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Lettres de Cuba: Septembre 2016
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Les vacances estivales concluent cependant la vie culturelle du pays continue avec des événements comme la 3e édition du Festival Habanarte ou le Festival « Les Contre-ténors du Monde ».
Illustration par : Antonia Eiriz

Les vacances estivales concluent. Les enfants et les jeunes rentrent dans leurs écoles cependant la vie culturelle du pays continue avec des événements comme la 3e édition du Festival Habanarte  du 8 au 18 septembre ou le Festival « Les Contre-ténors du Monde » du 30 septembre au 8 octobre.

Habanarte continuera à parier sur l’intégration et la promotion des différentes manifestations artistiques cubaines. La rencontre aura comme nouveauté l’organisation d’une session théorique et un thème musical Capitalia – nourri par l’esthétique flamenco, mélangé avec le banjo nord-américain - composé par le violoniste William Roblejo. Deux sujets seront abordés lors des sessions : l’actualisation du commerce musical et les procédures légales afin de présenter des artistes cubains à l’étranger. D’autre part, cinq expressions diverses et à la fois illustratives de la richesse de la culture musicale cubaine contemporaine figurent comme exposants de pointe dans la sélection artistique qui sera présentée dans le forum Primera Línea (Première Ligne) qui se déroulera du 14 au 17 septembre dans le cadre de ce festival.

Le Festival « Les Contre-ténors du Monde »  réunira à La Havane les voix des hommes les plus aiguës quand, actuellement, ce registre provoque une fureur sur les plus importantes scènes musicales d’Europe et des États-Unis. Le programme comptera des concerts, des expositions, des cycles de vidéo et des classes magistrales ainsi que la deuxième édition du concours des contre-ténors, qui se profile comme des principales attractions de l’événement. Invités par Leo Brouwer, sept notables contre-ténors se présenteront sur les scènes havanaises, principalement dans son centre historique. Parmi ces invités se trouvent la Polonais Artur Stefanowicz, spécialiste de Mozart et des musiques anciennes ; le Canadien Daniel Taylor ; le Catalan Xavier Sabata ; l’Italien Ricardo Astrano ; l’Étasunien Darryl Taylor ; le Portugais Manuel Bras Da Costa, et le Brésilien Rodrigo Ferreira. Le  festival se propose de désacraliser la musique ancienne et de l’adapter à la multiplicité des genres contemporains.

Rencontre ouvre la section avec l’article  Je suis venu dans un navire négrier de Pedro de la Hoz. C’est le titre d’un poème de notre poète national Nicolás Guillén. Le journaliste rappel  qu’une des pages les plus infâmes de l’histoire, l’esclavage auquel ont été soumis des femmes, des hommes et des enfants du continent africain durant des siècles, a seulement terminé à Cuba à la hauteur de 1886, beaucoup plus tard que dans la plupart des territoires de l’hémisphère occidental ainsi que la fin de l’esclavage dans l’île n’était pas un cadeau de la métropole coloniale, mais le résultat de longues années de lutte abolitionniste qui, dans le cas de Cuba, a été liée à la lutte pour l’indépendance.

On propose la première partie de José Antonio Aponte, un icône de subalternité de la chercheuse María del Carmen Barcia. José Antonio Aponte était un homme libre, intelligent, astucieux et éclairé, il était charpentier, mais il sculptait avec art unique ; tout comme ses ancêtres, il faisait partie du bataillon des Morenos de La Havane au XIX siècle.

L’écrivaine Nancy Morejón aborde dans La littérature et le 130e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Cuba les empreintes de ce système d’exploitation dans les lettres cubaines. Elle place l’origine dans l’œuvre de notre premier poète romantique quand elle souligne « Les horreurs du monde moral » qui ont fendu le cœur de José Maria Heredia, notre premier poète romantique, ont été la source de tout un mouvement littéraire, représentatif en plusieurs périodes du XIXe siècle, qui s’étendrait autour d’une narrative, en réalité de romans, que de nombreux spécialistes ont qualifié d’abolitionniste.

Lettres propose l’article Les intellectuels lors de la République néo-coloniale de Graziella Pogolotti Jacobson. La investigatrice souligne que l’absence d’une recherche dûment contextualisée a eu un voile de silence sur le rôle des intellectuels au cours de la République néo-coloniale. Au terme de son papier elle affirme que l’histoire est sujette à des conjonctures imprévisibles, l’histoire est faite de lumières et d’ombres. Mais l’histoire et la culture nous ont fait ce que nous sommes.

Les lectures françaises de José Martí (V). Le Courrier des États-Unis de Carmen Suarez León s’agit d’un aperçu du résultat de sa recherche sur les Cahiers de notre Apôtre. Elle constate que le Cuaderno de apuntes nº 2 de José Martí est précédé d’une vingtaine de pages avec des coupures de journaux collés et datés  provenant  du Courrier des États-Unis (1828-1938)  une publication franco-américaine ayant un sous-titre disant « l’organe des populations de langue française aux États-Unis ». Il est considéré  le journal francophone le plus important qui était publié à New York, et il circulait dans tout l’hémisphère au sein des communautés francophones et parmi les lecteurs de cette langue à cette époque.

Interview présente les évocations complices de Krysia, Ruy et Ernán, les fils de Leonel Lopez-Nussa, exprimées à la journaliste Maria Carla Gárciga dans l’ancien studio de leur père, de l’artiste, de l’intellectuel et de l’humoriste qu’il a été.

Trésors nous invite à Coppélia, la cathédrale de la glace cubaine.

Notre collaborateur Rafael Lam indique que Coppelia a fêté son 50e anniversaire le 4 juin dernier. La célèbre glacerie est un véritable symbole moderne de La Havane, ville Merveille du Monde et à la fois tout un symbole de plusieurs générations de cubains. Il est presque impossible qu’un Havanais n’aient aucune histoire ou souvenir agréable en relation avec cette monumentale glacerie.

Arts nous approche à l’origine de la chanson  ¡Ay mamá Inés! Lino Betancourt Molina signale que le tango/congo Mamá où Rita Montaner représentait le cocher José Rosario et chantait Ay mamá Inés, todos los negros tomamos café  fait partie de la  farce Niña Rita o La Habana de 1830  avec une musique composée par Ernesto Lecuona et Eliseo Grenet et un  livret de Riancho et Castells.

La critique d’art Virginia Alberdi Benítez affirme que le centenaire de la naissance de Leonel Lopez-Nussa nous met face à une commémoration ayant une double signification : d’une part, elle restaure et revitalise le legs d’une personnalité ayant abordé divers domaines de la culture cubaine et, de l’autre, elle nous alerte sur la nécessité d’examiner avec soin la chronologie interprétative de l’art insulaire pour éviter des vides et des parenthèses qui tendent à augmenter avec le temps et l’oubli.

Le journaliste Michel Hernández réfléchit sur la naissance et adieu d’une légende : Le Buena Vista Social Club. Le célèbre orchestre a fait ses adieux des scènes avec deux concerts dans le théâtre Karl Marx, laissant derrière lui une traînée de questions et de leçons, surtout pour ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont eu une relation avec la critique, la promotion et l’enregistrement de la musique cubaine.

Lire Martí  publie la deuxième  partie de La vérité sur les États-Unis. Apparu dans le journal Patria, le 23 mars 1894 à New York