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La première danse sera pour Margot
Par Ailyn Martín Pastrana Traduit par Alain de Cullant
Le long-métrage Bailando con Margot est l’opéra prima d’Arturo Santana.
Illustration par : Antonio Vidal

L’un des moments les plus attendus des cinéphiles cubains est arrivé : la première d’un film cubain. Bien qu'il y a déjà eu quelques projections en décembre dernier, la première de Bailando con Margot (2015), l’opéra prima d’Arturo Santana a eu lieu le deux mars.

La production de ce film a été à la charge de l'Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique (ICAIC) et de la maison vénézuélienne Villa del Cine. Son parcours dans le circuit des premières a commencé le 3 mars, a commenté le producteur du film Santiago Llapur.

Arturo Santana a expliqué à la revue Cubacine : « Je pensais que Bailando con Margot  serait mon deuxième ou troisième film, pour la complexité qu'implique sa réalisation, mais j’ai eu la possibilité de le faire avant. J’ai travaillé sur le scénario depuis 1996 et le processus de croissance du projet a inclus des échanges avec plusieurs spécialistes du milieu, comme les scénaristes Eliseo Altunaga et Maykel Ponjuán.

Pour moi, il y a plusieurs éléments clés pour créer un film : être sûr de l'histoire que je veux raconter, du choix des acteurs et des sites où je vais tourner. Une fois le scénario écrit, je l’ai soumis aux critères de divers spécialistes. Nous avons même fait des changements quelques instants avant le tournage sur le plateau. Je suis très content de l'histoire. On doit avoir des assesseurs et je suis reconnaissant de leurs apports pour le film ».

Pour sa part, Mirtha Ibarra, l'une des protagonistes du film, a remercié l’opportunité de participer à un projet qui l’a captivé dès la lecture du script. « J'ai senti que c'était un peu long, mais je l'ai fait parce que je sais que les films sont terminés sur la table de montage et ce fut le cas. J'aime vraiment mon personnage car il ne ressemble à aucun de ceux que j’ai interprété précédemment (et j’en ai interprété beaucoup) », a déclaré Mirtha Ibarra, l'une des plus célèbres actrices du cinéma cubain.

Son partenaire, Edwin Fernández, a remercié son ami proche « Santi » pour l’avoir invité à jouer dans son premier film. « C'est une très grande responsabilité. C'était très agréable qu’il ait pensé à moi ».

La distribution compte également l’acteur Max Álvarez, bien connu pour sa carrière au petit écran. Fils d’acteur, Max Alvarez a dit qu'il a appris de son père que « les interprétations les moins emphatiques sont les meilleurs, et ceci est présent dans le film ». Finalement l'acteur a déclaré se sentir très satisfait d’avoir partagé la scène avec de jeunes collègues.

Bailando con Margot est un projet ayant compté la participation de 42 acteurs et actrices, en plus d’une centaine de figurants. Le film est l'héritier du  film noir, une variante du septième art dont le directeur et scénariste se sent redevable. Ce film de deux heures raconte l'histoire du vol d'une célèbre peinture dans la demeure de la veuve Margot Zarate. Un détective coureur de jupon, joueur et noceur intervient dans les événements. La découverte de certaines pistes mettra à nu le passé de l’énigmatique femme.

Le notable instrumentiste et compositeur Rembert Egües, absent des scènes cubaines depuis quelques années, a été en charge de la musique du film. Lors d’une déclaration à la presse, il a dit se sentir très heureux de retravailler avec l'ICAIC. « J'ai travaillé dans ¡Patakín! quiere decir ¡fábula! (Manuel Octavio Gómez, 1985) il y a de nombreuses années. Je voulais répéter cette expérience. J'espère que ce film serve pour que le public sache que je suis à Cuba, je suis encore vivant ! »,  a déclaré l'un des personnalités les plus importantes de la musique populaire cubaine.

Pour sa part, Víctor López, responsable des effets spéciaux du film, a souligné que le principal défi de son travail était « le mélange des images numériques avec celles faites par le maître Angel Alderete ».

Bailando con Margot  se déroule dans quatre périodes différentes de l'histoire de Cuba : 1918, 1928, 1933 et 1958. En plus du travail de direction des acteurs, des costumes, des décors, les effets spéciaux ont joué un rôle primordial dans le film.

« On ne doit pas voir les effets spéciaux, ils doivent s’insérer harmonieusement dans l'histoire. Dans le cas contraire, on a l’impression de les perdre. Je suis très heureux du résultat », a déclaré le spécialiste.

Maintenant il ne reste plus qu’aller au cinéma. Là nous attend Margot et compagnie...