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Le cinéma avait une dette avec le poète cubain Julián del Casal
Par Miguel Fernández Martínez Traduit par Alain de Cullant
« Julián del Casal est un personnage absolument paradigmatique, très singulier, un grand poète cubain, l'une des grandes figures de la tradition poétique nationale et nous lui devions ce film ».
Illustration par : Marcos Esteban Hernández

Le poète cubain Julián del Casal (1863-1893) méritait d'être dépeint dans un film, a déclaré à Sputnik le ministre cubain de la Culture Alpidio Alonso à la fin du tournage d'un film portant le nom du poète, réalisé par Jorge Luis Sánchez.

« Julián del Casal est un personnage absolument paradigmatique, très singulier, un grand poète cubain, l'une des grandes figures de la tradition poétique nationale et nous lui devions ce film », a déclaré Alonso lors d'une visite sur le plateau de tournage.

Le film Casal qui a été tourné entièrement dans les Studios Cubanacán de l'Institut Cubain de l'Art et de l’Industrie Cinématographique (ICAIC) pendant 10 semaines, a été réalisé par Sanchez, l'un des réalisateurs les plus éminents de l'île.

« L’œuvre de Casal a été très fertile pour la tradition poétique cubaine, et je suis très heureux de savoir que l'un de nos grands cinéastes travaille sur ce film, avec le soutien du Ministère de la Culture et de l’ICAIC, sur la vie et l'œuvre de l'un des emblèmes de la culture nationale », a souligné le ministre Alonso.

Sánchez, durant 28 ans, a amassé l'idée d'amener Julián del Casal, l'un des représentants du modernisme dans la littérature ibéro-américaine, au grand écran et, en 1990, il a réalisé le documentaire Dónde está Casal, très apprécié à l'époque par la critique.

« Casal est mort très jeune, mais il a vécu assez longtemps pour être l'un des initiateurs du modernisme, un mouvement littéraire qui, depuis l’Amérique Latine, à la fin du XIXe siècle, a renouvelé les lettres hispaniques. Sa courte et intense vie m'a inspiré à concevoir ce film », a souligné Sanchez.

Le cinéaste a estimé que le poète n'a pas été suffisamment reconnu aux XIXe, XXe et XXIe siècles.

« Il était souvent déprécié, même si nous parlons d'un héros de la littérature, il a été accusé de tout dans un environnement très hostile où il a été refusé et, pourtant, il a maintenu son credo esthétique ; il était un rénovateur avec ces 29 ans qu'il a vécu ».

Pour le ministre de la Culture, ce film « sera une grande œuvre, très importante pour que les jeunes générations puissent s’approcher de Casal depuis le cinéma et depuis le regard d'un réalisateur comme Sanchez, qui aborde la vie du poète avec un haut niveau de créativité et les transgressions nécessaires, afin de comprendre ce poète et de le rendre accessible ».

Pour sa part, la directrice de production, Esther Masero, a déclaré que le film a été un défi du premier au dernier plan, car tous les tournages en extérieur demandaient la construction de décors compliqués, entre les rues, les places et les magasins de l’époque.

La productrice a également souligné le travail du directeur artistique, Maykel Martinez, qui a été chargé de construire une atmosphère convaincante dans tous les scénarios employés, et le directeur de la photographie, José Manuel Riera, « l'un des photographes les plus expérimentés de l’ICAIC, qui  a travaillé pour atteindre une ambiance en tonalité avec l'environnement historique ».

Le film a été un véritable défi pour ses réalisateurs qui ont travaillé sur 36 scènes montées dans cinq lieux, où 73 séquences ont été filmées pour « revendiquer la mémoire de l'un des grands poètes cubains de tous les temps », a déclaré Sánchez.

L’œuvre cinématographique de Sánchez comprend les longs métrages Cuba Libre (2015), Irremediablemente juntos (2012) et El Benny (2006), ainsi que les courts-métrages de fiction La camancola dorada renace en el verano (2003) et Amigos (1987).

En tant que documentariste, il a realize Nunca será fácil la herejía (2009), Dentro de 50 años (2009), Cero en conducta (2001), Las sombras corrosivas de Fidelio Ponce (2000), Patinando La Habana (1997), Y me gasto la vida (1997), Viviendo y construyendo (1994), Atrapando espacios (1994), El cine y la memoria (1992), Adrenalina (1991), et Dónde está Casal (1990).

Source: Sputnik