Le Mémorial de la Dénonciation, où la mémoire grandit aujourd'hui | Lettres de Cuba
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Le Mémorial de la Dénonciation, où la mémoire grandit aujourd'hui
Par Ricardo Alonso Venereo Traduit par Alain de Cullant
Situé sur la 14e Rue, à l’angle de la 5e Avenue, à Miramar, municipalité havanaise de Playa, le Mémorial de la Dénonciation possède une très grande valeur du point de vue historique, patrimonial et du design muséal.
Illustration par : Alberto Lezcay

Chaque fois que l’on visite le Mémorial de la Dénonciation notre mémoire grandit, notre cœur s’accélère et beaucoup ont des larmes aux yeux. C'est l'endroit où, avec la force d'un ouragan, les Cubains ratifient la décision de vaincre ou de mourir et de ne pas se relâcher dans l'effort de rester libre, quoi qu’il en coûte. C'est ici, depuis le 13 août 2017, que le peuple cubain vient rendre hommage aux plus de 3 000 victimes des agressions continues de l'impérialisme à notre pays, le premier à se déclarer socialiste en Amérique Latine, sous le nez des États Unis.

« C'est pourquoi nous sommes un mémorial et non un musée », explique Elena Caballero Prieto, qui est à la tête de cette institution depuis l'ouverture de ses salles au public, à l'occasion du 91e anniversaire de la naissance de notre Commandant en Chef Fidel Castro Ruz. La cérémonie d'inauguration a été présidée par l'actuel président des Conseils d'État et des Ministres, Miguel Díaz-Canel Bermúdez.

Situé sur la 14e Rue, à l’angle de la 5e Avenue, à Miramar, municipalité havanaise de Playa, l'établissement compte trois maisons. Dans la première se trouvent les salles permanentes dédiées à la CIA, parmi d’autres agences, et celle du terrorisme d'État. Il y a aussi la salle transitoire, dédiée aux arts plastiques, où, le jour de notre visite, il y avait une exposition du Héros de la République de Cuba, Antonio Guerrero ; la salle audiovisuelle et un point de vente de livres.

La seconde maison compte la salle dédiée à la guerre médiatique et à la guerre économique, ainsi que celles de la manipulation du thème migratoire et une appelée « Notre force est la force du peuple ». La troisième accueille la salle polyvalente, dans laquelle différents services sont fournis ; la ludothèque ; la bibliothèque et, bientôt, la salle de navigation.

L'espace qu’occupe aujourd'hui le Mémorial était, en mars 1989, le Musée des Organes de la Sécurité de l'État. Plus tard, il a été celui du Minint (Ministère de l’Intérieur), jusqu'au début des travaux, en 2011, pour la création du Mémorial de la Dénonciation, un endroit où les Cubains montrent au monde, avec de solides preuves, les centaines d'agressions que notre peuple a soufferts et comment il a été capable de leur résister. Fidel est présent dans chaque endroit, même dans le plus petit pouvant exister. En entrant, sa phrase historique : « Quand un peuple énergique et viril pleure, l'injustice tremble ! » nous reçoit.

Ici, nous trouvons, parmi certains des objets, des restes de l'avion de la Cubana victime d’un sabotage le 6 octobre 1976 ; différents types de fusils qui devaient être utilisés pour assassiner Fidel ; des documents déclassifiés par la CIA sur les différentes tentatives d'actions terroristes prévues pour briser la volonté du peuple cubain de vivre libre et souverain ; des exemples de la guerre biologique, tels que les épidémies de dengue et de peste porcine ; des vêtements de compagnons assassinés dans l'accomplissement de leur devoir, comme ceux appartenant à Manuel López de la Portilla, le premier martyr de la Sécurité de l'État (16 juillet 1960), et d’Orosmán Dueñas Valero, lui aussi assassiné le 9 janvier 1992, durant les actes criminels de Tarará, quand des éléments sans scrupules ont essayé de quitter le pays illégalement.

Cuba a été et est l'un des grands laboratoires de la guerre psychologique. L'un des premiers exemples remonte à 1961 : la CIA, en alliance avec l'église catholique cubaine, a répandu la fausse nouvelle que la Révolution allait retirer les « droits parentaux » des enfants sur l'île. La panique engendrée a provoqué la sortie du pays de près de 15 000 mineurs. C'était l’appelée opération Peter Pan. Aujourd'hui, ce fait est également présent dans les salles du Mémorial de la Dénonciation, ainsi que la double explosion du bateau La Coubre.

Ces preuves irréfutables sont exposées à travers de modernes technologies appliquées au concept de la muséologie, afin que le public puisse interagir avec elles. Le visiteur peut naviguer grâce aux écrans tactiles avec les chronologies, les infographies avec des faits historiques, les matériels avec des effets holographiques, les films, et d'autres ressources afin d'apporter l'interaction avec le public, celui-ci pouvant rechercher l'information désirée et connaître l'histoire de ces actes de vandalisme et criminels.

Pour Gisela Herrero García, chef du Bureau National du Dessin (ONDI), le Mémorial de la Dénonciation possède une très grande valeur du point de vue historique, patrimonial et du design muséal. Cette institution est un exemple de la valeur du dessin mis en faveur de l'information, de transmettre l'histoire, de ne rien perdre des faits historiques accumulés par ce pays, car, en fin de compte, c'est ce qui nous permet de regarder vers le futur.

L'espace transcende pour toutes les informations contenues dans notre histoire, et il est essentiel qu'il existe pour que les nouvelles générations puissent savoir comment le peuple a combattu pour arriver là où nous sommes aujourd'hui. C'est sans aucun doute un hommage à la mémoire historique de Cuba.

Un endroit qui touche le sentiment

Pour les jeunes, le Mémorial est assumé d’une façon contemporaine, moderne et avant-gardiste. Beaucoup de parents qui visitent le site avec leurs collègues de travail ou arrivent avec suite à des engagements éthiques, s’engagent, après la visite, de revenir avec leurs familles, en particulier avec les enfants et les jeunes. C’est une raison du fait que dans le nombre de visiteurs on apprécie fortement la présence de ces derniers.

À ce jour, depuis son inauguration, ses salles ont été fréquentées par un total de 34 328 visiteurs, entre les cubains et les étrangers.

Pour l'été, le Mémorial de la Dénonciation offrira un service de cafétéria et un magasin pour la vente de l'artisanat, les deux d’Artex. Dans l'espace fixe de réflexion « Tranchée des idées », ayant lieu tous les quatrième mercredis de chaque mois à 15 heures, il y aura en plus une peña de trova et des activités culturelles.

Les visites au Mémorial de la Dénonciation, gratuites, peuvent être faites du mardi au vendredi de 9 heures à 16 heures 30, et le samedi de 9 heures à 12 heures, ou en téléphonant au 72 030 120 et 72 031 134 si vous souhaitez faire une visite guidée. Celle-ci ne devra pas dépasser le chiffre de 45 personnes.

On sort de cet endroit, où la vérité parle, renforcée et renouvelée quant à l’amour pour une terre toujours défendue par ses enfants. Les raisons sont nombreuses, le Mémorial de la Dénonciation, ferme et résolu, en est une preuve irréfutable.