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Le conquistador Diego Velázquez, le premier gouverneur de Cuba
Par Narciso Amador Fernández Ramírez Traduit par Alain de Cullant
Diego Velázquez y Cuéllar, l’hidalgo de Ségovie, a eu la tâche de marcher vers Cuba pour sa conquête et sa colonisation, un engagement qu’il a rempli avec zèle.
Illustration par : Giulio Gioia

L’histoire de la conquête de Cuba a été faite dans le sang et le feu. Elle a été l’imposition d’une culture plus avancée, comme l’espagnole, envers les autochtones insulaires, moins développés. Un processus de conquête et de colonisation qui a marqué le début de quatre siècles de domination coloniale de l’Espagne sur l’île.

 

Des pléiades d’hidalgos à la recherche de fortune et de richesses sont venues à Cuba, nom aborigène qui a prévalu sur celui de Juana que Christophe Colomb lui avait donné lors de son premier voyage en l’honneur à l’une des filles des rois catholiques. La plupart d’entre eux, seconds fils et ruinés, prêts à tout pour s’enrichir dans l’appelé Nouveau Monde.

 

Parmi eux on souligne Diego Velázquez y Cuéllar, l’hidalgo de Ségovie né à Cuellar en 1465, qui a été le premier Gouverneur de l’île et enterré à Santiago de Cuba, l’une des sept premières Villes qu’il a fondé et où il est mort dans le nuit du 11 au 12 juin 1524.

 

Diego Velázquez était un homme d’armes, qui, après avoir combattu dans les guerres européennes de l’époque, est venu avec Christophe Colomb lors de son deuxième voyage, en 1493, et il s’installe dans La Hispaniola, où il atteint le prestige et de l’ascendance.

 

De là, il a eu la tâche de marcher vers Cuba pour sa conquête et sa colonisation, un engagement qu’il a rempli avec zèle. Il est parti avec quatre navires et 300 hommes du port de Salvatierra de la Sabana et est arrivé à l’extrémité est de Cuba, près de Baracoa, où a été fondée la première ville de Cuba : Nuestra Señora de la Asunción de Baracoa. Non sans avoir d’abord étouffé la révolte du Cacique Hatuey, qu’il a condamné au bûcher.

 

Il a appliqué une force et une violence extrême dans sa politique conquérant, bien que n’y ayant pas participé personnellement, dans notre historiographie le fameux massacre de Caonao, où Pánfilo de Narváez, son second, a tué plus de 2000 aborigènes pacifiques est bien connu.

 

Après la colonisation, Diego Velázquez s’est établi dans la ville de Santiago de Cuba et de là, il s’est chargé de la préparation des expéditions espagnoles pour la conquête de l’Amérique continentale. Nommé à la charge d’Adelantado de Yucatán par le roi d’Espagne, il a envoyé Hernán Cortés à la conquête du Mexique, de qui il a fini par se distancer et essayant, sans succès, de le soumettre à nouveau sous ses ordres.

 

À Baracoa, Velázquez s’est marié avec une espagnole de lignée, Isabel de Cuéllar, célébrant ainsi le premier mariage chrétien. Mais, comme donne foi Bartolomé de las Casas, le mariage a duré seulement six jours : « Un dimanche, il a célébré son mariage avec une grande joie et un grand apparat et le samedi suivant il a été veuf, car sa femme est morte, et ce fut la tristesse et le deuil, plutôt que la joie ».

 

Diego Velázquez et Cuéllar est décédé à Santiago de Cuba dans la belle maison qu’il avait fait construire et qui est toujours debout. La majestueuse demeure est située dans la rue Aguilera, anciennement rue La Marina, en face du Parque Céspedes, et là se trouve le Musée de l’Environnement Historique Cubain.

 

Comme les dires, il aimait partager avec ses amis durant les chaudes nuits de Santiago, fumant la nouvelle herbe américaine, le tabac, et en dépit de perdre une grande partie de sa fortune dans ses affrontements belliqueux avec Hernán Cortés, à sa mort, il a laissé un patrimoine de 19 maisons, 3000 porcs et 1000 bovins.

 

Si Diego a été le plus important des conquistadors de la famille Velázquez, il n’en a pas été le seul, car d’autres parents ont participé à la conquête du Nouveau Monde et certains d’entre eux ont atteint une renommée.

 

Parmi les autres conquistadors Velázquez se trouvaient : Juan Velázquez de León, l’un des cinq capitaines d’Hernán Cortés qui, en 1519, ont emprisonné Moctezuma ; Pedro Velázquez, son neveu, qui a été maire de La Havane et qui a participé à la conquête de l’empire Aztèque ; Francisco Velázquez, avec une grande importance dans les conquêtes de la Nouvelle-Espagne, du Mexique et de la Nouvelle Galicie, et Antonio Velázquez, qui a accompagné Hernando de Soto dans la conquête de la Floride.

 

Il y a eu aussi un autre Diego Velázquez, appelé « el Mozo », qui s’est souligné dans la conquête de la Nouvelle-Espagne. En plus de sa nièce, Iseo Velázquez, qui a épousé un conquistador appelé Baltasar Bermúdez, qui était un homme de confiance du gouverneur de Cuba.

 

On reconnaît que pas moins de dix de ses proches parents ont suivi son exemple et sont venus en Amérique pour tenter leur chance, et, selon les dires de José Martí, « Interrompre avec la conquête  l’œuvre naturelle et majestueuse de la civilisation américaine ».