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Le quartier El Tivolí de Santiago de Cuba
Par Periódico Sierra Maestra Traduit par Alain de Cullant
Le Tivolí. Un quartier de la ville de Santiago de Cuba qui fond en soi les syncrétisme culturels et les échanges ethniques de la nationalité cubaine. Il avait une impulsion urbanistique dans la chaleur de la Révolution Haïtienne à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Il appartient à la mémoire française dans cette ville de l’orient cubain.
Illustration par : Hanoi Pérez

L’histoire

 

Quand de nombreux Français, Franco-haïtiens et leurs esclaves ont fui l'île voisine caribéenne suite au soulèvement, ils ont apporté avec eux, en plus de la force de travail, leurs habitudes, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Ce fut une époque de changement dans l'ancienne capitale orientale suite aux nouveaux éléments introduits dans le savoir-faire de ses habitants, mais notoire dans l'agriculture, le commerce, les modes, les arts et les métiers. Mais le développement urbain dans ce secteur a commencé dans la première moitié du XVIIe siècle, quand des immigrés espagnols pauvres et des créoles de moindres ressources se sont installés dans cet endroit, loin de la résidence du gouverneur de la région orientale de l'époque, Bartolomé de Osuna. Ensuite des jamaïcains et des portoricains, parmi d'autres journaliers, sont arrivés à Cuba.

 

Les Français ont construit un Café Concert, d’une capacité de plus de 300 personnes, à Santiago de Cuba dans la première moitié du XVIIe siècle, qu’ils ont appelé El Tivolí. Cet endroit a eu tant de succès qu’en quelques années il est devenu un lieu incontournable de Santiago de Cuba. Avec les Français, ce quartier est devenu un symbole dans l'avenir de la ville, il domine la baie et une bonne partie des montagnes. Ses rues débouchent sur la Trocha, une artère célèbre et populaire pour les carnavals. L'escalier de Padre Pico est considéré comme la porte du quartier « El Tivolí » Construite en 1899 sous les auspices du maire Emilio Bacardi, avec 52 marches regroupées en treize blocs de quatre marche et de douze paliers, est devenue un joyau constructif de l'époque . Elle donne accès au centre, construit sur la Loma de Cobacho, un nom qui honore un galicien dédié au commerce et qui n'avait pas d'autre amusement que son travail derrière le comptoir.

 

La modernité est perçue dans le charme de ses citoyens alors que l'ancêtre européen imprime une architecture particulière à ce quartier, qui souligne la présence du vieux continent dans la ville de Santiago. C'est dans le Tivolí où naquit le populaire Carnaval de Santiago, la transculturation des fêtes païennes africains et des danses de salon apportées de France. Les manifestations de la Tumba Francesa, une danse adaptée par les Noirs rappellant les fameuses salons de Paris, nuancées par le tambour et d'autres instruments typiquement africains, sont toujours présentes.

 

Le Tivolí a vu naître Miguel Matamoros et Antonio Ñico Quito. Berceau des plus grands exposants de la musique cubaine, l'espace est ouvert à la solidarité avec le visiteur. Plusieurs histoires affichent le plus notable des traditions musicales, de la danse, des arts plastiques et de la littérature. Au moment du carnaval, en juillet, la ville se déplace vers l’ancien refuge des Français et des Noirs.

 

Le quartier est un emblème de Santiago de Cuba, une ville qui a reçu le titre d’Héroïne et dont l'histoire est étroitement liée au Tivolí. Ce quartier possède deux autres grandes attractions : le Musée de la Lutte Clandestine, en hommage aux combattants de Santiago qui ont reçu le soutien et la solidarité dans ce lieu durant la guerre contre la dictature de Fulgencio Batista (1952-1959), et l'humble maison dans laquelle il a vécu le leader de la Révolution Cubaine, Fidel Castro, entre 1931 et 1933, quand il a étudié à Santiago de Cuba.

 

Francisco Repilado, le célèbre Compay, avait raison en disant que le Tivolí est un creuset où est née la guerre de l'indépendance nationale et on sont apparus le son, le carnaval et la corne chinoise.

 

L’architecture

 

Son tracé est caractérisé par de nombreuses particularités : les maisons du haut qui regardent vers la mer, ressemblant à des nids d'aigle, suivant les dires du docteur Francisco Prats ; ses ruelles et ses collines, l’une des plus escarpées est celle de Los Desemparados, où se trouve une église portant le même nom au sommet : les grilles en fer forgé du style du Sud-Ouest français sur les balcons et les fenêtres, remplaçant les colonnettes et les balustrades en bois. Cette architecture des façades avec un ensemble de losanges et en « S » est considérée comme la plus typique du pays.

 

Les Contributions

 

Parmi les contributions du quartier à cette époque se trouvent des maisons de santé avec des infirmières et des médecins ; des écoles primaires, dont certaines bilingues, et des académies pour les jeunes-filles ; des boulangeries et des pâtisseries. Un espace montrant le raffinement de la culture française, agrémenté à l'ambiance de Santiago et à la manière espagnole.

 

Jusqu'à ce jour le quartier d’El Tivoli est une combinaison entre entre le culte et le populaire, c’est le berceau de personnalités telles qu’Antonio Fernandez, l'inoubliable Ñico Saquito, Miguel Matamoros et José Pepe Sánchez, père du premier boléro cubain, Tristezas. Des poètes et des troubadours ont chanté sa singularité, la ductilité de son existence et le caractère ouvert et gai de ses habitants.