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Le panorama architectural de La Havane. Troisième partie
Par Carlos Venegas Fornias Traduit par Alain de Cullant
L'avenue du Golfo ou Malecón, ouverte en 1902, a donné un lieu à l’un des endroits les plus populaires de La Havane.
Illustration par : Leonardo Luis Roque

L'avenue du Golfo ou Malecón, ouverte en 1902, a donné un lieu à l’un des endroits les plus populaires de La Havane. Le long mur et les lignes des façades lui servant de fond constituent toujours les ambiances les plus typiques.

Le Palais Présidentiel, construit entre 1913 et 1917 et décoré intérieurement par la maison Tiffany, a résumé les tendances de l'éclectisme régnant lors de ces années. La coupole, un peu haute pour la façade, se souligne aussi par un traitement coloré et lumineux, propre au style baroque mexicain, peut-être en recherche d'une identité plus proche par rapport aux autres styles de l'ensemble.

L'édifice du Centre Galicien de la puissante institution régionale à Cuba, il a été dessiné avec des linéaments très semblables au Palais Présidentiel, peut-être grâce à l'intervention, dans les deux, de l'architecte belge Paul Beleau. Inauguré en 1915, en face du Parc Central, il incluait à intérieur le Théâtre National et on considérait la coordination des deux activités sociales très réussie, il possède une belle façade avec motifs pris du baroque espagnol, des tours inspirées de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle et des groupes sculpturaux en marbre allégoriques à différentes activités promues depuis le Centre, comme la Bienfaisance, le Théâtre… Bien qu'elle soit motivée par des inclinations si dissemblables, la façade possède une unité et une élégance, animée par les contrastes de ses toits en ardoise rouge, le gris de la pierre artificielle et le blanc des marbres.

La Coupole du Palais et les anges qui achèvent les tours du Centre Galicien, ont été surpassés une décennie plus tard, au milieu d'une concurrence tacite entre les profils et les emblèmes qui a eu lieu dans le centre de la ville par l'édifice pour des bureaux d'une compagnie productrice de rhum connue et par la structure dominante du Capitole National.

L'édifice Bacardí, une première œuvre de son échelle décorée en style Art-déco, couronnée par l'emblème de la chauve-souris qui identifie la marque, transmet encore l'effet d'une image publicitaire moderne avec l'ingénuité et la force d'un dessin similaire à celui des mises en scène cinématographiques.

Le Capitole National, en revanche, contient une signification beaucoup plus transcendante. Terminé en 1929, en pleine crise économique mondiale, pour le dictateur Gerardo Machado, le Capitole chiffrait les désirs de la population confondue par le développement d'une politique nationaliste et d’une fausse prospérité. L’œuvre a complété un plan national de travaux publics et a été à la charge d'une équipe d'architectes dirigée par l'urbaniste français Jean N. Forestier. 

Comme autres de leur genre, le Capitole havanais est d'un style néo-classique monumental et sa coupole, une des plus hautes d'Amérique, domine tout le panorama urbain à partir de sa construction. Sous cette coupole, la statue de la République et un splendide diamant marquait le point zéro de l'autoroute centrale du pays.

Un projet de centre civique a été abandonné ou limité après l’inauguration de l’édifice culminant. Mais seulement quelques années ont passé quand a commencé un autre sur des terrains situés à l'ouest. La Plaza Cívica, commencée en 1953, avait été pensée de nombreuses années avant comme un futur centre de la ville, d'après ses lignes de croissance. Les événements qui ont lieu à partir de 1959 avec le triomphe de la Révolution ont fait de cet espace, encore en projet, un site important des faits politiques, des grandes concentrations et des défilés, maintenant sous le nom de Plaza de la Revolción.

La Place et ses édifices étatiques traités avec différentes variantes d'un style monumental moderne sont organisés autour du monument au héros national José Martí. Le monument en lui, réalisé avec du marbre cubain, emploie des recours symboliques très simples et directs. Un obélisque en forme d'une étoile élève la présentation de l'étoile solitaire du drapeau à une hauteur de 129 mètres, avec un sens évident d'affirmation de la souveraineté et de l’indépendance du pays. À son pied se trouve la statue de Martí, interprété comme penseur par le sculpteur Juan José Sicre, au milieu d'un espace toujours en définition, obéissant à cette dynamique de renouvellement constant qui a animé la ville durant des siècles.