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Lectures françaises de José Martí : « Mariage forcé », du Kin-Kou-Ki-Kouan (XVIII)
Par Carmen Suárez León Traduit par Alain de Cullant
Mariage forcé nous plonge dans une intrigue d’enchevêtrement qui termine par une noce inespérée et heureuse et a le charme de nous présenter d’anciennes coutumes chinoises pour la concertation d’un mariage.
Illustration par : artistes cubains

Dans le Cuaderno de apuntes 18 de José Martí, nous trouvons la citation suivante : « ton devoir est maintenant de ne pas exagérer les beaux sentiments ». Du Le Mariage forcé, roman chinois, l’un de ceux de Kin-Kou-Ki-Kouan » (1). Il s’agissait certainement de Trois nouvelles chinoises, traduites pour la première fois par le Marquis d’Hervey-Saint-Denys. Éditions Ernest Leroux, Orientale Elzévirienne, vol. XLV, Paris, 1885. [Les alchimistes, Comment le ciel donne et reprend les richesses, et Mariage forcé], où étaient présentées des œuvres d’une ancienne collection de romans chinois dont le titre traduit à l’espagnol serait : «Aventuras sorprendentes de los tiempos antiguos y modernos » (Aventures surprenantes des temps anciens et modernes » publié au XVIIIe siècle et où ont été recueillis quarante nouvelles.

De nombreuses traductions de ces nouvelles ont été traduites en français au cours du XIXe siècle, et publiées dans différentes collections. Le traducteur nous avertit que :

Rémusat, le P. d’Entrecolles, Stanislas Julien, Pavie, Robert Thom, Samuel Birch, Gustave Schlegel ont marqué l’estime qu’ils faisaient de cette collection, en traduisant successivement les nouvelles 2, 3, 5, 6, 7, 8, 14, 19, 20, 26, 29, 30, 31, 34, 35. Mon tour, je traduis trois de celles qui demeuraient encore inédites et qui m’ont paru, à différents points de vue, offrent chacune un intérêt particulier. (2)

Mariage forcé nous plonge dans une intrigue d’enchevêtrement qui termine par une noce inespérée et heureuse et a le charme de nous présenter d’anciennes coutumes chinoises pour la concertation d’un mariage.

Martí repère spécialement l’intégrité morale des personnages, qui finalement reçoivent des châtiments ou sont loués pour leurs comportements corrects. La citation qu’il recueille est d’une grande subtilité et dénote sa sensibilité quant à la délicatesse et à la bonté des sentiments.

Le gouverneur, dans son rôle de juge, déclare la validité d’un mariage concerté d’une manière frauduleuse mais qui a réuni un couple d’amoureux, punissant l’intrigant et la fin heureuse scelle le récit.

 

Notes:

1 - José Martí. Obras completas. La Habana, Editorial de Ciencias Sociales, 1975, t. 21, p. 408.

2 – Avertissement. Dans : Trois nouvelles chinoises, traduites pour la première fois par le Marquis d’Hervey-Saint-Denys. Éditions Ernest Leroux, Orientale Elzévirienne, vol. XLV, Paris, 1885, p.5.