la Casa ont légué des œuvres au patrimoine culturel latino-américain et ont promu un mouvement important de cette terre rebelle et des créateurs qu'est Notre Amérique ».

Ensemble, l'ICAIC et la Casa de las Américas ont parcouru ce long chemin vers la lumière, comme les paroles de García Espinosa.