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Le Punto cubain, Patrimoine Culturel de l'Humanité
Par Ana María Reyes Traduit par Alain de Cullant
Le punto cubain, expression poétique et musicale enracinée dans l'identité nationale, vient d'être inclus dans la liste exigeante des manifestations faisant partie du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité.
Illustration par : Flora Fong

Le punto cubain, expression poétique et musicale enracinée dans l'identité nationale, vient d'être inclus dans la liste exigeante des manifestations faisant partie du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité.

La déclaration a eu lieu à Jeju, Corée du Sud, où a siégé le comité de l'Unesco pour la révision des dossiers présentés par les États membres de l'organisme multilatéral afin d’évaluer les pratiques les plus significatives et en vigueur rendant compte des traditions culturelles des peuples et pour garantir leur protection.

Après avoir évalué la présentation cubaine, il y a eu non seulement l’évidence de l'authenticité et de l'enracinement d'une manifestation originellement cultivée, avec de diverses variantes enrichissantes, dans les zones rurales du pays, et s’étant étendue ensuite dans les milieux urbains, mais aussi sa promotion conséquente à l’échelle sociale en correspondance avec les principes démocratiques qui animent la politique culturelle de l'État révolutionnaire.

Par définition le punto consiste en une chanson ou la mélodie accompagnée par la voix d'une personne qui chante des compositions poétiques en dizains, improvisées ou apprises. L'Unesco a pesé sa hiérarchie comme un élément essentiel du patrimoine culturel immatériel cubain, ouvert à tous, qui favorise le dialogue et exprime les sentiments, les connaissances et les valeurs des communautés qui le pratiquent.

D'une lignée hispanique, à partir de la transculturation des chansons et des vers chantés apportés dans l'Île par des émigrants espagnols, surtout canariens et andalous, le punto a commencé sa marche créole au XVIIIe siècle, conformément à la notable musicologue Teté Linares, et, depuis lors, en continue croissance et expansion, il est arrivé à dominer la vie culturelle des paysans, avec ses mélodies et un traitement thématique allant de l’épique à l'humour.

L’incorporation du punto dans la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité est accompagné par l'ornementation des murs des demeures de la part des femmes d’Asir (Arabie Saoudite), la danse kochari (Arménie), la nourriture dolma (Azerbaïdjan), le tissu de Sylhet (Bangladesh), la foire de l'Alasita (La Paz, Bolivie), l'ébénisterie de Konjic (Bosnie-Herzégovine), les traditions pour recevoir le printemps au mois de mars (Bulgarie, Moldavie, Macédoine et Roumanie), la musique et la danse des guro (Côte d'Ivoire) et les chants de travail du LLano (Colombie, Venezuela).