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Le Festival de La Havane : l'utopie depuis un prix Corail
Par Mayte Madruga Hernández Traduit par Alain de Cullant
Le Corail est La Havane et son Festival de Cinéma, c’est un symbole que les invités ramènent chez eux comme un signe de la qualité de leurs films, mais aussi comme le souvenir d'un événement qui les attendent chaque année.
Illustration par : Adrian Pellegrini

Pendant 40 ans, le Corail est La Havane et son Festival de Cinéma. Dans la recherche d'une identité pour l'événement qui naît à Cuba en 1979, dans la revue Cine Cubano, apparaissent les gagnants avec de grands squelettes de madrépore, communément connu sous le nom de corail.  

Cuba, une île dans les Caraïbes, a offert aux cinéastes latino-américains l'occasion de penser aussi à l'utopie depuis le cinéma. Mais, pour que cela continue à exister, il était nécessaire de choisir un symbole, un élément que les invités ramenaient chez eux comme un signe de la qualité de leurs films, mais aussi comme le souvenir d'un événement qui les attendaient chaque année. Bien que, scientifiquement parlant, le mot corail n'est pas reconnu, familièrement, il est utilisé pour nommer une vaste colonie de différents spécimens en formes et couleurs. Les cinq premières années du Festival de La Havane ont passé sous le manteau de cette diversité.

Pour la cinquième édition en 1983, on a pu voir Nelson Pereira dos Santos tenant un Corail Noir, ou Eliseo Alberto (Lichy) Diego recevant le prix du Meilleur Scénario Inédit, établit pour la première fois dans le Festival. À partir de cette édition, ce genre de corail noir devient systématique. Quatre ans plus tard, le corail noir deviendra le logo du Festival.

La légende dit que certains des spécimens présentés comme prix ont été extraits dans la crique derrière la première maison cubaine de Fernando Birri, aujourd'hui Maison du Protocole de l'École Internationale du Cinéma et de la Télévision de San Antonio de Los Baños. Pendant plus de vingt ans, les gagnants du Festival International du Nouveau Cinéma Latino-américain de La Havane ont emporté un fragment de mer, un morceau des côtes cubaines.

À la fin du XXe siècle, l'événement, progressiste par l'histoire et par droit, devait réfléchir à la protection de l'environnement et de ces espèces. En ce sens, l'un de ses fondateurs et président de l'époque, Alfredo Guevara, lance l'appel aux artisans et aux artistes pour créer une sculpture qui représentait ce symbole déjà inextricablement lié à l'événement. C'est ainsi que l'artiste Jorge Gil, sculpte les coraux en bronze et, depuis cette année, il les peint en noir. De cuivre ou naturels, le Festival de La Havane ne s'imagine pas sans ses coraux comme le mois de décembre n'existe pas, à Cuba, sans le cinéma.